DE L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE
m Amijs^mmR et m ëgqssb
Les écoles publiques dont il est ici question sont des fondations particulières, dotées de manoirs, terres, dîmes, etc., quelques-unes très anciennement. Winchester date de 1387 ; Eton, de 1441 ; Oxford, Westminster, Harrow, Rugby, Shrewshary, Merchant Taylor, Saint-PauL sont du seizième siècle. Quelquefois la dotation se trouve, par reflfet des circonstances, s'être accrue considérablement. Le rapport cite Rugby, foiidé sous Elisabetb, et recevant, comme dotation, une tçrre de huit arpents, à un demi mille du mur de Londres ; le revenu de ces huit arpents, qui éjait de 200 fr. à
^ R«jppQr( adressa » M. le Ministre de l'iostrucUos publiq[U9 par Mm. J, Demogeot et Montucci. — Un volume in-S», Hadietto.
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rorigtae, était, en 1807, de 50,800 fr. et a continué de s'accroître.
Le mot d'écoles publiques risque donc de tromper ; ce sont simplement les plus renommées des écoles privées. L'Etat n'est pour rien dans leur création et leur organisation; il se borne à les reconnaître, à les constituer personnes civiles par l'octroi d'une cbarte de corporation. Elles se rattachent i deux sortes de sociétés : à des collèges ou à des fidéiconunissaires. Le collège qui dirige une école est une association d'instituteurs émérites, ecclésiastiques, qpii se recrutent comme nos Académies, et jouissent en commun de certains revenus comme un couvent. Les fidéicommissaires sont des laïques, plus ou moins étrangers aux études et qui administrent un établissement. n faut donc, quand on parle des écoles publiques d'Angleterre, quitter toutes nos idées françaises d'unité, d'uniformité ; le Rapport dit très bien :
Il en est de Téducation nationale en Angleterre comme de toutes les institutions de ce pays ; eUe ne se présente pas, au premier regard, comme un système, comme le développement logique dHine idée, d*un plan préconçu, mais comme le produit bizarre de plusieurs forces diverses et souvent contraires ; c^est, en apparence, un ensemble purement fortuit de traditions, d'usages plus ou moins raisonnes, d'améliorations locales, d'innovations hardies ou ti-
mides, le tout abandonné à Tinitiative individuelle dans une complète abstention de Tautorité publique. C^est une ville bâtie sans alignement donné, où les maisons se placent à leur gré et se moulent selon leur caprice.
Et voici encore ce qui nous met loin de la France :
Les écoles publiques sont presque toutes placées loin des grandes villes, à la campagne, dans un site agréable, près d'un cours d'eau, au milieu de vertes pelouses, de collines boisées et de larges horizons. L*école anglaise est un hameau dont les divers bâtiments, dispersés çà et là, se groupent dans un désordre capricieux et pittoresque autour de l'édifice qui contient les salles de classe. Ici est la chapelle ; tout à côté la bibliothèque, ouverte toute la journée aux élèves ; plus loin, les jeux de paume, les vastes terrains destinés au ballon, au cricket.' Voilà la maison du principal ; voici la demeure des boursiers (si l'école a des boursiers internes) ; tout autour, enfin, les maisons des professeurs (assistant masters ) , jolis cottages de briques entourés de pierres, avec les balcons vitrés, qui forment, par leur superposition, de gracieuses tourelles. Tout cela est riant, heureux ; tout cela respire la paix et l'absence de contrainte. On peut dire littéralement ce qu'un barde gallois disait du palais d'Arthur : « Il n'y a point de portier. »
Achevons ce tableau de mœurs, pour nous fort étrangères. Il n'y a point de maîtres d'études ; en dehors des classes les élèves jouissent d'une en-
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tière liberté : ils Tônt, vieûtiêût eomttie il leur plaît ; chacun a son che2 soi, où il reçoit quand il lui plaît et qui il lui plaît.
Les écoles n'étant chargées que des classes, à qui sont remis les élèves? Aux directeurs des pensions et à eux-mêmes. Les pensions sont groupées autour des écoles ; elles sont autorisées par le principal, et en proportion du nombre des élèves de l'école : Eton en a 300, Harrow, 524; Rugby, 4d6 ; le nombre des en£ants qu'elles reçoivent Varie de quelques--uns à une quarantaine. La vie est la vie de famille, les auteurs du Rapport ont vu deux jeunes û\le& de dix-sept à dix'^neuf ân« présider èhacune une tablé de huit ou dix écoliers de leur âge. Quelques-unes de ces pensions «ont tenues par des dames. Ordinairement» pas toujourg) le dir^teur de pension est répétiteur [tutor'); ordlnsdrement aussi, c'est un professeur de l'école, et le principal lui-môme se £adt souvent directeur de pension et tuteur. Quand le directeur est tuteur, o*est lui qui surveille les travaux des élèves. Quant à la surveillance sur la conduite, ce sont les écoliers qui l'exercent :
Les gramdfi, ou plut6t les élèves des hftttes classes^ les moniteurs, prepositors, préfets, sontior vestis légalement du pouvoir et en maintiennent én«rgictu«méttt les droits. Leur fdneitoii n^ rléH tfoï
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saute respionaage; ils ae ioai de rapport ni eu prin. dpal ni au maître de pension; ils punissent eux-mêmes ou par un pensum ou par des coups de baguette appliqués réglementairement, soit âtir la main, soit sur le dos. A cet effét^ ils portent quelquefois> comiûe les centurions romains, la canne, symbole de leur puissance. Leur juridiction n*est pas salis appel. Dans les écoles bien organisées, le coupable qu*elle menace peut d*un mot suspendre le coup, en invoquant un jugement en cassation^ soit de la part des moniteurs rassemblés, toutes cbambres réunies, soit de la part du chef de rétablissement. L'appel a lieu quelquefois, mais il est rare que la sentence soit cassée, parce qu'il est ralre qu'elle soit injuste.
