‹ Questions d'économie publiqueChapitre 3 sur 21 · S-' PART. G · texte numérisé non relu

S-' PART. G

QUESTIONS n’ÉCONOMIF. VUBI.IQUE.

producteurs de plaisirs et d’utilité, les manufacturiers sont producteurs d’objets qui satisfont nos besoins et nos goûts; tous les citoyens, en un mot, producteurs chacun à leur manière, sont classés dans le système industriel, sauf les propriétaires oisifs, qui en sont honteusement exclus ; pauvres bonnes gens dont l’intérêt ne touche nullement les faiseurs de systèmes qui ne se font aucun scrupule de les ruiner à plaisir!...

3Iais lorsqu’on sort de ces théories symétriques, et qu’on vient aux réalités, ce large système industriel se rétrécit singulièrement. S’il est question des progrès de l’industrie, de la protection due à l’industrie, des effets de l’industrie, de l’exposition des produits de l’industrie, à l’instant tous les vœux, toutes les demandes, tous les arguments se concentrent eu faveur des travaux manufacturiers , et l’industrie industrielle, si j’ose m’exprimer ainsi, ne voit qu’en elle-mènie la richesse et la liberté du pays.

Bizarre prétention, si souvent démentie par l’histoire ! .l’ai déjcà reconnu que les progrès de l’industrie ont contribué à l’affranchissement des hommes; mais il n’en est pas toujours ainsi, et ses bienfaits ne sont pas sans mélange ! Le premier essor des manufactures en France date de l’administration de Colbert; la seconde époque de leur prospérité date du règne de Napoléon, dont le système prohibitif ruina l’agriculture au profil de l’industrie. Or, je le demande, ces progrès de manufactures, sousLouisXlV et sous Napoléon, n’ont-ils pas escorté le despotisme politique le plus complet? N’ont-ils pas été contemporains de l’anéantissement radical du citoyen devant la toute-puissance (lu monarque? Et n’a-l-onpas vu, sous le dernier.

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à peu près toutes les populations manufacturières soutenir l’absolutisme impérial, précisément parce qu’il les enrichissait ?

Si nous remontons jusqu’à Colbert, nous verrons quel reproche ce grand homme mérite pouravoir encouragé les manufactures plus que les ressources de l’État ne le perraeltaient alors; car il n’est pas toujours vrai que le développement de l’industrie manufacturière augmente la prospérité agricole, en lui procurant une plus grande consommation. Cela se voit sans doute dans certaines circonstances, comme nous en conviendrons bientôt: mais cela ne découle pas de l’industrie elle seule ; cela dépend de bien des accessoires que nos économistes ont tort, ont mille fois tort de dédaigner.

Ainsi, par exemple, sous Colbert, les manufactures furent protégées, mais l’agriculture fut dans la détresse. Il ne faut pas en voir la cause dans les malheurs généraux qui affligèrent la France pendant les dernières années de Louis XIV; non, c’est pendant l’époque la plus brillante de ce règne, qu’un certain nombre de terres étant tout à fait abandonnées, ce grand ministre se crut obligé de défendre aux propriétaires, par une loi expresse, de laisser une terre sans culture, déclarant que celui qui serait dans ce cas, devrait renoncer à ses autres possessions; réglement absurde qui, par une disposition injuste et coërcilive, croyait vaincre la nature des choses ! Sous le régime impérial, nous avons vu la plupart de nos vignobles rester également incultes, malgré la prospérité des manufactures; mais alors on ne voulait pas nous obliger de les cultiver par force : au contraire, le gouvernement nous aurait volontiers encouragés à les arracher, pour s’épar-

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gner l'ennui de nos plaintes. L’une de ces mesures vaut bien l’autre. Dans le moment actuel, le mal n’est pas encore au même degré, sans doute; mais si le système qui nous dévore continue, nous y parviendrons rapidement; et c’est alors que nous dirons que la paix nous est plus fatale que la guerre !

Je prie mes lecteurs d’excuser cette digression , qui n’est pas étrangère à. notre sujet, et j’y rentre sur-lecbamp.

Oui, sans doute, diront nos honorables adversaires, le Nord s’enrichira par les faveurs accordées à Paris; mais le midi de la France et les ports de mer n’y perdront rien : loin de là! ils participeront à l’augmentation d’activité que l’accroissement de la richesse fera naître en France. De vieilles idées prises de l’ancien système d’économie commerciale, les aveuglent. S’ils étaient au niveau des connaissances actuelles, ils comprendraient facilement la frivolité de leurs craintes.

Voyons donc comment nos habiles contradicteurs s’efforcent de nous démontrer que c’est pour nous enrichir plus lard, que provisoirement ils veulent s’approprier nos affaires.

