‹ Questions d'économie publiqueChapitre 5 sur 21 · S VI · texte numérisé non relu

S VI

Etiipports inoi'itiix.

Poursuivre une discussion avec intérêt, avec fruit; pour éviter toute fausse interprétation et des milliers d’objections sans justesse, il faut commencer par préciser nettement la question qu’on veut éclaircir.

Je n’ai jamais eu l’intention de contester à 31. Charles üiipin l’inappréciable avantage des progrès et de la diffusion des lumières, personne plus que moi n’est convaincu que l’homme est fait pour la civilisation, et que la di-

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guité (le sou èlie est toute dans sa pensée ; la doctrine contraire me parait à la ibis stupide et presque sacrilège.

Mais, venant à Tapplication du principe, il m’a paru que M. Ch. Dupin lui donnait une mmeralite et une rigueur absolue qui doit produire un résultat dilTéreut de celui qu’il cherche. J’ai trouvé les preuves et les exemples mal choisis. Je u’ai pas cru que la prospérité des peuples dépendit uniquement du nombre de leurs écoles, et j’ai fait voir que la décadence des départements du Midi avait bien d’autres causes que les causes indiquées par l’illustre prolesseur; des évènements qui ont changé les rapports commerciaux du monde; des institutions d’économie politique qui produisent encore plus d'elTet que les évènements; des combinaisons linancières dune irrésistible inlluenee, ont siiccessivement ou simultanément agi contre nous. Je n’ai ni assez de force, ni assez d’études, ni assez de talent pour achever le tableau dont j’ai seulement tracé l'esquisse, et cependant j'avoue avec franchise (jue le simple exposé (jue j'ai fait me parait propre à porter la conviction dans tous les esprits impartiaux : tant est grand le pouvoir de la vérité.

J’admirt! les vastes connaissances de M. Dupin; j’honore son zèle et ses vues philanthropiques. Ses travaux doivent lui acquérir l'estime des hommes éclairés et généreux; cependant je crois qu’il suit une méthode éminemment fausse en philosophie. Je crois que l’application des sciences exactes aux arts mécaniques, occupation habituelle du savant académicien, l’a induit très-mal à propos à chercher les vérités intellectuelles et morales jiar des procédés mathématiques qui n’ont aucune prise sur elles. On n'aboide point ainsi les hautes régions de l’ànic.

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Suuiiiellie aux calculs arithméliques les lumières, le boiilieur et les vertus de riiorame, c’est une entreprise folle, (le quelque gravité scientilique qu’on parvienne à l’eiilourer.

L’examen du second rapport de M. Dupin m’a conlirmé dans cette sincère conviction. Après avoir tenté de prouver, dans le premier, que les richesses des peuples croissent en raison directe et nécessaire du progrès de leurs lumières, il cherche à prouver dans le second , (jii’il eu'est de même des qualités morales; Je sorte que les peuples les plus instruits et les plus riches seraient toujours les plus vertueux.

Selon M. Dupin l’opinion, contraire est un paradoxe, .l'en conviens; mais celle-ci,expriméeavec une généralité absolue, u'est-elle pas tout aussi paradoxale et tout aussi fausse? L'histoire des temps passés et l’expérience du temps présent ne s’élèvent-elles pas de tous cé)tés pour la démentir? La conscience humaine ne crie-t-elle pas à haute voix que si les peuples ignorants et pauvres sont souvent malheureux et barbares, les peuples civilisés et riches sont presque toujours vicieux et corrompus?

M. Dupin ne s’arrête nullement à l’examen de la question théorique; et cependant en fut-il jamais de plus importante et de plus complexe! 11 me parait évident que lanalyse la plus simple lui aurait prouvé que cette question était mal posée, et par conséquent insoluble. Les connaissancH's bumaines sont de nature tellement différentes, que leurs effets doivent être nécessairement différents, tant sur le bonheur matériel des peuples que sur leur moralité. En comparant ces différences avec les dissemblances de climats et d’institutions politiques, avec les

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lüitalités el lu genre d industrie qu’elles coiu|Jürleut, on serait, ce me semble, parvenu à introduire quelque clarté dans une discussion qui, jusqu’à présent, n’a été qu’un chaos d’assertions et de faits contradictoires.