Le principal seul a le droit et le devoir de fouetter, et il s*en acquitte en personne. Mais, dans la plupart des cas, il fouette de confiance tout enfant qui lui est envoyé par un professeur. Dans certaines écoles, il y a un registre de punitions. L'enfant dont le nom y apparaît trois fois est fouetté sans rémission. Au troisième avertissement, le pantalon est supprimé. En principe, tout élève, de quelque âge qu'il soit, est sujet à ce châtiment puéril ; en fait, on ne l'inflige guère qu'aux divisions inférieul*es.
En France, l'opinion publique n'admet pas les peines corporelles ni surtout le fouet, qui ne subsistent plus que dans quelques établissements attardés; de la diBolplîne exercée par les ëlètes, ttotts n'avons que le pouvoir des moniteurs daûs les écoles primaires, pouvoir bien modéré, qui s'exerce surtout par des aTértitsentènts et ne va
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que jusqu'aux mauvais points ; enfin, quel que soit le système de discipline anglais, ses défauts se combinent avec des qualités : il est chez les enfants un apprentissage du self govemment^ qui réussit assez bien aux hommes ; mais rien ne justifie Tinégalité établie entre les élèves payants et les boursiers. Chez nous, les boursiers sont exactement sur le même pied que les autres élèves ; ils ont la même considération de la part des maîtres et des élèves et mêmes soins. Cela n'est pas dans toutes les écoles d'Angleterre ; il n'y a pas vingt-cinq ans, les boursiers d'Eton y étaient comme dans une sorte de pénitencier; costume à part, place à part dans la chapelle, jeux à part, ont longtemps marqué la distance entre eux et les élèves payants. Ils paraîtraient aussi chez nous d'étranges boursiers, ceux qui auraient à ajouter de leurs fonds 1,520 fr., 2,000 fr., 2,500 fr. Heureusement le Rapport constate que leur situation va s'améliorant tous les jours.
Le Rapport nous révèle une autre inégalité, celle-là tout à fait injustifiable et barbare :
C'est une sorte de service domestique que les plus jeunes élèves doivent aux plus avancés, et qu'on désigne sous le nom de fagging. Cette obligation est indépendante du rang social et de la fortune ; tout élève au-dessous d'une certaine division
est serviteur (fag) ; tout élève de la première classe, tout moniteur, préfet, etc., a droit au service d'un ou de plusieurs enfants ; il est le maître (master). Le service du fag consiste à faire des commissions et messages pour son maître, à le servir pendant son déjeuner et son thé, à lui faire rôtir son pain, sa cliarcuterie, à brosser ses habits, à épousseter sa table, à porter ses livres en classe, à réveiller le matin à l'heure qu'il a indiquée la veille, à assister à ses jeux, souvent pendant deux ou trois heures par jour, pour courir après ses balles et les lui rendre, enfin, à se tenir à ses ordres pendant son travail, toujours prêt à accourir, à répondre quand il l'appelle. Le service des façs n'est pas même limité à la personne de leurs maîtres ; ils sont, dans certains cas, les serviteurs collectifs de toute la grande classe, qui use et abuse à son gré de leur temps. Il arrive que le fag, quand il n'est pas très actif, après avoir fait déjeuner les autres, n'a pas le loisir de déjeuner lui-môme ; que ses récréations se bornent à ramasser les balles de ceux qui jouent, et que ses études sont sans cesse troublées par les appels réitérés des grands élèves.
Pour appuyer cette domination, il y a une échelle de punitions corporelles, et, comme le dit le Rapport, il résulte de ce système un véritable régime de terreur. Il n'est pas, Dieuhierci, partout, mais il est quelque part , ce qui est infiniment trop. On le croit à peine, le principal du collège de Westminster n'a appris cela que par l'enquête royale.
fieposoBS-uous de ces tristes détails. Toi^our^ par le principe d'éducation convenable à un pays de vie publique et de responsabilité personnelle, les élèves ont des cercles où ils s'exercent à parler et à discuter ; leurs moniteurs rédigent des jouxv naux, dont plusieurs ont duré jusqu'à deux volumes ; la bibliothèque de Técole est leur propriété; iU forment des sociétés de jeux» d^ musique, d'IUs^ tolrê naturelle, d'exercices militaires. Les jeux qui développent la force et l'adresse du corps : paume, ballon, canotage, course, cricket, ont une large part dans l'éducation anglaise^ les jeux sédeataives sont interdits; jouer aux cartes peut devenir un cas d'expulsion. Deux ou trois fois la semaine, l'après-midi tout entière est consacrée aux exeiv cices physiques ; pour les concours d'Oxford et de Canibridge, sur la Tamise, on se prépare longtemps à l'avance par des épreuves et par un régime.
