GIQUE, CET ÉMINENT DIALECTICIEN A RENTRER AU
« BERCAIL DU PARTI MODÉRÉ. » (La Patrie, numéro du 12 décembre.) Le Peuple a entendu : qu'il prononce !
L'ÉTAT-ANARGfllE DE PROUDHON
i5 janvier 1850.
Lorsque, voulant éclabousser de loin un honnête homme, quelque enfant mal élevé s'avise de frapper du pied dans le ruisseau, que fait Thonnête homme? Se détourne-t-il de son chemin? Non. Il laisse le mal» heureux se couvrir de boue pour en envoyer aux passants, et il va où ses affaires l'appellent.
Même ennoblie par le coi^pge, toute injure me fait pitié ; mais je manque de mots pour exprimer le mépris que m'inspire toute injure irresponsable. Non, des grossièretés auxquelles une prison et un bras de mer assurent Timpunité ne sauraient m'émouvoir, et je renvoie â Tantichambre, son théâtre naturel, l'insolence qui n'a pas même le mérite d'un péril affronté !
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Que le citoyen Proudhon continue donc son rôle ; que, non content d'attaquer, l'un après l'autre, tous ceux qui ont combattu, tous ceux qui ont souffert pour la République et le socialisme, il livre le socialisme et la République aux huées des laquais : la cour applaudira, et si le Peuple se détourne de lui avec dégoût, le Constitutionnel le dédommagera en servant d'écho à ses attaques. Qu'il continue son rôle, et qu'il descende à comparer aux chevaliers du lustre, cet insulteur du Peuple, les prolétaires qui,au Luxembourg, représentèrent l'idée du travail avec tant de dignité . Pour que rien ne manque au martyre des travailleurs, il faut qu'ils aient contre eux, en même temps que les sergents de ville et la faim, les lazzis de cet homme. Et vous, génies puissants par qui fut allumée cette flamme de la Révolution que le citoyen Proudhon n'a aperçue que « dans les chaufferettes des tricoteuses, » étranges tyrans qui fîtes consister votre pouvoir à vaincre et à mourir pour l'humanité, ro25 du Comité de Salut public dont le règne ne fut qu'une agonie
sublime et féconde, terminée sur le trône de
réchafaud, vous que les* calomniateurs des grandes choses et des grandes âmes avaient jusqu'ici respectés même en vous insultant, vous qui du moins n'aviez eu jusqu'ici à subir que de tragiques anathèmes, devenez la proie d'un bouffon, et recevez ce dernier outrage : an éclat de rire sur vos tombeaux !
S'il'pouvaiVêtre de quelque intérêt pour le Peuple,
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dans les graves circonstances où nous sommes, qu'on discutât la valeur de cet homme sérieusement et à fond, il me serait facile de montrer qu'il n'a pas jusqu'ici produit une idée, pas une seule, et que chez^ui l'indigence du fond n'est comparable qu'à l'effronterie de la forme ; en témoignage des plagiats dont sa menteuse célébrité se compose, j'invoquerais Kant, Hegel, Feuerbach, Fourier, Saint-Simon, Brissot de Warville, Mazel ; aux adorateurs ébahis de son infaillibilité, je rappellerais que, suivant ses propres déclarations, il a été tour à tour < protestant, papiste. . . . , panthéiste, 4?artésien, éclectique, monarchique, aristocrate^ constitutionnel et communiste ; » à ceux qui le croiraient versé dans l'économie politique, je recommanderais l'étude de sa Banque du Peuple et l'examen de la manière vraiment déplorable dont il défend contre M. Bastiat la cause du crédit gratuit; devant ceux enfin qui le croiraient sur parole un dialecticien subtil, j'ouvrirais le livre où Marx l'abandonne tout nu à la risée des étudiants de Berlin.
Mais qu'importe cela ? À un peuple en proie aux plus vives souffrances et plein de graves pensées, qu'importe une polémique où il serait en droit de ne voir qu'une misérable guerre de noms propres? Ah! il s'agit bien aujourd'hui de la valeur scientifique ou littéraire de tel ou tel homme ! c'est de la chute de toutes les oppressions qu'il s'agit, c'est de la défaite définitive de ce tyran qu'on nomme la misère, c'est de Tabo-