Et d’abord, disent-ils, c’est une grande erreur de croire que, dans les relations commerciales des peuples et des individus, les uns ne puissent gagner sans que les autres n’éprouvent une perle équivalente : tous peuvent et doivent s’enrichir simultanément. Le système exclusif, les traités de commerce calculés pour l’avantage de l’un et pour la ruine de l’autre, la théorie entière de la balance du commerce, que chaque gouvernement s’efforce de faire pencher de son côté, sont des mots vides de sens. Les ri-

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chesses sont uniquement produites par le travail. Chaque année les nations consomment une portion de ce qu’elles ont produit. L’excédant de leur production sur leur consommation, forme l’accroissement de leur richesse. Les peuples qui produisent le plus et qui consomment le moins, sont ceux qui s’enrichissent le plus promptement. En dépit des échanges qui s’établissent entr’eux, cette proportion subsiste forcément. Que chaque peuple garde pour soi l’excédant de ses produits sur ses consommations, ou qu’il l'échange avec les produits des autres, il n’aura jamais pour résultat, en bénéfice, que l’équivalent de cet excédant. Les nations n’ont donc qu’un mo 3 'en de s’enrichir : travailler et économiser. Une nation s’enrichit tout aussi bien en gardant ses produits pour elle, qu’en les vendant au-dehors : peu importe à la France que les vins de Bordeaux soient achetés par des Français ou par des étrangers; le résultat est le même pour la fortune publique.

Or, il suit de là que toute mesure qui a pour effet d’activer le travail d’une portion des habitants d’un pays, influe indirectement en mieux sur la destinée de ceux qui n’y participent pas directement; car plus de richesse dans les uns, leur donne évidemment plus de moyens pour acheter les produits des autres; enrichissez la population manufacturière, elle paiera mieux et plus facilement les produits agricoles : au lieu de les vendre au-dehors, vous les vendrez au dedans ; l’État n’y perdra rien, et les populations y gagneront plus d’aisance et de bonheur.

Mais cela n’est pas tout, ajoutent-ils; il est impossible qu’une vaste portion de territoire s’enrichisse, sans qu’une activité générale se manifeste dans l’État; les arts perfcc-

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tionnés domiont leurs produits à meilleur marehé, et les propriétaires eux-mêmes profitent de eel avantage, quoiqu’au premier coup d’œil ils eussent paru sacrifiés aux industriels. Que rétablissement de l’entrepôt <à Paris ouvre pour le nord de la France une nouvelle source de prospérité, elle rejaillira ainsi sur la France entière.

Examinez, continuent nos contradicteurs ; examinez avec quelle défaveur toutes les améliorations ont été accueillies successivement par les intérêts privés qui s’en croyaient froissés! Lorsque la presse fut inventée, tous les écrivains copistes, classe alors nombreuse, s’écrièrent qu’ils étaient perdus; cependant la presse, par l'extension du commerce de la librairie, occupe maintenant cent fois plus d’ouvriers qu’il n’existait alors de copistes. Quand des machines qui économisent les bras sont inventées, aussitôt la population ouvrière crie qu’elle est sans pain; et cependant, par l’effet de l’activité que donnent au commerce des produits plus perfectionnés et moins coiiteux, après un certain laps de temps, il emploie plus d ouvriers qu’il n’en employait avant l’invention des machines. Toutes les fois qu’une industrie nouvelle s’établit, les industries préexistantes se croient menacées, et assiègent le gouvernement de réclamations ; les villes, les provinces, les chambres de commerce elles-mêmes sont en émoi. « Lors- » qu’on commença à fabriquer des cotonnades en France, » dit M. Say, Amiens, Rheims, Beauvais représentèrent » leur industrie comme détruite. Quand vint la mode des » toiles peintes, toutes les chambres de commerce se mi- » rent en mouvement : Rouen peignit la misère qui allait » assiéger ses portes. Tours fit voir les députés de tout le » royaume dans les gémissements, Lyon parla pour ses

» fabriques, etc., etc. »; en un mot, les jilaintes furent universelles : cependant, aucun des malheurs qu’on prévoyait n’arriva, et l’on connut ainsi le peu de valeur de ces réclamations, dans lesquelles, observe M. Dunoyer,

« la sottise le disputait à l’iniquité. »

Eli bien ! les circonstances actuelles sont semblables : les malheurs que redoutent les provinces agricoles et les ports de mer sont chimériques; de même que les ouvriers souffrent momenlanément par l’invention des machines; de même que les fabriques souffrent momentanément par l'introduction d’une fabrication nouvelle, de même les négociants des villes maritimes auront momentanément à souffrir de la nouvelle concurrence qui naîtra de rétablissement de l’entrepôt à Paris; mais, uue fois entrés dans la nouvelle carrière ouverte à l’activité nationale, ils profiteront eux-mèraes de l’accroissement de la prospérité publique, comme en ont profité ceux qui se plaignaient à diverses époques, et dont nous venons de citer l’exemple.