Toute cette éducation est excellente pour foiv mer la volonté ; « il n'est pas rare, dit le Rapport, » de voir un jeune homme, presque un enfaati an ^> sortir des bancs, devenir sans transition un chef, » un homme d'affaires et un homme des plus ca- » pables. A l'époque de la guerre de Crimée, un » officier supérieur écrivait à l'un des professeurs )> d'Ëton : « Je vous remercie des jeunes gens que » vous nous envoyez : ils semblent tous savoir par
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X) instinct 06 qu'il y a de mieux i faire en chaque » chose, et ils ne font jamais un pas indice d*un » gentleman^ Un de ces en&nts fût cliargé, six se^ » maiaes après avoir quitté l'école, du soin de » âUre passer six cents hommes de Malte au siège » de la guerre. Il s'en acquitta avec un bon sens et » une sagesse qui surprirent tout le monde. H » a'vait été capitaine de bateau à Eton. »
L'instruction dans les écoles a longtemps été l'inirtruGtion de luxe, l'instruction littéraire, avec les exercices de luxe, comme les vers latins et les vers gPQO» ; c'est dans cette forteresse scolastique qu'il y avait à faire pénétrer des études plus vivantes et pft» pratiques, par un travail semblable à celui qui s'est fait chez nous. La pénétration a été lente et incomplète. L'histoire et la géographie n'ont pas d'enseignement comme le nôtre, pas de pvoflssseurs spéciaux ; à Wincfaest^, cet ens^gnement n'existe même pas : à Bton, il n'existe que dans les classes inférieures. La philosophie est renvoyée aux Universités. Les mathématiques, d*iûUeurs assea mal vues dans les grandes éc^es mtéraires, sont d'importation récente. Â Eten, avant 183S) c'était un maître d'écriture qui enseigM^t les âiémentf^ du calcul ] oe n'est qu^à cette époque qu'il y «ut un vrai professeur, et encore son eiieeig&mieBt élait-il fiicuitatif ; i! n*est devenu
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obligatoire qu'en 1851 ; il Tétait à Harrow depuis 1837. Les sciences physiques et naturelles sont fort dédaignées : il n'y a pas de chaire attribuée à l'enseignement de ces sciences, on se contente d'avoir de temps à autre, des séances de physique amusante ; pourtant le Rapport constate que Rugby revient de ce mépris. Les langues vivantes ont eu à se faire leur place. L'étude du français s'est introduite à Rugby en 1800, et en une cinquantaine d'années elle a gagné .d'autres écoles ; elle ne fait partie intégrante du cours d'Eton que depuis la visite des commissaires royaux. L'étude de l'anglais est en général peu favorisée. A Harrow et à Rugby, plus avancés en cela, il y a des compositions en prose et en vers ; nulle part d'histoire littéraire. Il n'est fait mention ni de la musique ni du dessin. Achevons sur ce système d'études en disant que la classe n'est, à proprement parler, qu'une répétition, et que la vraie classe a lieu chez le tuteur, qui corrige et, au besoin, fait refaire les devoirs. Nous avons vu que le Rapport louait vivement le système anglais d'éducation, comme ime éducation de la volonté ; quaiit au système d'instruction, le Rapport contient un grand nombre de réserves. H approuve qu'on fasse beaucoup d'explications du grec et du latin ; il a raison de le dire : « Le meilleur commentaire d'un auteur est l'auteur lui-
même » ; pourtant il reproche à rexplication d'être trop grammaticale, pas assez littéraire, et, quand elle est littéraire, de viser moins à former le goût et le style, à donner des modèles exquis, qu'à fournir des textes, pour l'ornement de l'éloquence. C'est dans la nation le môme sentiment qui était chez Bentley. Voyant un jour son flls attaché à la lecture d'un roman, il lui dit : « Pourquoi lisez- » vous un livre que vous ne pourrez pas citer ? » L'absence de la philosophie et la médiocrité de l'enseignement historique produisent des effets sensibles môme aux maîtres anglais : ces deux études fournissent un fonds d'idées qui ne se remplace pas ; puis l'usage exclusif des dissertations, sans Texercice des discours, ôte de la variété à l'esprit et empoche l'essor de Timagination.
L'enseignement des sciences s'adresse plus à la mémoire qu'à l'intelligence ; il vise plus aussi à la pratique qu'à former l'esprit scientifique : les traités d'arithmétique regorgent de questions, dont la réponse est à la fin, et les traités d'algèbre sont riches d'exemples et pauvres de règles générales ;' quant à l'enseignement de la géométrie, il est une démonstration très curieuse de ce qu'il y a chez les Anglais de respect pour la tradition. Il n'y a de géométrie que la géométrie d'Euclide, qui est apprise par cœur ; si un théorème important, auquel
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fiaclide n^avait pas son^^ figure» il nepre&d place que parmi les problèmes^ aôB de ne pas âérai^fer Tordre coanu. En France, nous sommes un peu plus préoccupés de former Teeprit scientifique par les sciences, et un peu plus émancipés de la tradi^ tion : nous nous mettons à Taise même avec Eû^ dide.
Nous avons essayé de donner une idée de Tédu^ cation et de Tinstruction secondaire datts les écoles publiques d'Angleterre, renvoyant le lecteur àu Rapport même, qui est partout plein d'intéi*èt. On doit commencer à comprendre les difficultés qu€ MM. Demogeot et Montuoci ont rencontrées^ Chex nous, toutes les écoles de TËtat sont organisé!^ sur le même modèle : on sait, à une heure donnée,
ce qui se fait dans toutes les ^classes de TUniveN site ; en Angleterre, les écoles publiques ont diacune leur système, et ce système èât Compliqué de méthodes anciennes et nouvelles, tes anoienaes n'étant jamais entièrement abolies par les hoxh velles; de plus, les écoles publiques d'Angletertrc ne sont pas ouvertes à qui désire y entrier ; <c fat » visite de chaque école exige un siège fen th^, » et la citadelle ne capitule pas toiyturs )». Lorsque, en 1862, une commission d'enquête sur Tadministration de Tensei^ièment des grandes écoles publiques a été formée par ofdre de la reine et c^Aa*-
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podée dlkommes émlnente, les commissaires ont pu interroger par écrit ôt de TlYô toix les dlrecv teurs et les professeurs, mais ils n*ont pas pénétré dans rintérieur des classes : sept écoles sur néiuf ont refhsé de leur communiquer les compositions écrites. On voit dans cpielles conditions MM. Demogeot etMontucoi ont eu'à fbire leur étude. Quoi*- Qu'ils se louent de la complaisance qulls ont ren- «iHfttrée en plusieurs endroits, ils ont eu à se reconnaître dans la complication des régimes dos éc6lés et à se reconnaître dans les énormes volumes de renquéte^ Us s> sont foH bien reconnus. Bn oe qui coiioeme les lettres, nous ayons reftwité ici avec grand plaisir, l'esprit si net et pâiétraût et la plume ingénieuse de M. Demogeot.
Le Rapport s'étend plus sur TAngleterre que sur l'Ecosse, qui a été visitée moins à fond. Nous i4*Sr pi^enons pas, pour le moment, œ qui regarde les écoles pratiques ; nous nous contentons d^avertir qu'Q so ftit en ce sens un mouv^tnent sérieux Al&s les deux pa^^s, surtout dans le dernier, et il est ctirleux de voir par quels moyens on y prévient les inconvénients de la liberté individuelle. &fttfn, on lira les Conclusions sur les réformes qu'il contiendrait d'Introduire dans nos collèges. Pour n^tf e compte, nous voudrions exposer quel-
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ques idées que nous suggère cette étude de renseignement classique en Angleterre. .
