Philosophia, p. a6 sgq
2. « Igitnr haec est ratio quae me movit ut eam Philosophiae partem, quae solet vocari metaphysica, vocarem ego philosophiam enlis; ac eamdem philosophiae naturae seu illi quae vocari solet physica praemitterem, quasi prophysicam, non metaphysicam. Et vero, ut hoc etiam addam, ea mihi futura est physicae vera clavis, ejus nimirum arcana ut reserat, id est patefaciat in rébus quid vere sit physicum ac reale, quid logicum, quid intentionale, quid imaginarium, quid raodum sapiat conci-
On peut difficilement rêver plus de confiance en la synthèse.
Le mot de Philosophia enlis que, en 1678, Maignan dit former lui-même, est bien proche du mot Ontologia. Et, de fait, voici ce dernier qui apparaît en 1681 dans la Philosophia vêtus et nova de du Hamel *. Le titre de l'ouvrage a son sens précis: la Philosophia vêtus, c'est la « philosophia contentiosa, in scholis trita » ; la Philosophia nova, c'est la « philosophia quae experientia et observationibus constat » : il les faut unir. Dans sa première édition (1C78), du Hamel avait suivi l'ordre ancien ; dans la seconde, il met la métaphysique (ses trois parties, qu'il appelle Onlologia, JEiiologia, Theologia), après la logique et avant la physique. Pourquoi.^ parce que logique et métaphysique traitent des matières si voisines qu'une déli-
piendi nostrum, quid modum ipsum essendi rerum. » (Cursus philosophiae. Pars secundo. Préface, p. 5i. Lyon, 1G73.)
I . C'est à du Hamel qu'il faut, ce me semble, attribuer la paternité de ce nom et son introduction dans l'enseignement. Wolff, qu'on en donne souvent comme l'auteur, et dont l'Onlologia ne parut qu'en 1780, ne fit que le populariser. Leibniz le connaît déjà, et l'emploie au moins une fois, mais sans paraître y attacher d'importance (Gouturat, Opuscules et fragments inédits de Leibniz, p. 012. Paris, iqo3) : «... Ontologiam, seu scientiam de Aliquo et Nihilo, Ente et non Ente, Re et Modo rei, Substantia et Accidente » ; le fragment n'est pas daté. Hagemann (Elemente der Philosophie, t. II, Metaphysik^, p. 8. Fribourg, iSgS) le fait remonter à Job. Clauberg, philosophe allemand, qui répandit dans son pays les idées de Descartes et que Leibniz trouvait plus clair que le maître lui-même; mais son ouvrage est intitulé Ontosophia : Principia Philosophiae sive Ontosophia et scientia prima de iis quae Deo creaturisque suo modo communia atlribuuntur. Duisbourg, i656. Ces recherches d'un mot nouveau pour désigner une science nouvelle, du moins quant à sa place et à son rôle, sont assez caractéristiques.
l'enseigmement de la métaphysique scolastique 49
mitation de frontières est impossible ; l'essai qu'on en a fait a été malheureux : « La meilleure part de la dialectique, bien plus, la physique tout entière sont entrées dans la métaphysique; en sorte que cette science générale qu'on appelle aussi philosophie première, détrônée par ces autres disciplines, est contrainte d'errer un peu partout. C'est pour les esprits des étudiants une source de confusion et même d'ennui: partout on les embarrasse de questions métaphysiques, éloignées du concret * ? n Et voici le remède : la métaphysique étant la plus difficile des sciences, il y faut, plus que partout ailleurs, suivre la marche recta et naliiralis, c'est-à-dire la synthèse, qui procède par « assemblages » de notions, qui va du simple au composé, commence par les idées les plus universelles pour aboutir aux plus complexes ^^.
Chose curieuse ! cet emploi du procédé synthétique dans l'enseignement est appuyé sur le même principe d'où l'ancien pcripatétisme avait tiré la conclusion opposée : la métaphysique est la plus difficile des sciences; donc, avaient dit Aristote et saint Thomas, ne la proposons pas aux commençants; faisons-la trouver au terme d'une analyse laborieuse, moins laborieuse sans doute, moins embarrassée de marches
) . « Nam pars dialecticae raelior imophysica ipsa tota in metapliysicam abiit : adco ut scientia illa generalis, quao prima q\ioqiie philosophia dicitur, sede sua puisa per alias disciplinas vagari cogatur. Quod sane magnum discentium ingeniis confusionem, imo et molestiam aiTert : cum ubique metaphysicae et a scnsibus remotae qi'iaestiones obtrudantur. » (Philosophia vêtus et nova ad usum scholae acrommodata, in liegia Burgundia olim pertractala... Editio novissima juxta exemplar Parisiense 1681. Nuremberg, 1682. Préface.)