DU MARÉCHAL MAG-MAHON
et le chef actuel da pouvoir exécutif, survivant à ceux qulTauront nommé? A- t-on montré l'abîme qui risquerait de s'ouvrir devant la France, s'il arrivait que rAssemblée du lendemain regardât comme un empiétement sur son domaine la nomination anticipée d'un délégaé qui, au lieu d^ètra le sien, serait celui de l'Assemblée de la veille?
Cette considération, indiquée par M. Jules Grévy, n'aurait certes rien perdu à être approfondie, développée, ne fût-ce que pour bien établir de qael côté sont ceux qui se préoccupent d'asseoir l'ordre sur une base solide, de quel côté sont ceux qui, dans l'organisation des pouvoirs publics, s'inquiètent de tout ce qui pourrait devenir une cause d'anarchie, de quel côté sont les conservateurs véritables.
Quoi qu'il en soit, le vote du 19 novembre n'a rien dont les monarchistes aient sujet de se réjouir si fort. En demandant la prorogation, ils poursuivaient deux buts contradictoires : ils n'ont atteint ni l'un ni Tautre.
Ils avaient demandé la prorogation, parce que leurs espérances avaient survécu à l'insuccès de leurs tentatives; parce que, n'ayant pu avoir le définitif avec un roi, ils ne voulaient pas du définitif sans un roi ; parce qu'il leur fallait une sorte de monarque transitoire qui gardât la place du monarque à poste fixe ; parce qu'il leur fallait du temps pour fliire le lit de la royauté et attendre qu'elle vînt s'y coucher.