DE l'empire libébal
messieurs, à sauver la liberté I • et son ministre, M. de Forcade la Roquette, dire : « Nous fonderons la liberté sans vous et contre vous I » il est permis de trouver étrange ce grand contraste entre la modestie du maître et l'arrogance du serviteur.
Lequel des deux a exprimé la véritable pensée du règne ?
Est-ce celui qui veut qu'on l'aide à sauver la liberté, après dix-huit ans employés par lui à nous sauver de la liberté ?
Est-ce celui qui prétend nous rendre libres à sa manière et en dépit de nous-mêmes ?
En attendant que, sur ce point, maître et serviteur se mettent d'accord, examinons quelles chances nous avons d'obtenir la liberté sous l'Empire, soit qu'on daigne nous admettre à l'honneur d'une association destinée à la conquérir ; soit que, prenant en pitié notre résolution de rester esclaves, on nous l'impose de force.
En 1866, quelques journaux ayant critiqué, comme personnelle à M. Drouyn de Lhuys, la politique du gouvernement dans les affaires d'Allemagne, une note quasi-officielle revendiqua pour l'empereur toutes les inspirations et tous les actes de la diplomatie. C'était justice. Qui donc ignore, en Europe, que si l'Italie, délivrée par nous, est devenue notre ennemie ; que si l'Allemagne nous couvre de son ombre et nous inquiète ; que si des millions jetés à la mer, des flots de