L ORLÉANISME
tout à fait impériale : non-seulement je le sacrifie au régime nouveau, qui est votre ancien régime, mais je vais le sommer de vous prêter son concours. Vous le voyez, je suis bon prince. Toutefois, vous le concevrez , sans peine, il est une chose que je ne saurais vous sacrifier : c'est mon trône, c'est ma dynastie. Serrezvous autour de mon trône, servez ma dynastie. A ce marché nous gagnerons tous. A vous, les ministères, les emplois, les moyens d'infiuence. A moi et aux miens, la couronne. Le suffrage universel, qui peut défaire le lendemain l'œuvre de la veille, est un embarras pour moi dès qu'il devient libre; mais il est aussi un embarras pour vous. S'il est peu conciliable avec le maintien d'une monarchie héréditaire, il ne Test pas davantage avec la domination des intérêts de clause que vous représentez, cette domination qui, du temps de Louis-Philippe, reposait sur le système des censitaires. Le « désir immodéré de changement qui « s'est emparé de certains esprits » risque d'avoir dans la souveraineté du peuple un auxiliaire redoutable, un au::^iliaire que Theure n'est pas encore venue de combattre à visage découvert, mais dont c'est votre intérêt autant que le mien de limiter l'action. Entendons-nous pour la resserrer dans le cercle du plébiscite de 1852. Attachons-nous à « imprimer aux a dernières réformes un caractère définitif, à placer
« la Constitution au-dessus de toute controverse, » à déjouer les espérances qu'on fonderait sur sa perfecti-
MOINS LES d'orléans :.53
bilité indéfinie et, en ce qui touche les dispositions fondamentales du plébiscite de 1852, à les « fixer in- « variablement. » Dirigeons-nous , la main dans la main, vers ce but, que le suffrage universel nous empêche, pour le moment, d'atteindre d'emblée, mais auquel nous arriverons avec un peu de patience et de savoir-faire : le régime de Louis-Philippe sous Napoléon; Torléanisme, moins les d'Orléans.
Voilà le pacte.
Cest le retour à la domination de la bourgeoisie promis à ses anciens meneurs, en échange de la dynastie napoléonienne, acceptée par eux.
Adieu le système qui consistait, pour TEmpire, à amadouer le peuple en se couvrant du masque de la démocratie, en afiectant de parler le langage du socialisme, en démolissant et rebâtissant Paris pour fournir du travail aux ouvriers, en essayant d'accréditer cette idée qu'une sorte de lien merveilleux et sacré existait entre Taffranchissement des prolétaires et l'omnipotence des Césars. Repoussé par le peuple, l'Empire se tourne vers la bourgeoisie, avec laquelle il fut si longtemps en guerre; et c'est auprès d'elle aujourd'hui qu'il mendie le pouvoir de vivre.
L'évolution est à peu près complète. Qu'elle ne nous étonne pas : elle était inévitable.
Le 25 novembre 1851, à propos de l'exposition universelle de Londres, Louis Bonaparte, alors président
254 l'orléanisme
de la République, s'était exprimé en ces termes, d vaut les exposants français :
« C'est lorsque le crédit commercial cotnmehçàît
<( renaître, c'est lorsque une idée infernale poussa
« sans cesse les travailleurs à tarir lés ressources in
(( mes du travail, c'est lorsque la démence^ isé pàrà3
« du manteau de la philanthropie, venait détouriK
« les esprits des occupations régulières pour les jel<
« dans les spéculations de l'utopie, c'est alors qu
(f vous avez montré au ioaondé des produits qu'u
« calme durable seinblait seul permettre d'exécuter !
