‹ Questions d'aujourd'hui et de demainChapitre 43 sur 70 · CE QUE NOUS COUTERA. I · texte numérisé non relu

CE QUE NOUS COUTERA. I

eut raison de notre fortune militaire à Leipzig, et mit dans tout cœur allemand l'inextinguible désir d'une patrie substituée à plusieurs patries ? Ces forteresses à l'assaut desquelles M. Emile de Girardin monte sans sortir des bureaux de son journal, c'est Napoléon I^"" qui les a bâties de ses propres mains. Et si TAUemagnede nosjours s'est jetée si éperdument dans les bras de la Prusse, c'est parce qu'en voyant ' la France tombée aux mains d'un autre Napoléon elle s'est souvenue que l'aigle est un oiseau de proie.

Qu'il soit donc bien entendu que cette guerre, à laquelle nous pousse le chauvinisme d'esprits sincères trompés par le cliauvinisme de cœurs serviles, est une guerre entreprise, d'une part, pour rendre le despotisme plus fort contre la liberté; d'autre part, pour couvrir et réparer, aux dépens de la France, les effets lamentables d'une moharchie à la Napoléon. — Double raison de craindre et de protester.

Mais Funification de l'Allemagne est un péril. — Je réponds que cette unification, difficile et lente au sein de la paix, sera faite dès que la trompette aura sonné. Placée sous une menace de guerre, l'Allemagne — il faut s'y attendre — va se lever d'un commun élan. Ne parlons plus d'écraser la Prusse : c'est l'Allemagne qui serait à écraser. Un choc épouvantable entre la race latine et la race saxonne, — choc où nous, nation latine, nous serions heurtés, chose étrange, par des nations latines, — qui sèmerait des inimitiés

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