L’honorable académicien n’a point agi ainsi. Son système était tout fait. Il a procédé de suite à l’application, et s’est borné à chercher, dans la statistique de la France actuelle, des rapports numériques qui pussent en démontrer la justesse.

Cette manière de procéder est par elle- même peu philosophique. M. Dupin avait pris rengagement de prouver que le nord de la France était plus moral que le midi. Or, examiner les faits dans le dessein avoué de les faire cadrer avec un système arrêté d’avance, c’est s’exposer à les analyser sans impartialité, à les regarder sous une seule face, à faire violence aux réalités pour les forcer à produire la démonstration désirée, et j’ose dire que M. Dupin n’a pas évité cet écueil où tant d’autres observateurs ont échoué avant lui. Voici le résultat de son travail ;

Il a divisé la France en deux sections de quarante-trois départements chacune; il a suj)pulé le nombre d'enfants qui fréquentent les écoles dans l’une et dans l’autre; il a calculé ensuite le nombre des enfants naturels qui naissent dans ces deux régions de la France, et il a trouvé que, dans les quarante-trois départements du Nord, où les écoles sont plus fréquentées, un nombre déterminé d’adultes produit vingt-neuf enfants naturels, et que, dans les quarante-trois départements du Midi, où les écoles sont moins nombreuses et moins suivies, le même nombre d’adultes produit trente et un enfants naturels. Ce résultat numérique, ont ajouté les panégiristes de M. Dupin.

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sul'lit |Jüiu' résoudre la question de rinflueuce de l’ins- Iniclion sur la moralité.

Je suis, je le confesse, frappé d’étonnement, et du genre de l'argument, et plus encore de la conclusion !

Et remarquez, d’abord, que Dupin ne suit plus la division qu’il avait établie dans son premier rapport. Il avait d’abord déclaré éclairés et riches trente-deux départements du Nord; ignorants et pauvres cinquante-quatre départements du 3Iidi. Voilà maintenant qu’il divise la France en quarante-trois départements studieux et en quarante-trois départements illettrés : or, je le demande, cominciit se reconnaitre dans une confusion pareille? Voilà donc des départements du Midi qui passent dans la section du Nord ; des départements ignorants qui sont transformés en départements éclairés ! Est-ce là suivre une marche constante et logique ?

Sans attacher trop d’importance à cette irrégularité, je dirai avec raison, ce me semble, qu’on doit avoir peu de fui à certains calculs statistiques. Outre que de pareilles pi’cuves ne sont pas vérifiables, et qu’il faut s’en rapporter forcément à celui qui les énonce, on doit réfléchir qu’elles reposent sur des faits variables par leur nature, et presqu’impossibles à préciser avec exactitude dans un vaste pays comme la France. Ces calculs peuvent servir à établir des probabilités et presque jamais de véritables certitudes.

-Mais enfin, probable ou certain, le rapport de vingtneuf à trente et un, dans le nombre des enfants naturels comparé au nombre des adultes, suffit-il à trancher la question? Et d’abord quel rapprochement existe-t-il entre le nombre des entants envoyés à 1 école et l’incontinence

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de l’àge viril? Aucun. Les écoliers d’aujourd’hui, quand ils seront hommes à leur tour, pourront être plus moraux en raison de l’éducatiou qu’on leur donne, c’est ce qu’oii verra dans l’avenir; mais les populations qui produisent aujourd’hui les enfants naturels ont été élevées il y a longtemps. C’est donc dans le rapport du nombre des écoliers, il y a dix ans, vingt ans, trente ans, qu’on devrait chercher des arguments, et encore n’auraient-ils aucune valeur !

