‹ Questions d'aujourd'hui et de demainChapitre 45 sur 70 · DANGEBS DU PANGERMANISME POUR L'EUROPE · texte numérisé non relu

DANGEBS DU PANGERMANISME POUR L'EUROPE

Publié à Paris, le 19 septembre 1870, pendant le siège

La postérité ne voudra pas croire qu'en ce siècle Allemands et Français aient passé des mois à s^entr'égorger, et que, pour les uns comme pour les autres, une partie de la France ait été changée en un vaste tombeau, sans que la vue de tant de boucheries, de tant de ruines, de tant de calamités effroyables, ait éveillé ou paru éveiller dans le cœur des maîtres d« la terre un autre sentiment que celui qui, au théâtre , anime des spectateurs blasés, devant lesquels on joue une tragédie émouvante et nouvelle.

L'histoire enregistrera comme un des plus sombres et des plus incompréhensibles scandales qui aient jamais, depuis le commencement du monde, consterné rame humaine, la froide impassibilité de la diploma-

tie européenne à la veille d'an siège destiné, non pas à rappeler, mais à feire oublier celui de la Rome impériale par Alaric, celui de Constantinople par Mahomet II, et tout ce que les âges de barbarie ont légué de plus épouvantable à la mémoire des hommes.

Il y a quelques jours, j'ai essayé de montrer combien Tabstention de l'Europe, devant le pangermanisme armé, était contraire à l'intérêt de tous les gouvernements et menaçante pour le repos de tous les peuples. Eh bien, le Times ne voit dans une considération d'une aussi grave portée qu'un appel aux jalousies internationales, et il me reproche presque de m'en servir comme d'un levier pour exciter l'Europe contre la Prusse. « L'agrandissement de « rAllemagne> » dit-il, <( n'excite aucune alarme en « Angleterre, n

Si le Times disait vrai, et si c'était la pensée dû cabinet de Saint-James qu'il exprime lorsqu'il ajoute : « Nous repoussons la prétendue nécessité de maintenir l'équilibre des puissances, pour peu qu'on 6n veuille fetire un motif d'intervention ou même de médiation, » l'aveuglement des hommes d'Etat et des publicistes de l'Angleterre serait un phénomène de plus à ajouter à ceux qui marquent la crise funèbre où âe débat la civilisation moderne^

Eh quoi 1 la nécessité de maintenir l'équilibre des puissances avait toujours étéjusqu'à présent reconnue et proclamée par les chancelleries ; elle avait été Id

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