Certes, il aurait fallu un grand fonds d'imbécilliî
pour s'aveugler sur la nature des tendances, d^o
étaient sortis d'aussi violants anathèmeâ. Et dé fedi
quand on cherche ce qUe l'émancipation du tràvà
doit à l'Empire, que trouvé-l-on? Dans la BëvnoùH
tie du 6 décembre 1S68, M. A:chille Mercier a i^acoùt
l'histoire navrante d«s associations ouvrièreâ qui exiis
taient le 1*'' déceihbï'e 1851. Qu'on lise cet article, qt
est excellent, et Ton verra comment, dé deux ttôH
quatre-vingt-dix-neuf sociétés établies en Francer àl
moment du coup d'État, quinze seulement siiï*vécu
rent ; et comment le Beux-Décembrô donna le Wa\
mortel : aux associations de la vie à bon marché, dan
le département de l'Aisne; aux associations des cor:
donniers, des menuisiers, des bouchers, des fabricant
de chaises, des peintres, dés ouvriers tailleurs, à Mont
pellier ; aux associations des charpentiers, des meiitiir
MOINS LES D OllLÉANS 255
sers, des trayevirs carriers, des tailleurs de pierre, à Auch ; £^ux bôucberies sociétaires de Sedan, de Neumaml, daus les Ardennes; de Grasse, dans l'Aude; ^ celles de Caen, de Bordeaux, de Montpellier, de Cherli(W(rg, de N?^ii(gr, de Clermont-Ferrand, de Poitiers; aux boulangeries sociétaires de Sedan, de Dijon, de Kaptes ; avix auberges sociétaires fondées dans les Arim/^ ; et comment, à Strasbourg, les sociétés des Iwttiers-cordonmers, des corroyeurs, des tovirneurs dechîiises, des puvriers tailleurs, des ouvriers ébénistes, furent dispersées par la violence; et comment, à Lyon, le 4 décembre 1851, jour de la proclamation de l'état de siége^ soldats et agents envahirent les magasins ^e la société des Travailleurs' Unis, dispersèrent les associés ou les emprisonnèrent; et comment fut niinée, à Paris, \2iSoçi(fté des Ménages; comment, en un luqt, le triomphe du cés?^risme fut fatal au mouvement coopératif inauguré par la république de 1848. D est vrai que cela n'a pas empêché les panégyristes dp TEmpjire d'acclamer ses fiançailles avec la démocratie. On proscrivait tous les amis du peuple, mais ^n*enaimait pas moins le peuple! On envoyait les socialistes à Cayenne, mais on n'en était pas moins disposé à faire du socialisme l
Est-il besoin de rappeler maintenant la fondation de cette Société nationale pour V extinction du paupé' '•«me, qui se proposait pour but d'assurer le bien-être des masses en consolidant leur alliance avec la dy-
256 l'orléanisme
nastie impériale, et qui plaçait Téducation de Tenfance, Torganisation du travail, la création des Invalides civils sous le protectorat de Sa Majesté Vempereur Napoléon III?
Dans une assemblée d'environ six mille personnes, tenue à Paris, le marquis de Planty, président de la Société, annonça qu'il s'agissait d'une œiivre qui n'était que « la mise en action des grandes et larges « pensées de Sa Majesté Napoléon III, notre auguste « protecteur; » et, de cet auguste protecteur, le secrétaire général se plut à dire qu'il était « le premier de « tous les souverains qui eût déposé sur le velours du « trône, à côté du sceptre des Césars, les tablettes des « Gracques et les chaînes brisées de Spartacus. »
Nul doute, d'ailleurs, que cette manifestation n'eût son point de départ aux Tuileries. L'orateur déclara qu'il n'était pas « une ligne du programme de la So- « ciété qui ne fût un résumé des travaux de Tempe- « reur. »
Telle était donc, il n'y a pas longtemps encore, la politique ducésarisme.
Aussi, quelle n'était pas l'irritation de cette portion de la bourgeoisie qui a, aujourd'hui, pour principaux représentants : à la Chambre, M. Thiers; au pouvoir, MM. Daru et Buffet; à la tête des commissions extraparlementaires, MM. Odilon Barrot et Guizot — tous, comme on les a nommés, des revenants !
