‹ Questions d'aujourd'hui et de demainChapitre 4 sur 70 · DE L*UNITÉ · texte numérisé non relu

DE L*UNITÉ

trient pu avec WiiSon réclamer, comme prix du combat, la plus gi*ande partie des dépouilles. Mais les communes se trouvaient alors afib-iblies par les efforts (qu'elles avaient tentés. tJn troisième ennemi s'était dressé en face du trône, le fédéralisme parlemeutaire. Mâiâ cette fois la victoire devait être beaucoup moins disputée. Comment le bavardage de quelques robins aurait-il pu contre le principe monarchique ce que n'avalent pu ni Tépée du comte de Soissons, ni la dague de Cinq-Mars, ni les haches des intrépides bourgeois de Laon et de Reims ? Au cotiimencement du dix-huitième siècle, il était aisé de prévoir que la résistance des pademeiltâ ne serait pas longue. On sait, en effbt, que, muets sous Louis XIV, tracassiers souS Louis XV, les parlements dirent le dernier mot de leur audace par la bouche de d'Espréménil, et tombèrent épuisés, après leUr duel avec le cardinal de Brienne.

Les trois faits dominants de la situation, au com^ mencement du dix-huitléme siècle, étaient donc ceùx-^ ci:

L'unité morale se trouvait profondément ébranlée ;

L'unité sociale dépendait de la manière dont la puissance de la bourgeoisie allait s'organiser ;

L'unité politique existait, mais dans la royauté.

Quelles devaient être les tendances naturelles de la bourgeoisie ?

S'étant élevée par le commerce et l'industrie, elle

sous SES TROIS ASPECTS » 15

devait s'armer contre Tunité morale, de peur que la rigueur des prescriptions religieuses ne Tentravàt dans son essor, et, par exemple, que l'Eglise ne continuât à condamner, au nom du ciel, le prêt à inté* rêt des capitaux.

Elle devait se défier de l'unité sociale et craindre que le principe d'association, dont elle avait elle* même si habilement profité par les jurandes et les maîtrises, ne finît par être tourné contre elle par les prolétaires.

Elle devait redouter l'unité politique comme pouvant gêner l'indépendance de ses allures.

Au fait, ne lui suffisait-il pas, pour maintenir sa domination, que le principe d'individualisme fût proclamé en toutes choses? Possédant les instruments de travail qui manquaient aux prolétaires, doués d'une activité et d'une instruction qui manquaient aux nobles, les bourgeois réunissaient tous les moyens de développement qui dispensent de la nécessité de l'association et font détester la hiérarchie.

La bourgeoisie devait donc vouloir :

La liberté de conscience, contre le clergé;

La liberté d'industrie, contre lés prolétaires;

La liberté politique, contre la royauté unie aux derniers débris de la noblesse*

La philosophie du dix-huitième siècle s'employa naturellement à faire prévaloir ces trois tendances.

Pour ce qui est de l'unité morale, le clergé n'avait

Page 1