Sauf quelques traits qui s'effacent de jour en jour, le tableau que nous avons présenté paraîtra chez nous très séduisant : ces collèges sans portes et sans maîtres d'études, avec la liberté des champs, produisent l'effet d'un El Dorado universitaire, qui plaira singulièrement à nos écohers et même à l'opinion publique, très irritée contre le régime monacal de nos écoles ; on ne serait pas loin de fonder une Université de Thélème, avec la" devise de la célèbre abbaye : « Fais ce que veux. » Sans utopie, examinons ce qui est possible, car la plainte n'est, par malheur, que trop juste. Les collèges de l'Université ont été fondés à une époque où on n'avait guère l'idée du confort ni de la nécessité des exercices corporels; ils ont été logés comme bêla s'est rencontré, dans les bâtiments disponibles, qu'on a appropriés tant bien que mal à leur nouvel usage. Un grand nombre de ces bâtiments étaient d'anciens couvents, qui ont peu changé de destination. Tandis que ces maisons demeuraient à peu près dans leur état primitif, le public a été pris de nouvelles préoccupations : il a été de plus en plus attentif au bien-être matériel, à l'hygiène, à la santé, à la vigueur physique, et des maisons qui avaient été autrefois tolérables
paraissent maintenant dans toute leur laideur. Par une réaction naturelle, on tirerait volontiers les enfants des villes, où ils étoufTent, pour les transporter en pleine campagne. L'intention est excellente ; par malheur, il y a des considérations qui ont aussi leur prix, et que nous demandons la permission de présenter.
Voyons les choses comme elles sont. Nous savons ce que gagneraient les enfants à être au sein de la nature ; nous savons aussi ce qu'ils perdraient à n'ôtre plus au sein de leurs familles. Nous ne sommes pas ici en Angleterre. En Angleterre, que l'enfant reste avec ses parents ou qu'il soit confié au loin à des maîtres, les maîtres et les parents n'ont qu'un objet : habituer l'enfant à se passer d'eux; on ne prétend pas le former de toutes pièces sur un modèle convenu ; les idées et les sentiments qu'il aura seront les idées et les sentiments qui lui viendront de son commerce avec ses pareils et de l'expérience, la grande institutrice ; on ne plie pas, on ne dompte pas sa volonté, on le laisse agir, pour qu'il apprenne à agir; on le fait libre, pour qu'il se sache responsable. C'est autre chose en France ; on prétend mettre sur les âmes un cachet uniforme : l'éducation laïque le cachet de l'Etat, l'éducation ecclésiastique le cachet de l'Eglise ; seulement il y a à noter une diflTérence
116 Htt hVʻsrmt}aaam bsodkdaire
i^ïisiâëirablé. Si runiverstté a été fondée ^rec la lûlsisioA expresse âe former d^s hommes teis ^tcte ritepert^ur les voulait, c'est-à-dire, des instrn^ mwts de rBtnpire, et si chaque régime nouteau attend de rtTniversité le môme service, elle ne Fa pas rendu. Composée de laïques, de pères de fat* mille, de personnes qui appartiennent, Aon à xcm Gorporation, mais à un oorps, et qui vivent de la vie de tout le mcmde, d'individus qui n*ont point fiiit de vœux, et à qui leur in&tructian et leurs litres donnentune asse2 fbrte indépendance d*ictôes M de caraotère, elle ne tient que par une juste soor* mission auic gouvernements qui existent, lasai*- Iftant à pï^portion qu'ils lui ressemblent, et rile ne dimne guère aux ènflsuits qu'on lui oonfleque les principes mômes de la société française. Au oon* traire, réducation ecclésiastique va au but immua* ble qui lui a été fixé.
Cette première diflBirence en amène une autre* L*ëd\icati6n laïque travaille de ûoncert avec la fa^ mille, elle a soin que Tenâmt s'y retrempe aans cesse. Gomme elle niiet les parents de moitié dans son ouvraife, elle se plaoe près d'eux dans les villes, elle leur remet les enfimts dans des B(»iiBS fréquentes ; Téducation ecclésiastique, qui supfMé davantage les parents, recherche la campagne, et si des raisons particulières lui font préférer la vHle,
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d^ tnoind les jours de sortie sont t^àfei» où lèd e»*" fialits retrouvent leur ftimîUe.
Ainsi, lors<}ue, dans Uûe étcellentè ihfèûfira, par le désir de procurer de l'air et de rexferolGe ttuit enfants gai en ont tant besoin, on propose de transporter les lycées en pleine campagne, 6n Goblie la nature de l'éducation laïque, qui laisse les enfants en <K>ntact perpétuel avec les parents ; on supposé c[ue, pour Visiter lesi enfants, pour consulter Fadministration et leurs professeurs sKr leurs études et leur i^onduite^ pour tes prendre aui joules de congé, les parents ont assez de loisir DU de fortune» ce qui n*est généralement pas^
Qu'on le sache donc bien : la question de la tiUe et de la campagne pour les écoles- est, en France» ée qu'elle n'est pas en Angleterre^ la que^ tion entre Téducation laïque et l^éducation eccM^ siastique. Cela admis, on peut (^cddîr.
L'éducation ecéléslastique est plus puissante. De peur d'envahir le domaine réservé à la feïniDe, rUniversîté ne prend que la moitié de l'esprit et de rame de l'enfant : elle ne se donne toute libei'té qUe sur la morale et garde une extrême réserve sur la religion et la politique, ne recommandant qUe le sentiment religieux et le patriotisme, sans entrer dans les nuances des confessions et des partis. L'éducation ecclésiastique travaille seule et
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prend Tenfant tout entier : avec l'habitude qu'elle a de la confession et de la direction, elle entre partout et met partout son empreinte ; l'enfant est à elle, elle le fond et le refrappe.