Oui, elle était alors furieuse contre l'Empire, la
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classe dont M. Guizot avait jadis si bien personnifié les tendances et si mal dirigé les efforts. Elle ne pardonnait pas à Napoléon ses semblants de socialisme. Elle tremblait de le voir chercher un appui dans le peuple. C'était sa colère et ses inquiétudes qu'exprimait Topposition faite au chef de l'État par TAcadémie française. C'était à ses sentiments que M. Prévost- Paradol donnait un écho lorsque, dans la brochure qui lui valut un fauteuil d'académicien, il fulminait contre «l'alliance, vieille «comme le monde, de la démagogie etdu despotisme; » contre « le désir inique de la toute-puissance fisiisant « un pacte avec l'aveugle instinct de l'égalité ; » contre « le parti qui fonda la vaste tyrannie des Césai^, « aux acclamations delà population romaine. »
Ces terreurs étaient aveugles; ces dénonciations étaient vaines l
Le peuple avait la vue trop perçante pour ne pas apercevoir ce que les avances impériales avaient de profondément égoïste et d'insincère.
Le peuple avait le cœur trop haut placé pour attendre son affranchissement social de son asservissement politique.
Le peuple ne voulait pas d'un maître, dût ce maître lui ojarrir^ en échange de la liberté trahie et de la dignité humaine mise au rabais, du pain et des spectacles.
A Paris, même à Paris, bouleversé de fond en com-
258 l'orléanisme moins les d'orléans
ble comme moyen de prouver aux ouvriers en quête d'emfxloi toute l'étendue de la sollicitude impériale, le vote de l'ouvrier, résolument jeté dans l'urne, a{^rit à l'Empire que, si le peuple de France se donne quelquefois, \l ne se vend jamais.
L'Bmpire se l'est tenu pour dit; et le voilà qui se tourne, éperdu, vers les anciens meneurs de la bourgeoisie.
Le pouvoir personnelles gène? Qu'à cela ne tienne l
Le Sénat les embarrasse ? Ce n'est pas la peine de se. quereller pour si peu.
Une Chambre des revenants, je veux dire une Chambre deapairs^ serait de leur goût? Accordé.
^Mais pas de princes d'Orléans I C'est bien assez qu'on se résigne à la résurrection de l'orléanisnae en tant qu'idées.
Les dernières réformes, très bien!... à la condition qu'on leur imprimera un caractère définitif. Ce qui doit sortir de tout cela sain et sauf, c'est la djmastie.
Le peuple a refusé noblement de pactiser en quoi que ce soit avec le césarisme. Mais -^ comment en douter 2 — aux yeux de MM. Guizot, Qdilon-Barrot, Prévost-Paradol , Buffet et Daru , le Deux-Décembre et les dix années d'humiliant despotisme qui ont suivi constituent^ en faveur de la dynastie napoléonienne, un titre dont on a raison d'admettre la vall? dite dès qu'on a sur le troue, au lieu d'un César courtisan manqué du peuple, un César dev^au bourgeois
Publié le 11 avril 1870
Ain^ donc, l'idée du plébiscite impérial l'emporte l
I^a cette Chambre oû^ sous les auspices de
M. Bmile QUivier, les anciens orléanistes et TEmpire
avaient passé un contrat d'assurance mutuelle, 227 voix
^tre 43 ont décidé qu'un homme allait pouvoir
^parisonner la souveraineté du peuple entre un oui et
^^ non ! Ils se rendent mal compte de l'état des choses,
^Ux qui a'ont pas prévu ce vote.
Sur qui frappe directement, en effet, le plébiscite ^•^périal ?
Sur la démocratie, et rien que sur elle. Oui, chose en apparence singulière, le parti de **Hppel au peuple est le seul contre qui soit dirigé ce ^ode d'appel au peuple.
Et pourquoi ?
Est-ce parce que toute Constitution nouvelle doit être l'œuvre d'une Assemblée constituante élue par le suffrage universel pour en poser les bases ? Oui, sans doute. Est-ce parce que tout recours au pays doit être précédé d'une discussion propre à éclairer le vote, sous peine de n'être qu'un acte d'hypocrisie et un piège ? Certainement.
Est-ce parce qu'on se moque du peuple quand on l'appelle à résoudre par oui ou par non la question de savoir s'il accepte ou n'accepte pas V ensemble d'un sénatus-consulte composé de 38 ou de 46 articles, dont ceux-ci peuvent être de son goût et ceux-là lui faire mal au cœur ? C'est manifeste.