Telles sont les doctrines qu’on nous oppose : elles sont un tel mélange d’erreurs et de vérités, elles sont tellement en dehors de la question à laquelle on les applique au moyen des plus fausses inductions, qu’il faut un peu de temps pour débrouiller ce chaos. Si nous voulions approfondir toutes les matières qui y sont entassées, deux cents pages ne suffiraient pas; néanmoins, commençons par le plus pressé ; dans les paragraphes suivants, nous compléterons ce que nous ne pouvons qu’ébaucher dans celui-ci.

La théorie générale des économistes sur la production des richesses est exacte; les objections qu’ils en déduisent contre la balance du commerce sont vraies ou fausses, se-

Ion le point de vue sous lequel ce sujet est considéré. Nous reviendrons sur cet objet qui ne se lie pas intimement à la discussion actuelle.

Je conviens aussi que deux peuples, ou deux portions du même peuple, peuvent s’enrichir simultanément par leurs relations commerciales. Il n’est certainement jamais entré dans ma pensée de dire qu’on ne pùt enrichir la moitié de la France sans ruiner l’autre moitié. Mais nos contradicteurs seront aussi forcés d'avouer que, dans certains cas, un peuple s’enrichit aux dépens d’un autre peuple; ils ne peuvent contester que, souvent aussi, telle province s’enrichit par les mesures qui ruinent une autre province.

D’accord sur la théorie, c’est donc le point défait qu’il faut éclaircir. Or, le point de fait est ici très-certain; le Nord accroît rapidement ses richesses, et le Midi languit. Il ne faut donc pas s’épuiser en raisonnements scientifiques pour prouver le contraire de l’évidence : la question n’est pas de savoir s’il peut exister un système d’administration qui favorise également le nord et le midi de la France, mais bien de savoir si le système qu’on suit réunit ces avantages; or, il est très-positif qu’il ne les réunit pas.

Quant à savoir s’il est aussi avantageux pour une nation de chercher en elle-même le débouché de ses produits que de les exporter, elle est très-grave, elle peut être envisagée sous le rapport des richesses et sous le point de vue de la politique; des deux cètés, elle présente des motifs de décision également puissants. La place nous manque pour l’examiner ici ; mais afin de ne pas compliquer la discussion , supposons celle question incidente décidée

QUESTIONS u’eCONO.MIE I’UULIQUE.

dans le sens de nos coiUradicfeurs, toute la difficulté entre nous sera de savoir si, à défaut de l’exportation agricole que nous fait perdre leur système, l’accroissement de richesses que les populations manufacturières du Nord trouveront dans l’établissement de l’entrepôt à Paris, nous fournira des débouchés pour notre agriculture.

Dans un article que j’ai publié, il y a déjà longtemps, je crois avoir prouvé que le système actuel prive l’agriculture de nos provinces méridionales de débouchés intérieurs tout autant que de débouchés extérieurs, ce qui est la principale cause de la misère où nous languissons. Tout est lié au mode et à la quotité de l’impôt ; le mode et la quotité de l’impôt sont liés aux funestes conceptions, aux prodigalités, aux exigences de la politique, au crédit public surtout, dont le mécanisme destructeur épuise les extrémités de la France, et nous sommes renfermés dans un cercle vicieux, auquel, je l’avoue franchement, je ne vois en ce moment aucune issue.

L’établissement de l’entrepôt à Paris remédiera-t-il à cet état de choses ! Vraiment, je croirais insulter au bon sens de mes lecteurs, et même à celui de nos adversaires, si je discutais sérieusement une pareille question. Que l’accroissement d’activité, donné aux manufactures des départements qui environnent Paris, y augmentât l’aisance de la population, de telle sorte que les produits agricoles se vendissent plus facilement dans un rayon d’une certaine étendue, je le concevrais, encore en limitant beaucoup cette concession ; mais à cent cinquante et deux cent lieues de distance, nous sommes dans le même corps politique, sans être liés par les mêmes relations intimes, sans rapports journaliers et fréquents quant à l’achat de

QUlîsriONS I^ÉCO^iOMlE l'UBLIQUE.

nos produits : ce qui serait vrai d’un petit État, est imperceptible sur une échelle d’une telle étendue, et lorsqu’on pense en outre à la masse énorme des récoltes que fournit la fertilité de notre sol, il faudrait être atteint d'une véritable démence pour en espérer le débouché dans l’accroissement des richesses que la faculté d’entrepét entassera dans Paris ; c’est l’agriculture du Nord de la France qui en profitera à peu près exclusivement.

