‹ Questions d'aujourd'hui et de demainChapitre 25 sur 70 · DE L*EMP1RE LIBERAL · texte numérisé non relu

DE L*EMP1RE LIBERAL

sang français répandus, Maximilien fusillé, sa femme folle, le çlrapeau de la France renvoyé du Nouveau- Monde, sur un signe des républicains de la Maison- Blanche, sont les résultats de notre expédition du Mexique, — tout cela fait partie intégrante de l'histoire du gouvernement personnel ?

La théorie, du reste, en avait été fort nettement établie, dès le 23 mai 1865, dans la lettre, toute napoléonienne, qui gourmandait le libéralisme d'un certain discours prononcé, le 15 mai précédent, à Ajaccio, et érigeait en maxime de gouvernement • la discipline sévère qui n'admet qu'une volonté et qu'une action, »

Voilà rhomme qui, fidèle au système ainsi formulé, et, comme chacun sait, pratiqué pendant dix»huit ans avec une constance inébranlable, s'éprend aujourd'hui d'amour pour la liberté, brûle de la sauver, et d'une voix pathétique adjure ses fidèles de lui prêter leur appui I

Par malheur, sauver, avec son concours^ la Uberté, est simplement impossible.

M. Clément Duvernois écrivait un jour : « L'Empire ^t, pour aller à la liberté, le chemin le plus court et ^® plus sûr. » En d'autres termes, le chemin le plus ^^tde la servitude à la liberté, c'est la servitude.

Tout d'abord, quelle est la plus essentielle, la première des libertés ? N'est-ce pas celle de la nation considérée collectivement? N'est-ce pas la liberté du

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suffrage universel ? Comment VE,nplre^ sans signer son arrêt de mort, pourrait-il consentir à ce que le suffrage universel eût la liberté de dire, si tel était son plaisir : Je veux la République ?

C'est pourtant par là qu'il faut commencer, si cette liberté qu'on nous promet est autre chose qu'un joujou du premier de l'an dont nous devions nous contenter, enfants que nous sommes.

Ceux qui, après le coup d'État, par le moyen d'un vote libre ou d'un vote imposé, proclamèrent TEmpire, c'est-à-dire décidèrent que leurs descendants auraient un maître à perpétuité, ceux-là commirent une usurpation monstrueuse ; ils confisquèrent d'avance le droit inaliénable des générations à venir ; ils se servirent de la souveraineté du peuple pour égorger la souveraineté du peuple. Qui ne voit pas l'incompatibilité absolue du suffrage universel avec rétablissement d'un pouvoir héréditaire est un amant de la nuit.

Où sont aujourd'hui la plupart des électeurs qui votèrent pour un empereur, il y a dix-huit ans? M. Rouher nous Ta dit : dans la tombe. La décision des morts doit-elle à jamais faire loi pour les vivants ?

Supposons que les vivants demandent à exercer leur droit de souveraineté par le choix de la forme de gouvernement qui leur convient : l'Empire est-il d'humeur à leur reconnaître ce droit, sans l'exercice

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