Effectivement, quand nous admettrions qu’on eût vérifié le nombre des enfants envoyés à l’école à l’époque qni a fourni la population virile d’aujourd’hui, et que ce rapport fût le même que celui des écoles actuelles, qu’en résulterait-il? Voilà donc cette grande question, cette question immense de la moralité des peuples, résolue, parce qu’il y a dans une moitié de la France quelques écoles de plus, et quelques enfants naturels de moins! Voilà doue celte importante théorie réduite à une ihèse de chasteté ! Qu’on raisonnât ainsi dans un couvent de moines, au onzième siècle, je le concevrais; mais au sein de l’académie des sciences, au dix-neuvième siècle, j’en suis profondément surpris!

Eh quoi! vous voulez comparer le moral des hommes, et un quinzième d’enfants naturels de plus ou de moins vous semble l'indice mathématique des vertus et des vices de deux grandes populations ! Vous oubliez l’influence du climat du Midi, vous oubliez toutes les causes accidentelles ou médicales qui peuvent exister! Vous oubliez que, dans l’étal actuel de la société, l’union illégale des deux sexes est sans doute un degré de corruption, mais que c’est le moins grave de tous ! Vous oubliez que l’entrai-

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iiemcnl (le la jeunesse, les égarenienis de ramour, sont plutôt des faiblesses que des vices! Vous oubliez que les populations les plus corrompues sont souvent celles qui produisent le moins d’enfants naturels! En vovez-vous sortir beaucoup des lieux de prostitution de la capitale et (les grandes villes? N’est-il pas bien extraordinaire que, (le calculs en calculs, vous arriviez cà ce résultat (qui aurait arrêté tout autre qu’un matbématicien), que le quartier du Palais-Ifoyal est un des quartiers les plus moraux (le Paris(l)?Et si,détournant les regards des hideux mystères de la police et de la débauche, vous les portez vers les fautes individuelles, que verrez-vous presque toujours? l ue lille pauvre, ignorante et séduite; un homme riche, (‘clairé et corrupteur ; est-ce là un bon argument pour voire thèse?

Et si, comparant les divers quartiers de la capitale, vous découvrez plus d’enfants naturels dans la classe pauvre que dans la portion riche de la société, la raison n’en (ist-elle pas sensible? Le genre de vie, les travaux des jeunes filles des classes inférieures, ne les exposent-elles pas à des occasions continuelles qui n’existent point dans la haute société? N’y a-t-il pas dans celle-ci une surveillance de la part des parents, impossible dans la classe laborieuse? N’y a-t-il pas des convenances et des usages sociaux qui imposent aux hommes un respect dont ils se croient affranchis envers la beauté indigente et sans appui ?

Toutes ces supputations d’enfants naturels comparées au nombre des écoles ne prouvent donc rien en elles-mê-

oliESTIONS n'ECONOMIE PLW.1QUE.

mes. Mais quand elles prouveraient que les peuples civilisés et riches sont plus chastes que les peuples simples et pauvres (ce que personne n’a osé que je sache avancer jusqu’à présent), la continence renferme-t-elle donc toutes les vertus civiles et politiques? L’incontinence constitue-t-elle tous les vices et tous les penchants immoraux? L’adultère, l’agiotage, la violation des serments, l’égoïsme, la dureté de cœur, l’ingratitude, l’avarice, la dissimulation, l’improbilé politique, l’infàme espionnage, l’amour du jeu, la soif du pouvoir et les crimes qu’elle fait commettre, sont-ils donc des points peu importants quand il s’agit de comparer le moral des hommes? L’amour fidèle, l’amitié dévouée, la fraternité dans le danger, le patriotisme, la charité, la reconnaissance, l’hospitalité,sontce donc des vertus tellement inférieures à la continence, qu’il ne doive point en être parlé? Vous croyez avoir résolu la difficulté, et vous ne l’avez seulement pas entrevue; ou si vous l’avez vue, vous l’avez dédaigneusement écartée! La raison en est simple : c’est qu’ici l’arithmétique était impuissante. Apprécier le moral des hommes avec des chiffres, est une véritable dérision. On appelle cela simplifier une question. Je pense, moi, que c’est singulièrement la rétrécir et la fausser, et c’est une bien grande erreur de croire qu’on peut traiter matliématiquement la philosophie morale.