Elle est donc une remarquable discipline ; mais elle produit des effets auxquels il est bon de réfléchir. Quelquefois son action est profonde et Test tellement, pénètre si avant dans l'intérieur, façonne si bien les idées et les sentiments, qu'il n'y reste plus rien qui ne soit à elle. Quand Tenfant rentre enfin dans la maison, la famille est souvent assez étonnée : elle trouve qu'on le lui a changé ; il est parfait, sans doute, mais ce n'est pas le sien. Nous avons vu de ces surprises, surtout à propos des jeunes filles, chez qui les impressions se gravent mieux ; nous avons vu des parents d'opinion très modérée et assez moderne, en politique et en religion, à qui le couvent rendait une fille passionnée pour les idées opposées; contre les raisons qu'on lui présentait timidement pour tempérer son ardeur, elle avait une provision de raisons toutes prêtes, ou plus que des raisons, le silence, qui faisait comprendre aux parents que, s'ils tenaient le corps, l'âme leur échappait. Quelquefois, au contraire, l'éducation ecclésiastique n'atteint que la surface, ne donne qu'un mouvement passager ; le moment où eUe cesse est pour le jeune homme un
moment d'épreuve, et comme elle a appuyé ses règles de conduite sur des principes particuliers au lieu de les appuyer sur les principes naturels, universels, ïe tout flotte ou s'en va ensemble.. Pour que son influence durât, il faudrait qu'elle-même durât toujours, que Tenfant ne quittât pas le milieu savamment composé où il a passé ses premières années ; mais comme l'éducation n'est pas éternelle, il la quitte un jour ou l'autre pour entrer dans la société commune, et il n'y entre pas sans risque, car il change d'air. Dans les collèges de l'Université, l'enfant est, si on l'ose dire, élevé en plein vent, dans le monde ouvert, où les éléments variés de la vie morale coexistent et se tempèrent, depuis le devoir et le dévouement jusqu'à l'honneur vulgaire, dans le monde qu'habite sa famille et qu'habitent les hommes avec qui il vivra. L'éducation laïque est moins puissante que la puissante éducation ecclésiastique, et moins légère que la légère éducation ecclésiastique.
Celle-ci n'est pas toujours du goût des pères, mais elle plaît davantage aux mères. Naturellement religieuses, elles désirent le plus possible des enfants qui leur ressemblent; elles aiment aussi les sentiments doux que la piété développe et qui modèrent la rudesse des hommes ; elles espèrent pour leurs enfants, quand ils sont petits, des ca-
19^ D« X*'lliMSBI01fKBqU(T SSOQNDIAIIUB
f^s$s plw tendres; plus tard, ipguiète^» onne Mwait le leur reiurpoher, dç la grauda crise de la jeunesse, elle9 s'adressent» pour la coqjurer, i toutes les puiasanoes du oiel, comptabti aprè9 un danger passé, qu*il Tiendra d^autres aeoours pour d^autres dangers.
Quand nous parlons d'éducation ecclésiastique, nous ne parlons pas de celle qui se borne à prépa^ rer aux éooles du gouvernement. Evidenmient loi le caractère matériel et prochain du but à atteindre domine tout, le trayail scientifique absorbe tout ; rScole Polytecbnique et TEcole de Saint--Cyr soat mises pour quelque temps parmi les fin^ dernières de rbomme, et la géométrie est placée parmi les vertus. Quant au reste, on se contente de nouer des relations dont l'avenir développera les avan-^ tages pour les élèves et pour la maison.
Revient la question : Si on exclut la pleine cani*^ pagne, que faire pour établir les enfiamts dans de plus raisonnables conditions d'hygiène? Plusieurs partis se présentent : agrandir le collège existant; le transporter ailleurs ; eu créer deux, les deux étant affectés à la fois aux internes et aux exier» nés, ou seulement aux uns ou aux autres ; se ré*' fUgier dans les âtubourgs. Sur chacun de ces points il nous semble qu'il faut m décider sur tteu, diaprés l'état des choses, les ressources et les^ be-
soins, prendre p^tqut conseil des eiroctn^t^no^t Quelque parti qu*on oboisiase^ on trouvfura m» difficulté qu'on aurait évitée en s'y prenant pliw tôt : renchérissement des terrains ; mais on était oooupé ailleurs ; les villes ont eu leurs reyenus absorbés par des travaux de voirie que nécessi^ tiut la nouvelle circulation ; les départements ont bâti des préfectures avec une grandeur dont la célèbre préfecture de Vanne» restera le témoir gnage ; le gouvernement a bâti, des prisons et des casernes. Des événements asses connus VoxA amené à se préoccuper des soldats; raSTectioii qu'on leur portait et les convenances de la stratégia se réunissant, on les a merveilleusement logiés, et les casernes seront sans doute les plus remarquât blés monuments de notre époque* l4es ooUèges n'ont pas été si heureux : les enfants qu'ils enfeP'*maient n'étaient ni militaires ni môme électeurs ; mais enfin l'opinion publique s'émeut et leur tour arrive. Rendons Justice à M. Duruy qui s'efforoe de réparer le temps perdu,
La même réaction qui ferait transporter les oolilèges en pleine campagne fait aussi repous»^ Vm^ temat* Ici encore il est nécessaire de réfléchir^ Envoyer ses enfants externes aux collèges n'est pas une chose si simple que Ton croit Laissûns les exceptions, les enfants raisonnables, les enflants
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qui ne donnent de peine à personne, laissons les familles riches, qui paient un précepteur, prenons les natures et les situations communes, il faut encore plusieurs conditions : que la famille soit dans le lieu où est le collège, que les parents ne soient empêchés de surveiller un enfant, ni par leur santé, ni par leur genre d'existence, par des occupations ou des divertissements obligés, qu'ils puissent les surveiller et qu'ils le veuillent, qu'ils soient répétiteurs de classe, qu'ils fassent réciter les leçons et constatent si les devoirs sont faits, qu'ils renoncent aux plaisirs qui troubleraient leur fils s'il les partageait et l'affligeraient s'il ne les partageait pas, qu'ils règlent l'ordre entier de la maison sur les heures d'études et les mois de vacances, qu'ils aient assez de douceur pour supporter la légèreté des commencements, assez de force pour réprimer les révoltes qui viennent ensuite, assez de sagesse pour mesurer plus tard la liberté. Rien de tout cela n'est facile, et les deux dernières entreprises sont de grandes entreprises. Il y a entre le premier âge et la jeunesse un âge ingrat : la naïveté de l'enfance est partie, et ce que la jeunesse apporte de bons sentiments n'est pas encore venu : ce qui seul surnage, c'est l'amour de l'indépendance, avec l'idée que ce moment est le moment décisif pour l'assurer ; de là
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des résistances qui lassent et usent les mains les plus fermes. Quant à la jeunesse, c'est un bien graye problème d*empôcher qu'elle n'abuse de la part de liberté qu'on lui donne : on n'a pas tout obtenu, si elle ne se maintient que par la crainte du pouvoir des parents, si elle n'ajoute pas à cette crainte le désir de ne pas chagriner leur affection, et un sentiment de dignité personnelle, une certaine retenue, car l'office des parents est d'accoutumer les enfants à marcher seuls sans tomber ou du moins sans se blesser trop. Et comme il importe que la maison soit agréable aux enfants, qu'ils s'y trouyent mieux que partout ailleurs, il faut encore que les parents s'amusent des plaisirs de leurs en^ fants, c'est-à-dire qu'à un âge où ils aiment le silence et le repos, ils supportent, ils appellent le mouvement, le bruit, la vie exubérante de la jeunesse. On avouera que la tâche des pères et des mères d'un jeune externe n'est pas précisément une sinécure, et s'il y en a qui aient le courage de la remplir, ils méritent que leurs fils ne l'oublient jamais. .
