‹ Questions d'aujourd'hui et de demainChapitre 33 sur 70 · PIEGE TENDU AU PEUPLE · texte numérisé non relu

PIEGE TENDU AU PEUPLE

nistre de l'intérieur adjurait les préfets de pousser les populations au scrutin, et de les y pousser avec une activité dévorante.

Qu'en matière de luttes électorales, le système de Tabstention rencontre des contradicteurs, cela se conçoit. Deux candidats sont en présence : alors même que les sentiments et les opinions d'aucun des deux ne répondraient tout à fait aux sentiments et aux opinions des électeurs, il est naturel qu'à l'avantage, très réel mais indirect et éloigné, de protester d'une foçon décisive, les moins résolus préfèrent l'avantage, plus direct, plus actuel, plus aisément appréciable, de donner la victoire au meilleur — fût-il mauvais — des deux concurrents entre lesquels flotte la balance. Mais^ dans le cas dont il s'agit, quel mal y at-il à s'abstenir? Quel résultat pratique, en s'abstenant, sacrifle-t-on à la rigueur des principes ? A quel bénéfice renonce-t-on, par l'adoption de ce système d'activé immobilité et d'éloquent silence, dont le sens manifeste et incontestable est celui-ci : < Ah l vous me commandez de marcher, à moi le souverain, et il est de votre intérêt que je marche ? Eh bien ! je reste en place. Ah ! vous me commandez de répondre, vous qui n'en avez pas le droit, et il est de votre intérêt que je réponde ? Eh bien 1 je ne répondrai point. »

Remarquez en quels termes la question est posée. On n'en saurait imaginer de plus astucieux. Ce que le plébiscite prétend savoir, c'est si « le peuple approuve

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« les Féfiumes libérales opérées dans la CoDstitatioQ c depuis 1860, par Temperenr, avec le concours àes c corps de l'Etat, et s'il ratifie le sénatoa-consulte d^ « 20 avril 1870. »

Cette formule montre assez qu'ayant de décider ce qn*on répondrait an plébiscite il aurait du moins faUn attendre de savoir au juste ce que le plébiscite demanderait.

Rédigé comme il Test, le plébiscite est une arme ^ deux tranchants. La question est posée de telle sorte que l'Empire se puisse prévaloir de la réponse, que^e qu'elle soit.

Si les om l'emportent , Napoléon criera au monde :

— Vous le voyez ^ J'avais bien raison de croire qu0 le moment était venu d'apporter quelques modifications à la Constitution de 1852 ; que l/heura avsiit sonné du c couronnement de l'édifice ».. lia natioj;i ratifie les réformes dues à mon initiative ; elle les accepte comme définitives ; elle rend justice à laojx désir de concilier le progrès avec la stabilité ; elle a été d'accord avec moi, en 1852, sur la xiécpssité d'établir l'empire, et elle est d'aocord avec moi, en 187ft, sur la nécessité d'en modifier les formes. ¥|onc, eo 187P comme en 4852, c'est moi qpi suis le fldèle int^rète des besoins de la France , le représept?!?* 4^ ^, i^t^ rets, l'organe de s^ volonté.

Si ce sont, au contraire, les mo^ qui l'ef^port^^t^ U pourra, rapprochant la réponse de \^ question, 4îre :

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