Cette consolation qu’on nous présente est donc tout-àfait vaine et chimérique; celle qu’on nous fait espérer dans la faculté que les propriétaires auront d’acheter les produits manufacturés à meilleur compte, est-elle mieux fondée? Pas davantage, à mon avis.

D’ahord, il faudrait être convaincu de la position fâcheuse où sont maintenant les propriétaires dans nos départements; on saurait que non-seulement la plupart n’ont pas de revenu, mais que même ils sont en perle sur leurs frais de culture. Si quand il est question d’innovation en économie politique et en finances, le gouvernement ou les chambres ordonnaient une enquête sur l’état du pays, il ne serait pas difficile de citer tel vignoble payé deux cent mille francs, il y a sept ou huit ans, et qui, depuis cette époque, en outre des intérêts de ce capital, présente plus de cinquante mille francs de perte, en excédant, de frais de culture sur la vente des récoltes. Or, je le demande, quand le mal est à ce degré quel adoucissement peut-il recevoir dans la diminution du prix des objets fabriqués, dont encore la plupart sont des objets de luxe? Et ne nous vaudrait-il pas mieux que nos propriétés donnassent le revenu convenable, dussions-nous payer les produits industriels un peu plus cher? Mais il

QUESTIONS ü’eCONOMIE PUBLIQUE.

ii’eii serait point ainsi; car en adoucissant le système prohibitif, l’étranger nous fournirait certains produits industriels à meilleur compte que nos fabricants, ou du moins ces derniers seraient forcés, par la concurrence, à baisser les prix. En cet état de choses, nous aurions le double avantage de bien vendre nos récoltes, et de nous approvisionner à bon compte des objets qui nous sont nécessaires. Et n’est-il pas dérisoire de nous vanter le bon marché de nos produits industriels, lorsque le droit des fers à lui seul, sur les neuf cent vingt mille charrues employées par nos agriculteurs, leur occasione une augmentation de dépense qui représente une somme énorme, d’après l’aveu même des maîtres de forges, et une perte an moins égale par renebérissement des autres instruments aratoires?

Mais, eu admettant même que l’établissement de l’entrepôt à Paris fit baisser le prix de certains produits industriels, il faut savoir dans quel sens celte baisse aurait lieu. On distingue deux industries : celle qui produit les objets de luxe, et celle qui produit les objets d’utilité; or, toute mesure qui augmente la centralisation des capitaux sur un seul point, y augmente nécessairement le luxe; toute mesure qui, au même instant, prive les capitaux de revenu et de production sur un autre point, y accroît la misère. Il résulte de celle progression inévitable et contraire, que certaines populations peuvent satisfaire leurs caprices et leurs fantaisies dispendieuses, tandis que d’autres ne peuvent avoir le nécessaire, sans entamer leurs capitaux; et comme l’industrie, poussée par l’intérêt personnel, dirige toujours ses efforts vers la fabrication des objets quelle vend le plus facilement, il advient d'un tel

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état de choses, que c'est l’industrie de luxe qui augmente, e( que l’industrie d’utilité est comparativement moins active. Tel sera l’effet du système qui contribuera de nouveau à l’accumulation des capitaux dans Paris. C’est l’industrie de luxe et le luxe lui-mème qui prendront un développement désastreux. Bel acheminement, en vérité, vers l’amélioration de la morale publique! Et qu’importe, à nos propriétaires ruinés , les progrès d’un luxe que certes ils ne peuvent partager?

Voulez-vous, au contraire, que l’industrie soit réellement bienfaisante? Suivez la marche opposée : au lieu d’attirer les capitaux et l’activité au centre de l'Étal, répandez-les sur toute la surface; plus leur distribution sera égale, moins il y aura de luxe et plus il y aura d’aisance. Alors l’industrie d’utilité prospérera, et les moeurs s’amélioreront. Ce n’est point la richesse qui corrompt les peuples , c’est l’inégale répartition de cette richesse ; concentrer les succès de prospérité sur un point du territoire, c’est corrompre une portion de la nation par sa fortune, et l'autre portion par sa misère. Et si des masses on descend aux individus, on verra que c’est dans des considérations de même nature qu’on trouve la preuve de la profonde immoralité du droit d’aînesse et des substitutions; de tout système, en un mot, fondé sur la grande propriété; ce qu’on n’a pas assez développé, ce me semble, quand on a discuté le rétablissement de ces deux institutions antiques et barbares.

(ILKSTIONS r)’KCO^■OMlE l’UnLUII E.

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