Je bornerai là cette discussion. Il n'est aucun de mes lecteurs qui ne voie de lui-mème que l’argumentation sur le nombre des enfants naturels, effleure à peine la matière, et ne prouve rien contre la moralité des habitants du Midi. Je sens quelque pudeur à m’appesantir ainsi sur les erreurs d’un savant si respectable, et pour ce même

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molil'. je passe sous silence la comparaison qu’il fait rie la longueur moyenne de la vie et de l’accroissement comparé de la population, dans le nord et dans le midi delà France. C’est toujours la imhne pétition de principes, le même anachronisme ; c’est toujours une singulière et constante disposition à n’attribuer qu’à une seule cause, des effets complexes produits par mille causes diverses. La partie du travail de M. Dupin qui traite des rapports littéraires, est encore plus fautive selon moi, mais elle doit nécessairement être l’objet d’un examen particulier. Je veux terminer celui-ci par quelques réflexions générales (jiii indiqueront la marche qu’on devrait suivre pour apprécier l’influence de la civilisation, de l’industrie et des richesses, sur le moral des peuples.

Dans l’état actuel de la société, ce qui frappe de suite l'observateur le plus superficiel, c'est évidemment le bienêtre que les progrès de la civilisation ont introduit chez les populations européennes. Cette amélioration matérielle s’est accrue successivement dans la même proportion que le développement de l’industrie. Aussitôt, frappés d’admiration et d’enthousiasme pour cette nouvelle divinité, tous nos raisonneurs se sont prosternés devant elle! Autrefois injustemeut dédaignée, elle commence à devenir, à son tour, toute puissante et dédaigneuse. Toutes les supériorités morales de la société sont sacrifiées à son idole. On n'a pas rougi de dire et d'imprimer « que toutes les « capacités sociales doivent être subordonnées aux capa- » cités industrielles ! » Quiconque n’est pas enrégimenté dans l’armée industrielle, est ignominieusement traité d’être inutile, de propriétaire oisif! Et la meilleure cause, la cause sacrée du travail et de la liberté, se trouve indi-

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gnement ridiculisée par le fanatisme de la nouvelle école, qui a inscrit sur ses bannières : Hon l’industrie, point de salut !... Triste exemple de l’inconséquence de l’esprit humain, qui, perverti par les intérêts ou les passions de quelques chefs, passe continuellement, et presque sans intermédiaire, d'un extrême à l’autre, inattentif qu’il est aux conseils de la raison, aux avertissements de l’expérience !

Sans doute l’industrie, développée par l'application des sciences aux forces de la nature, est une des grandes sources du bonheur des peuples; mais tout rapporter à cette cause unique, est nue des plus grandes erreurs qui puissent détruire ce bonheur lui-même. Les puissances morales de la société, sous la protection desquelles l’industrie trouve son existence et sa sécurité, sont en dehors de l’industrie elle-même, et dans une sphère bien autrement élevée, bien autrement influente ! Comparez le corps social au corps humain ; sans les aliments de chaque jour qui nous soutiennent, notre vie s’affaiblit et s’éteint.— Concluerez-vous de là que le pain nécessaire au maintien de notre existence, est le principe vital qui la constitue? —De même, l’industrie fournit des aliments à la vie sociale qui, sans elle, s’éteindrait et ferait place à la barbarie; mais elle n’est pas le principe vital de la société.— En partant de ce simple aperçu, dont je crois impossible de contester la justesse, vous verrez combien est mal posée la question de savoir si les développements de l'industrie favorisent ou détruisent la moralité des peuples; car de même que l’aliment le plus sain, le plus substantiel, peut apporter les plus graves désordres et même la mort au corps humain mal disposé, de même les produits indus-

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li'icils qui SLM’venl d’alinients à la vie sociale, au lieu (ravoir une inllueuw! lavoralile, peuvenl, si le corps social est mal organisé, augmenter les désordres moraux qui l; Iroubleiit. et y introduire de nouveaux motifs de décadence !