Entre l'internat et l'externat, il y a des intermédiaires où la fatigue des parents est diminuée ; tels sont la demi^pension et l'externat surveillé. La plus forte part de responsabilité pour le travail revient ici au collège, puis on se perd de vue, les
peinte» loÉtes- intestines, qcâ mLÎ^mrd dtr cotrlafet perpëtirol,n'ônt pitEs arertant &ooe&eiiên» de se pro* duire, et ratrtorrté étamt^m calîôge, rênÊto* ireiiitre at»o plus de plaisir dans larmafeon.
Ce n'est pas nous qui mafintiên^^oas Tîn^iernat tel qu'il estaetuellemeiïti
Nous avon» paarlé ailleurs- de^Tabu» des grands coUèges. L'^aidlQQiiiiistratioii supérieure lï'âilixEEgtemps demaiïdé à un proviseur que deux cfioses : d^àToir beaucoup d'élèves internes et^ de faire de» économies. Les» économies^ il ne suffit pas- qu'on les fasse, il ftiut encore savoit* mt quoi oncles fait; d'ailleurs, eïles ne servent pas tofujours am collège qui les a faites, piair suite* des= v^irements qu^î s'opèrent entre- les lycées â& l'Etat; Qtiant au nonaifre des éléres lûterûes-, il nouH toucherait davantage s'il n'avait pas pour effet de substitaier à une fânrille un régiment. Ce qui nous iïrtëressej ce n'est pas la prospérité, comme on dît, des établissements de rstat, c'est la prospérM des enfants qui y sont, leur bonne santé, leur bonne instruction', leur bonne éducation. En vérité, que nous importe le' reste ?
Si donc on conserve rMernat, ce'iïe peu^rraétiv qos'â l'une ou l'awfcre de ces^ deux conditions : multiplier les collèges ou dimitmer le nombre dès enfaaits qui y sont enfermés. On démaBdè pourquoi
la muititiRie des eirfatxrtsiinternfésdaiœimî lycéen serakk pas répajt^éstreuniœi^niKffiabre^dei^ mous, comanecelaisG ptatîqaedans çnelqtie» qjaartters de Paris. Nows soimnes prêts à y consentir, pourvu qu'il sert entendu qu'il ne suffit pas de dépiasrer rinternat, qti'il ne suffit pas d'être chef d'instttatiatt pour avoir les qualités qui se trouvent diffidleraeiïtchez un proviseur; Avec cette réserve, le^ système ne nous déplaît pas, et nous serions heureux de^ voir s'élever partout autour des collèges, des pensions où, sous la conduite d'honunes justement estimés, se^ combineraient les deux» régimes du collège et de la famille.
Vient le système anglais de la pension chez un professeur. Quand un professeur reçoit seulement quelques élèves, il n'y a là qti'une extension de la famille, et c'est à lui de voir s'il lui convient, de garder son ménage reslareint et sa liberté, ou de mettre sa maîson sur un plus grand pied, au risque de s'asservir beaucoup et de courir des chances ; mais, s'il entendait recevoir un grand nombre d'élèves, il échangerait son ménage contre une institution, et il lui serait bien difficile de se partager égaleaaent enlre sa maison et sa classe. Quand même il y réussirait, il lui serait malaisé de le faire cmire, de sépaarer tellement en> lui les deux personnes, que l'une ne souffrît jamais de la cri-
196 DE L'ENSBIGNEMBNT SECONDAIRE
tique qui peut atteindre Tautre. SU recule, ce n'est pas nous qui lui conseillerons d'avancer. L'Université a un corps de professeurs très distingué et très considéré, d'une condition de fortune modeste, mais indépendant des familles dont il élève les enfants, entièrement livré aux travaux des classes, ou bien y associant, d'autres travaux qui sont comptés parmi les plus sérieux ouvrages de notre temps ; nous n'avons aucune envie qu'il cesse d'être ce qu'il est et de faire ce qu'il fait bien.
