DB LA. PROROGATION DES POUVOIRS
Mais ils avaient aussi demandé la prorogation, parce qu'ils s'étaient imaginés que ces mots : « Le pouvoir du maréchal est prorogé pour sept ans », donneraient un faux air de stabilité à la situation, ramèneraient la sécurité dans le monde des afiaires, masqueraient le provisoire aux yeux de ropinion publique abusée.
C'était trop espérer, vraiment. Le provisoire, ils ont réussi à le prolonger, non à le masquer.
Le provisoire^ en effet, ne unira que de deux manières : ou par rétablissement définitif de la monarchie, que la droite ajourne, ou par l'établissement définitif de la République, qu'elle repousse. Cela, chacun le comprend.
Or, dire que le préjudice causé aux affaires par l'incertitude du lendemain est immense, intolérable, c'est dire que le moment de se décider entre la monarchie et la République ne saurait être retardé sans péril. Car on peut bien, quand on possède la force, avoir impunément contre soi — au moins pour un temps — les opinions d'un pays ; mais les intérêts d'un pays, voilà ce qu'on ne peut jamais avoir impunément contre soi.
Eh bien, comme il n'y a de monarchie aujourd'hui qu'une monarchie ajournée, et que, d'un autre côté, il est absurde de supposer à des monarchistes la vo* lonté ou le pouvoir de constituer la République d'une façon définitive, tout concourt à rendre inévitable