Mais il est une autre raison qui Mt du plébiscite, en tant qu'il émane de Tinitiative impériale, une machine de guerre mise en mouvement contre la démocratie. Et cette raison est tirée, non plus de considérations générales et théoriques, mais des nécessités de la situation créée par l'alliance des anciens orléanistes et de l'Empire.
C'est à la clarté de ce flambeau qu'il faut, .tout d'abord, relire le dernier sénatus-consulte. Il porte :
Que la dignité impériale est héréditaire dans la •descendance directe et légitime de Louis-Napoléon Bonaparte ;
Que, à défaut d'héritier légitime direct et adoptif de Napoléon III, le peuple nomme l'empersur ;
Que la régence de l'empire est réglée par le sénatusoonsulte du 17 juillet 1856 ;
Que l'empereur gouverne avec le concours des ministres, du Sénat, du Corps législatif et du conseil d'Etat ;
Qu'il a sa part dans l'exercice collectif de la puissance législative par les deux Chambres ;
Qu'à lui, comme au Sénat et au Corps législatif, appartient l'initiative des lois ;
Que les ministres dépendent de lui, de lui seul ;
Que le serment d'obéissance à la Constitution et le serment de fidélité à sa personne ne font qu'un.
£h bien, ces dispositions sont autant de coups portés à la démocratie.
Elles clouent la souveraineté nationale à la dynastie napoléonienne, et, celle-ci morte, à un gouvernement héréditaire.
Elles confisquent la souveraineté des générations futures, ordonnent au suffrage universel de vouloir toujours ce qu'on le força de vouloir une fois , et font niettre à genoux devant une série indéfinie de maîtres à venir le souverain, enchaîné.
Elles abaissent la fonction de mandataire du peuple jusque-là qu'elle n'est plus qu'un concours prêté à l'empereur, — concours placé sur le même niveau <iue celui de ministres qui dépendent de lui et de sénateurs qu'il nomme.
Elles opèrent, à son profit, entre le pouvoir législa-
tif et le pouvoir exécutif, cette confusion que les publicistes de la démocratie dénoncèrent» de tout temps, comme moxistrueuse.
Enfin, elles le substituent à la nation, par le ser* ment de fidélité qui met tous les fonctionnaire^ de l'Etat au rang de s^ hommes-liges.
En revanchei, le sénatus-consulte accorde la resr ponsabilité des ministres, comme sous LouiSrPhilippe ; et il oppose au suffrage universel, en attendant m4eu](, la barrière d'une Constitution dont on a eu soin de déclarer d'av^mce qu'elle avait un carojcière^ définitif et qu'elle était désormais placée aiA-dessus de toikte controverse.
Ajoutez à ceci la concession des libertés nécessaire^ dQ)[it M. Tliiers, dans un discours fomeux, assurait devoir se contenter, et vous aurez les terme» du marché conclu, aux dépens de la démocratie, entre le^ anciens orléanistes et l'Empire.
Mais quelle eût été la valeur de ce marché sanii l'apparente sa^ption ^u suffrage universel^ dont il faui^ bien avoir T^ir de tenir compte^ tant qu'il existe 9 Qu'aurait pesé dans l'opinion V^Empire libéral^ présenté comme l'œuvre de quelques hommes, à côté du vieil Empire autoritaire^ présenté comme le résultat (l§ la volonté nationale s'exprimant — n'auraient pas manqué de dire les impérialistes — par plus de sept millions de voix, le 10 décembre 1848, le 2Q décembre 1851 et le 21 novembre 1852 ? La nouvelle Gonsti*-
bu PLEBISCITE IMPÉRIAL 263
Mon, sortie Û'uti vote du Sénat, aurait-elle eu le tîàraiBtère d'autorité que risquait d'imprimer à Tahcieniie cette supposition, très fausse à coup sûr, mais hypocritement admise par les récents alliés de rfimpire, ([ne le césarisme avait été donné à la ^ance par ta vote, libre de la ï'ranôe ?