Venons maintenant au régime d'études. Nous avons parlé, dai^s une autre occasion, de Tabus des concours. L'Université ^asse son temps à se couronner elle-même. On n'était pas riche autrefois : on n'avait que les prix de collège, et, à Paris, le concours général des collèges entre eux ; aujourd'hui on a de plus le concours entre les collèges de chaque Académie, le concours entre tous les collèges de France et de Paris. Laissons le concours général de Paris, qui ne mérite plus la haine qu'il a méritée. Il n'y a pas encore trente ans, des agents parcouraient les provinces à la recherche des élèves à concours et les amenaient dans des maisons où ils trouvaient un triste logement et une triste nourriture, qu'ils devaient payer en gloire ; pour être plus sûr du paiement, on leur fixait le prix
qu'ils devaient remporter et on leur interdisait de songer aux autres. Grâce à Dieu, la traite des lauréats est finie, ce système de déformation est condamné, et il se produit chaque année quelques sujets de race, qui sont égaux partout. Dans la province, FUniversité croit-elle connaître par les concours la force réelle de ses établissements? Qui ne sait que le succès dépend de deux hasards : le hasard du professeur, qui est ici aujourd'hui, qui sera ailleurs demain, arguant de son succès même pour être envoyé ailleurs, et l'élève brillant qui s'est rencontré ? Ainsi on risque de décourager ou d'attrister au moins les maîtres moins heureux à qui la fortune n'a pas donné les élèves à succès, ou les maîtres paternels qui, tout en guidant toute la classe, donnent la main aux plus petits pour les faire marcher : on habitue maîtres et élèves à n'envisager que l'éclat d'une journée, au lieu de se contenter de l'estime de leurs juges de tous les jours.
L'Université devrait cesser de s'amuser à ces jeux. Le bon sens dit que, si on tient à se battre, il faut se battre avec l'ennemi. Mais pour cela il faut voir, prévoir et vouloir.
Nous ne sommes pas encore réconcilié avec le baccalauréat, dont nous avons jadis raconté la lamentable histoire. Le baccalauréat, dans son idée
198 DE jJmfmossmasan woom)ÀWs
IKremière, devaitétre le signe d'études^ oonataminôiit suivies et bien faites ; est-il donc oela ? Peraoiu»e n'osera le prétexvdre. Il y a sans doute des étèms t]!ayailleuf» qui, en acheyant paisiblement tews clasfies, arriveot natareUement au haccalauFëat ; mais combien d'autres ne font pas ainsi ! Ou ils négli^nt les études pour le baccalauréat, ou bien ils ne songent ni aux études ni au baccalauréat, et tout à la an ils préparent Texamen par des procédés mécaniques, qui ne sont infailliMes que sur tes proifpectus; ils le pnéparent.p^dantfuelquesanoîs où ils se gorgent de latin, de grec, d-biatoire et de sciences; souvent par suite d'écbecs sucGeasî&, ces qi^lques mois se continuent par d'autres mois d'un travail ingrat 6t dégoûté, pendant lesquels as :Sont ahuris, après lesquels. Us sont abrutis ; c'eut leur mot.
Le baccalauréat était le sigoe des bonnes éfaideis; on a abandonné la obose pour lesjgne. Un lécoliitr qui aurait fait ses classes, en se contentant de ifai^ ter assis sur les banios du collée et d'apprendre ce qu'on ne peut s'empêcher d'étendre ^and ai ia les oreîUes ouv^ertes, cet écolier aproâterait plus qu'un grand nombre de nos écoliers actuels, qui Juraient les classes, justement lets dajsses les plus JtoportaAteSf.Ies dernières, ou qui, daiïs .eelles ob As assisteiat, n'y mmtmit que xLe c^pis, lérmAm^
bacealaoFéat, comptant Tacheter une ^6 de parensse par ledû^âoieetfontcoioime les.péobeui^ endurcig, gui eiwpteflt pour o^ctM^b^ lei}i« ;péchés pa««és sur une booxie âa.
Au lieu de voir âettooibeiit ce faî est, radmûxkitratiou s*ol)stiiie à Féfonner le.faaioealauTéat, et^ae n'a-t-'eUe ïmis eeeayé? Oa «e rappelle le Dsot du roi de Naplea Ferdîoaad à scm mûiifitre de la gwrre, sur «ea soldats qui ayaieiit Thabitude de làcber pied dey^mt Tiefluaâau : « Habille4e&4eMaîajc, bal>ille*-ks de<riOu^, ils auront toujours. » Le souvierain pourrait dire de même à son mini^dre de rmstruotion pio^liiyue, à propos des bâicheliers : « BoniHie^leur 1^ pro^amme, ne leur en donoe pas, ils n'en sâu- Dont pas dayants^. »
zj)e médiocre profit pour la plupart de «eus: iiui le passent, rexamen du tocctalauréat cause un mal certain à ceusc qui le font passer. On se préoccupe beaucoup depuis quelque taaaps de rensei^emœt Siipérieur ; ^on youebrait âuissi que la France ne se laiiséàt pas d^sasser par tes 3*utreis natioas^s dans tes .gi?ands trayâjua: de tettpes et de!8cîien<3es. An^îmA, eetsdeiAX questions «e tiennent. S'il • est jeartain que renseignement chez nous appelle à lui un grand njoœbre de bons esprits, et renseignement «upérfeur des hommes qui ont déjà donné lieur mesure ou font concevoir de hautes espérances, il est^uAsi
SOO DE L'ENSBiaNEMENT SECONDAIRE
certain que, pour produire des ouvrages dignes d'eux, ces hommes ont besoin de deux choses : la liberté dans leur enseignement et . des loisirs. La liberté dans l'enseignement, nous savons combien elle a été restreinte pendant longtemps par l'administration, et combien elle l'est encore par les partis qui la regardent comme ennemie ; quant aux loisirs, les professeurs de toutes les Facultés des départements et de Paris sont privés de leur loisir naturel : on leur prend deux ou trois mois, chaque année, pour le service du baccalauréat, sans compter une foule de services accessoires, d'inspections, de corrections de compositions de concours, etc., etc. On semble craindre que, s'ils viennent à n'avoir rien à faire, ils ne se mettent à songer à mal. On cherche des hommes pour les grands travaux de lettres et de sciences, et on commience par ne pas se servir de ceux qu'on a : on les emploie à faire des bacheliers, et quels bacheliers* !
