PIEGE TENDU AU PEUPJ.E
Mais ceux-là aussi pourront répondre non, qui partent d'un point de vue diamétralement opposé au nôtre. Le mot non ne sera-t-il pas la réponse de ces ultra-bonapartistes auxquels les « réformes opérées dans la Constitution depuis 1860 », quelque décevantes qu'elles soient, font mal au cœur ?
Le mot NON ne sera-t-il pas la réponse de ces fanatiques d'autorité dont la moindre concession du pouvoir révolte l'orgueil servile ?
Le mot NON ne sera-t-il pas la réponse de ces âmes égoïstes et pusillanimes que le franc-imrler de la presse démocratique effraie et qui ont besoin que l'absolutisme les rassure ?
Le mot NON ne sera-t-il pas la réponse de tous ceux qui connaissent ou devinent la pensée intime des Tuileries, de tous ceux qui n'ont pas la naïveté de prendre à la lettre cette recommandation , si suspscte, de la proclamation impériale : « Répondez oui » ?
Les NON républicains risquent donc d'être confondus avec les non ultra-bonapartistes. Nous allons nager dans l'équivoque.
Entre le non et le refus de répondre, il y a, sous le rapport purement pratique, cette différence, que le premier mode de protestation est susceptible d'interprétations diverses et laisse une marge considérable à la mauvaise foi, tandis que le second n a qu'une signiflcatioa possible, qui est celle-ci : « Le plébiscite est un piège ; nous n'y tomberons pas. »