11 était donc du plus haut intérêt, pour les artisans de ce qu^on nomme VEmptre libéral, d'appuyer l'idée âe ce plébiscite dont le but est de consolider les concessions obtenues, de les rendre définitives, de couper tourt à des réformée plus* radicales, en un mot de fehûér la porte à la démocratie, après Tavôir ouverte AU constitutionnalisme .
Aussi n'ai-je aucune peine à comprendre que M. Emile OUivier ait dit, dans la séance du 4 avril : * Nous demandons au peuple de donner à la Constitu-^ ^'ow libérale la consécration qu'il a donnée à la (Constitution autoritaire, »
Mais, telle étant sans contredit pour les hommes de ^*Smp{re libéral la logique de là situation, comment ^'expliquer qu'ils ne soient pas tombés d'accord sur la question du plébiscite ? Pourquoi, ce que les uns Paraissaient désirer si vivement, les autres Font-ils si ardemment repoussé? Pourquoi, sur ce point, M. Daru a-t-il été d'un avis, et son collègue M. Buffet d'un avis opposé ? Pourquoi le plébiscite a-t-il trouvé ^tts M. Thiers, notamment, un adversaire si résolu ?
Il est très vrai que le système plébiscitaire ne ren-
tre pas dans la tradition monarchique constitutionnelle;, mais il est quelque chose qui n'y rentre pas non plus et que ces messieurs, jusqu'à nouvel ordre, sont bien obligés d'admettre : ce quelque chose, c'est le suffrage universel, dont la sanction, dès qxi'il existe, est nécessaire pour donner de Tautorité à tout changement constitutionnel.
Il est vrai encore qu'à ceux qui veulent le gouvernement de la bourgeoisie il peut sembler dangereux que le peuple en masse soit appelé à se prononcer sur ce que doivent être les bases fondamentales de l'Etat ; mais ce danger, ce n'est pas l'éviter, c'est Taccroître, que de nier en fait la puissance qu'on est contraint de saluer en principe.
11 faut donc chercher une explication plus plausible à la guerre qu'un certain nombre d'anciens orléanistes, parmi les plus intelligents, ont déclarée au plébiscite.
Cette explication ne serait-elle pas dans la remarque suivante de M. Prévost- Paradol : «...Le plébiscite « aura un inconvénient plus frappant encore, c'est de « montrer le gouvernement en perte, et en perte « considérable sur le chiffre des voix obtenues en « 1S52 pour la Constitution dictatoriale et pour « TEmpire ?»
Tel est effectivement le risque -que le plébiscite fait courir à V Empire libéral. Ainsi que le dit fort bien M. Prévost-Paradol , on peut s'attendre à voir le nou-
veau plébiscite réunir contre lui, au scrutin, des suffrages dictés par les motifs les plus divers. Et, par exemple, comment imaginer que des républicains, quelle que soit leur horreur pour les Constitutions autoritaires^ se prêtent volontiers à sanctionner de leur vote une prétendue Constitution libérale qui est la négation la plus absolue de la République? Comment se flatter que ceux qui prennent au sérieux la souveraineté du peuple n'éprouveront aucune répugnance à voter la confiscation fl:agrante de cette souveraineté ?
Et puis, la terreur ne sera plus là pour discipliner les suffrages.
Il est donc à prévoir que la Constitution libérale ne sera pas consacrée par les sept millions de voix qui sont censées avoir consacré la Constitution autori" taire. Grande et légitime cause d'iuquiétude pour les anciens orléanistes ralliés à l'Empire. Car, dans ce cas, leur marché pourrait bien être un marché de dupes.
Et que prouve ceci ?
Ceci prouve que Talliance des hommes que le Deux- I^écembre a frappés avec le pouvoir né du Deux- Décembre est une alliance aussi peu conforme aux principes d'une bonne politique qu'aux lois de la morale étemelle.
Ceci prouve que l'habileté véritable consiste à suivre la ligne droite et ne consiste qu'en cela.
26i5 DU PLEBISCITE IMPÉRIAL
Ceci prouve que VÉmpire libéral est une chimère.
Geci prouve qu'opposer la liberté à la démocratie, la bourgeoisie au peuple , c'est aboutir au despotisme ou au chaos.