‹ Questions d'enseignement de philosophie scolastiqueChapitre 20 sur 21 · Seconde édition, Fribourg 1909 et · texte numérisé non relu

Seconde édition, Fribourg 1909 et

L'Université Grégorienne.

Il serait difficile do trouver, après l'époque des grandes Universités du Moyen-Age, une école de science ecclésiastique ayant joui d'une aussi grande renommée que le Collège romain, ou. comme on dit aujourd'hui, l'Université Grégorienne. Fondé par saint Ignace de Loyola dès 1051. c'est-à-dire quelques années seulement après l'établissement définitif de la Compagnie de Jésus, limité d'abord à quelques cours de belles-lettres et de langues anciennes (latin, grec, hébreu), presque aussitôt complétés par des cours de Philosophie et de Théologie (i553), le Collège voit bientôt les élèves affluer dans ses classes, de hauts personnages lui accordent leur protection et les Souverains Pontifes eux-mêmes prennent en main ses intérêts. En i55C, Paul IV lui donne le pouvoir de conférer les grades philosophiques et théologiques * ; en i58i, Grégoire XIII lui procure un terrain et fait construire le majestueux édifice qu'on admire encore : il envoie le Cardinal Philippe Buoncompagni poser en son nom la première pierre, et, en juin i582, venant lui-même visiter les travaux, il trouve les premiers murs bâtis trop à l'économie, les fait renverser et ordonne qu'on réédifie avec plus de solidité et de splendeur. Par humilité il refuse qu'on donne son nom au nouveau bâtiment ; mais dans l'opinion de tous c'est lui qui est le véritable fondateur.

Et l'histoire du Collège romain se poursuit, toute constellée de noms illustres. Innocent X, Clément IX,

1. Ce pouvoir, d'abord limité aux scolastiques de la Compagnie et aux élèves du Collège Germanique, est en i56i étendu à tous les élèves qui fréquentent les cours du Collège Romain.

2l4 PIIlLOSOmiE SCOLXSTIOUE

Clément X, Innocent XII, Clément XI, Innocent XIII, Clément XII ont été ses élèves*; parmi ses professeurs il a compté des humanistes comme Perpinien, Tursellini et Sacchini, des savants comme Clavius, Schreiner et Kircher, des théologiens comme ïolet, Bellarmin, Suarez et Vasquez.

A la fin du xviii® siècle la suppression de la Compagnie de Jésus par Clément XIY fait passer le Collège en d'autres mains; pendant cette période troublée, sa prospérité est naturellement moins grande. Rendu en 1824 à la Compagnie restaurée, il reprend aussitôt sa marche en avant et occupe une place brillante dans le mouvement de rénovation des études catholiques; il donne à la science un Secchi, à la philosophie un Tongiorgi et un Palmieri, à la théologie un Perrone, un Franzelin, un Mazzella 2.

Peu après l'invasion piémontaise de 1870, le nouveau gouvernement voulut enlever le Collège aux Jésuites; mais il dut céder à la pression de l'opinion publique 3, et tout en gardant le bâtiment ancien, il

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