‹ Questions d'aujourd'hui et de demainChapitre 49 sur 70 · DU NOUVEAU TRAITÉ FRANCO-ALLEMAND · texte numérisé non relu

DU NOUVEAU TRAITÉ FRANCO-ALLEMAND

Publié 1« 8 juillet4872

Le rapport lu aujourd'hui par M. le duc de Broglie concluait à la ratification du dernier traité avec la Prusse.

L'Assemblée a écouté en silence, voté sans débat.

Qu'il n'y ait pas lieu de le regretter, je le veux bien, et je ne reprocherai pas à M. de Broglie le ton de tristesse qui règne dans son rapport. Mais ce qui me frappe dans ce rapport, c'est qu'il n'y soit pas dit un inot du mérite de la négociation, du service rendu par le négociateur. J'y lis la condamnation par voie de réticence ; le blâme muet.

Où l'habileté se tait, il importe que la justice parle.

Oui^ cette convention autour de laquelle les journaux monarchiques ont soulevé tant de poussière et

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pour laquelle M. de Broglie affecte de ne vouloir que la sanction du patriotisme aux abois, elle atteste la prudente fermeté avec laquelle les négociations ont été conduites ; et ce qu'elle atteste plus hautement encore, c'est le respect qu'inspire à l'étranger le gouvernement de la République.

« Il est des moments où les devoirs se comptent par les sacrifices. » Ces paroles que M. Victor Lefranc prononçait, à Bordeaux, dans une occasion douloureusement solennelle, le jour viendra où nous n'aurorîs plus à les prononce^ Mais ce jour n'est pas venu. La question pour nous n'est donc pas d'examiner si l'acte diplomatique dont il s'agit renferme des stipulations de tout point conformes à nos désirs, mais si nous étions autorisés à espérer des conditions meilleures, dans la situation que nous ont faite nos désastres.

Eh bien, que Ton compare le nouveau traité à l'ancien!

Le traité de Francfort nous imposait l'obligation de payer trois milliards le 2 mars 1874, date terriblement rapprochée, eu égard à Ténormité de la dette : le nouveau traité change cette date, qui était obligatoire, en une date facultative, et recule jusqu'au 1«' mars 1875 la limite extrême du délai dont nous pouvons avoir besoin pour nous acquitter, nous laissant d'ailleurs là faculté d'user de cette facilité ou de n'en user pas, selon que nous y aurons intérêt ou non. Certes, s'il nous prenait fantaisie de nous en plaindre.

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