‹ Questions d'aujourd'hui et de demain (volume 3)Chapitre 23 sur 38 · DU MARÉCHAL MAC-MAHON · texte numérisé non relu

DU MARÉCHAL MAC-MAHON

De là, pour les républicains qui, dans l'Assemblée, ont reçu le nom, le terrible nom, le nom mystérieux de radicauoOf une situation qui leur impose une extrême réserre et qui a mis plus d'une fois au prix de leur abnégation le salut de la République. Quelque intolérable que leur semble un abus, doiyent«ils le dénoncer ? ils risqueraient par cela seul d'en assurer le maintien. Une propositîon leur paraît-elle indispensable, qui sait s'ils ne doivent pas s'abstenir de la faire ? elle serait, peut-être, repoussée venant d'eux, et uniquement à cause de cela. S'il y a de bonnes mesures à prendre, ils pourraient compromettre le succès, pour peu qu'ils hésitassent à en laisser à d'au^tres l'initiative et la gloire. Bien souvent, il faut qu'ils se taisent; il faut qu'ils écartent comme un péril ce qu'Us ont dans l'esprit et dans le cœur ; il faut que, pour le bien de la République, ils se gardent de trop la défendre; il faut qu'ils s'étudient à se faire oublier ; quelquefois, il faut que, s'effaçant derrière la gauche ou même derrière le centre gauche, ils s'exposent à être mal compris au dehoi's, et accusés d'avoir, par excèi^ de timidité ou impuissance, pris rang dans l'arriôre-garde, eux les hommes de l'avant-garde.

Impossible à qui n'a point traversé une semblable épreuve de savoir tout ce qu'elle contient d'amertume, — et pourquoi ne le dirais -je pas, à l'honneur du plus calomnié des partis ? — tout ce qu'elle exige de patriotisme, de dévouement et de force d'âme.

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