‹ Questions d'aujourd'hui et de demain (volume 3)Chapitre 24 sur 38 · DE LA PROROGATION DES POUVOIRS · texte numérisé non relu

DE LA PROROGATION DES POUVOIRS

Ajoutez à cela que tant de sacrifices sont souvent en pure perte : témoin le résultat de la séance du 19 novembre.

Si ce résultat avait été dans Tordre des choses pro« bables ; si l'on avait pu prévoir qu'il se trouverait dans TAssemblée soixante-huit voix de majorité pour assigner une durée de sept ans au plus élevé des fonctionnaires, sans avoir d'abord déterminé le caractère et limité l'étendue de sa fonction ; pour livrer au plus responsable des mandataires un mandat en blanc ; pour faire passer l'homme avant la loi, au lieu de faire passer la loi avant l'homme, personne, je le suppose, n'aurait été empêché de prendre vivement part au combat par la crainte de compromettre la victoire ou d'aggraver la défaite, et des choses auraient été dites utilement, qui ne l'ont pas été.

Que plusieurs orateurs, MM. Jules Grévy et Jules Simon, surtout, aient traité la question avec beaucoup d'ampleur, beaucoup d'édat, et une rare éloquence, c'est certain. Mais la prorogation, si bien dénoncée au point de vue du présent, Ta-t-elle été suffisamment au point de vue de l'avenir? A-t-on suffisamment éveillé l'attention du pays sur les dangers qui peuvent sortir de la prorogation, lorsque, l'Assemblée actuelle ayant cessé d'être, l'Assemblée qui lui succédera se trouvera face à face avec un pouvoir qui ne relèvera point d'elle ? A-t-on mesuré la portée d'un antagonisme possible entre le futur pouvoir législatif

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