‹ Questions d'aujourd'hui et de demainChapitre 54 sur 70 · FRANCO-ALLEMAND · texte numérisé non relu

FRANCO-ALLEMAND

affectent, nous n'en voulions pas, de cette paix humiliante ; que nous avions prévu à quelles extrémités elle nous réduirait, à la merci de quels ennemis elle nous ferait tomber, et que ceux-là sont mal venus à n'en pas accepter avec résignation les conséquences, qui les ont de gaieté de cœur affrontées. Franchement, ils s'y prennent trop tard pour être fiers. Où leur fierté eût été de mise, c'était avant que nos frères d'Alsace et de Lorraine eussent été livrés en proie à la conquête, avant que la France se fût saignée aux quatre veines pour dédommager ses ennemis du mal qu'ils lui avaient fait. Condamner sa patrie à la nécessité navrante de se contenter de peu, et se montrer ensuite impossible à contenter, c'est trop de moitié, vraiment.

Soyons, non pas humbles, mais modestes. C'est l'attitude qui convient à notre dignité, parce qu'elle nous est commandée par nos malheurs. Eh I qu'importe, au bout du compte, que les jouissances d'un orgueil vulgaire nous soient interdites? Peut être est-il bon pour la France que sa grandeur, après avoir dépendu de sa force, ne dépende que de sa sagesse, et qu'après avoir tant de fois prouvé au monde qu'elle savait vaincre elle Tétonne et le touche en lui montrant qu'elle sait aussi être vaincue.

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