‹ Questions d'aujourd'hui et de demainChapitre 38 sur 70 · LA GUERRE AVEC LA PR'JSSE · texte numérisé non relu

LA GUERRE AVEC LA PR'JSSE

déddé à vivre en paix et à respecter la paix de ses voisins^ ne saurait se passer de l'honneur d'appartenir & quelqu'un. Prim égorgeant des républicains et demandant Taumône d'un roi était donc une imposante personnification de Tordre européen, tel qu'on le comprend aux Tuileries.

Eh bien, en quoi, je le demande, a-t-il démérité ? N'est-ce pas un roi qu'il cherche, en s'adressant au prince de HohenzoUern ? N'est-ce pas du fléau d'une République espagnole qu'il sauve ou prétend sauver la France et l'Europe ? N'est-ce pas la cause de Tordre défini par la monarchie qu'il continue de servir ?

Oh ! certes, si les préférences du cabinet de Madrid s'étaient tout d'abord portées sur un prince prussien, je concevrais que la fougueuse indignation de M. de Gramont, de M. Ollivier et de leur maître eût quelque chose des «patriotiques angoisses» dont M. Rouher, après Sadowa, nous flt le mélodramatique aveu. Mais avez-vous donc oublié, grands patriotes d'antichambre, que la couronne offerte au prince de HohenzoUern, déjà tant refusée, était devenue d'un placement on ne peut plus difficile? Qui prendre? Le prince Ferdinand de Saxe-Cobourg ? C'était un sage, qui avait préféré le bonheur à l'orgueil. Le duc de Gênes? C'était un pauvre petit écolier, pour qui sa famille, alarmée, avait demandé grâce: Le duc delà Victoire? C'était un guerrier qui n'avait pas voulu descendre au trône. Le duc de Montpensier? C'était un Bourbon. Don

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Carlos? C'était un Bourbon clérical. Le jeune Alphonse? C'était... c'était le fils de sa mère ! Il y avait disette de candidats ; et puisqu'un roi était la trouvaille indispensable ; puisque la République devait être écartée à tout prix ; puisqu'il y allait de Vordre euroji^en, Prim était-il donc si coupable de se rabattre, en désespoir de cause, sur le premier prince de bonne volonté qu'il rencontrait?

Il est vrai qu'il ne s'est pas ouvert de ses démarches à l'ambassadeur impérial. Probablement parce qu'il a jugé que le choix d'un prince prussien pouvait provoquer quelques objections de la part du cabinet des Tuileries, objections qui tomberaient devant le fiiit accompli et cesseraient dès lors de faire obstacle- à la réalisation du grand œuvre : l'établissement d'une monarchie en Espagne. Mais ce ne doit pas être là un crime irrémissible aux yeux des logiciens du régime monarchique.

Et parce que Prim a poussé trop loin l'envie de réussir, dans leur sens et dans leur intérêt, ils le vouent aux dieux infernaux! Et parce que MM. Mercier et Benedetti n'ont pas tout vu, tout entendu, n'ont pas eu connaissance de tout, n'ont pas suffisamment écouté aux portes, n'ont pas su leur métier, il faut que le monde s'embrase et que des mères tremblent en attendant que, pour elles, le moment vienne de pleurer I

Parlons net. Le césarisme, c'est la guerre. L'Empire

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