‹ Questions d'aujourd'hui et de demainChapitre 32 sur 70 · PIEGE TENDU AU PEUPLE · texte numérisé non relu

PIEGE TENDU AU PEUPLE

Publié le 29 avril 1870

Le plébiscite — chacun de nous Ta compris, chacun çle nous l'a proclamé -r :#

C'est un ïttoyen artificieux de prendra^w service du pouvoir d'un seul le suffrage universel intimidé^, tppçipé ou perverti ;

C*çst vn procédé imaginé pour rendre cppaplice appiarant de l'asservissement du peuple le peuple luimême;

C'est l'arme suprême mise en ?*éserve ^afls l'arsenal ^es coups. d'Etat ;

C'est le despotisme fa^-dé ;

C'est l'hypocrisie du césarisme. .

Ce n'est donc pas assez qvie de dénoncer le plébiscite, ^ n'est pas assez que ^e le çombçitti^e : ^e^se^tie^ est

268 piéaE TENDU au peuple

de le nier, de le nier d'une manière péremptoire, de le faire regarder, autant qu'il est en nous, comme non avenu.

A qui l'interroge sans avoir le droit de Tinterroger, le peuple souverain ne doit rien que le refus de répondre.

Qu'il réponde oui, qu'il réponde non, dès qu'il parle parce qu'on le somme de parler, il obéit.

Qu'il aille jeter dans l'urne un vote affîrmatif ou un vote négatif, dès qu'il le fait sur Tordre d'un homme qu'il ne reconnaît pas pour son maître, il s'humilie, et cette inconséquence a l'air d'une abdication.

Le refus de répondre ici a l'immense avantage de ne pas même admettre que la question puisse être posée.

Le refus de répondi% désarme et décrie ce droit captieux d'interrogation qui constitue le [plébiscite césarien.

Le refus de répondre est la négation hautaine, dédaigneuse, et la seule négation absolue, du plébiscite.

Le refus de répondre signifie , par sa nature même et en dehors de tout commentaire : « Pour nous, le plébiscite n'existe point. »

Aussi est-ce là, paraît-il, ce que le gouvernement redoute le plus. La preuve, c'est qu'il qualifie cette politique de manœuvre, La preuve, c'est qu'il tremblait de voir les citoyens se tenir à l'écart : témoin ces circulaires, désormais impossibles à oublier, où le mi-

Page 1