Si maintenant on veut résoudre la question de l'inlluenci' de la civilisation, de l’industrie, des richesses qui en résultent, sur le moral et le bonheur des peuples, quelle immense carrière est ouverte au philosophe studieux! Il sentira de suite que la question n’est pas soluble dans sa généralité; qu'il faut spécifier de quel peuple on parle: (|U il faut examiner ses lois politiques, ses lois civiles, sa position géographique,sa religion, son tempérament,ses passions, ses qualités naturelles : car je ne sache pas qu’un médecin puisse connaître les aliments et le régime qui conviennent à son patient, avant de s'ètre lendu compte (le son organisation et de son étal, lixaminons un seul (les mille côtés de la question.

Ainsi, par exemple, je iivempresse de reconnaître que la richesse sociale est, en elle-même, une chose bonne et ulde. Si cependant, comme il est impossible de le contester. si cependant les peuples riches sont évidemment les plus corrompus, en conclurai-je que leur richesse est la source de leur corruption? Point du tout, je sentirai que ce n’est point la richesse, mais le mauvais emploi de cette richesse qui corrompt la moralité des peuples. Et d’où vient principalement le mauvais emploi de cette richesse!’ De sa mauvaise et fautive distribution, de l’inégalité qui s'introduit entre les hommes par la relation directe et immédiate de l’extrême opulence et de l’extrême pauvreté; de telle sorte que les passions et les vices du riche ont ■2"" l'Aia. 10

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toujours à leurs ordres les passions et les vices du pauvre, doublement dégradé par sou assujettissement et par le désir qu’il a d’imiter le luxe dont il est la victime; dé-ir (|ui le pousse au crime, horrible et seule industrie qui puisse le mettre promptement en possession des jouissan- <'es corruptrices qui exercent sur son imagination umr tentation constante et terrible !

S’il se trouve donc qu’un peuple soit si malheureusement encadré dans les formes sociales, que celte inégalité dans les fortunes augmente continuellement en raison des l)rogrès de sa civilisation, je dis qu’il est impossible que sa corruption morale n augmente pas dans le même raj)port. Si, par le mécanisme de votre économie politique et de votre industrie financière, vous concentrez les richesses et vous augmentez l'inégalité de leur distribution, vainement vous me vanterez vos lumières, les talents de vos artistes, le génie de vos ouvriers, la force toute puissante de votre crédit : plus ces causes agiront, mises en action par votre zèle et par vos travaux, plus la gradation morale du peuple s’accroîtra; et si, pour comble d’inconséquence, les vices politiques se joignent à la mauvaise organisation sociale; si, en reconnaissant que l’administration ministérielle ne peut maintenir son système qu’à l’aide de la vénalité et de la corruption, vous mettez néanmoins en ses mains l’instrument le plus puissant que la corruption ait jamais inventé ; si, pour satisfaire de vaines théories de crédit, vous livrez par anticipation, aux caprices du pouvoir, l’accroissement encore à naître de la fortune publique, seule divinité qui reçoive nos vœux... alors les paroles me manqueront pour peindre à la fois l'excès de votre aveuglement et l'excès de ma douleur ci-

LICSTIONS

viqiKî, je m’écrierai, (iésespùraiil de l’avenir ; .Malheui- ,111 peuple qui compte t.TUt de .savants, tant d’orateurs, tant de bourgeois, tant d'artistes, tant de cliers-d’nmvre, et qui li a pas un liomme d’Èlnl! ! !

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