Revenons aux élèves et aux classes. C'est une singulière idée de forcer des écoliers à marcher ensemble pendant dix ans, parce qu'ils ont cotnmencé ensemble et que les âges sont plus ou moins
* Un étranger^ étonné de nous voir employer des hommes souvent d'une grande valeur à ce pauvre travail des examens, disait finement : ■ En France, vous vous servez de rasoirs pour couper du bois. > (Note de 1878.)
voisins, sans tenir compte de l'ardeur et de la vigueur de Tesprit, qui permettent aux uns de faire à la course des étapes que d'autres font à petits pas. On dirait qu'il y a dans les collèges, comme dans l'armée, des levées, des contingents, des classes, qui prennent et quittent le sac le même jour. Il nous paraîtrait juste de permettre à chaque élève de gagner du temps par son travail, de concourir pour passer d'un cours inférieur dans un cours supérieur, et de se classer lui-même par sa volonté. Le principe de la libre promotion,* appliqué dans plusieurs écoles d'Angleterre et tout à fait conforme à l'esprit de cette nation, nous semble bon à transporter en France.
Nous voudrions aussi qu'on renonçât à envisager une classe comme une unité indivisible, comprenant des cours de lettres, d'histoire, de sciences mathématiques et physiques, unité qui contraint un élève à suivre des leçons diverses, auxquelles il n'est pas également prêt quand il est au niveau des unes, au-dessus des autres ou au-dessous ; un élève arriéré dans les lettres et avancé dans les sciences devrait pouvoir étudier avec ceux de sa force, s'exercer avec ses égaux, au lieu de marquer le pas pour attendre que les plus faibles rejoignent.
Viendrait encore une réforme que nous croyons
202 BE i^BsmicnmÊBmi sboondai^e
confveiiable. fôans roi^âjiîLmUim^ai&tiidiie.la YoLooté des parents ue compte pas : elte rue s'exerce qu*AiBe fote, à FeatPëe de la pliilosophie^ à rembraiid]^ mentqui sépsure ies études iaatliématîq[ue6,élémâ)iitaii^es ousiipérieumB, des étudais Utiéra^es ââsaisoniïiâes de quelque somoe ; au moment où il 4e fait, comiEe on dU en laiï^gage de cJtoQamde fer, un changement de voie, qui diri^ ime partie des jeunes gens Tens Les Ecoles Polytechnique, Centrale et de Saint-^Cyr, Ce moment de litoerté, qui est accoidé aux parents, est imique pendant 4is. ans «t ne dure qu!une minute : après qulls ont décidé pour la droite ou pour la gauche, tout est dit, dt leurs fils sont repris par le système infleîsiWe q^ les promue bon :gré mal gré dans les enseignements qui fosrmentiune idasse ou une année. Pourquoi tes (parents n'^uralent-^ils .pas plus de liberté? Pourcpioi ne ohoisiraient-ils .pas mitte les coui», pmnant ceux qulis croient préférables à Tespirit de leurs enfants étudies à lenr avenir, du droit âe leur responsabilité qui est mssz naturelle et assez grave, plus grave et plus naturelle, après tout, 4|ne œlie de rUniversité? L -Université sie monfa»e géoé- Kalem«iQt très raide avec les parents, qui risquât de :tix)ubier son oi\dre régimentalDe et ses chàros classifications ; mais, à le bien prendre, elle tf«$t ishai^éeque d'offrir un ensemUevGompaot de leçons
iitm. faites., avese ks cosimls «que soaexpériwoe
lui fournit pour eoi^diiire rintelUgeoiee <ie3 enûti^
WiB peut, ai elle veut, i^eikiser des prix à. ceux qui
ne s^uiveut pâB les-inà^es qu'elle impose ; mais elle
devz^tt être moixbs anu^areuse Ae runifoirmMé,
ètïie plus souple, se ppôter mieux aux mouyemeilts
4e8 en£aiKte ^^ dee familles. Nous n'ayous pas la
.pi^te&tion de vivre ajssez pour voir s'accomplir
♦<a©B terribles réformes ; nous croyons pourtant
que 'tout lie restera pas toujours itel qu*ii eat;aii-
Jowd'tmi.
Svœ le choix des obi^eis de Teziseiguement et êtes exer^ioes prati^uiés dauus tes classes, nous n'ayons paig, ce semble, baauicoup à prendre aux Anglais ; &è 9ont Buoc.BJx Gontraire, qui de rapprochent de ttius. Ixmjœ enâeîgnemient, jadis uniquement litië- Mtire, £ait une ^rt de pins en plus grande aux «oienees, etlesâckooesaonide plus en plusensei- ^nées.ànotre &çon ;inQUS youdrions que nos ëlèvee cttoaine les leurs &»ent.ample c^anaissaniae a«^e les «classiques ; maismous ne.j&ommês paiS Wh fioz asEDi jdtes lYers Ja&is pour leur emprunter 1^
* Des versions écrites, très bon es«ai de logique. et de;«lyla ; desinarrations, pourvu ^que les naprations dfbtetoiire sohmt iiistoriqiies, ;et qpe les auires ne àettafident pas qu'on parle 4te ce qpikm ne nonnaK
204 DE L^BNSBIGNEMENT SECONDAIRE
pas ; des discours qui sont un essai des sentiments et des paroles convenables aux personnages et aux situations ; des dissertations scientifiques, littéraires, philosophiques et morales, qui habituent à juger et à raisonner ; des analyses, qui forment à distinguer, dans un ouvrage, ce qui est essentiel et caractéristique ; ces divers exercices alternés forment l'esprit, le fortifient et Fassouplissent. Les Anglais ne paraissent pas les admettre ; les Allemands s'attachent, de préférence, aux dissertations; en France, on fait une très médiocre part à la narration et on n'a jamais paru songer aux analyses, ce qui est un grand tort. L'instruction anglaise a surtout en vue d'orner l'esprit ; l'instruction allemande, de faire des philologues et des érudits ; l'instruction française apprend à composer; nous ne le lui reprocherons assurément pas. Composer n'est pas un art arbitraire ; c'est reconnaître les idées qu'un sujet renferme, les disposer dans leur ordre naturel, donner à chacune sa juste étendue et mettre partout de l'intérêt. Nos Français possèdent assez bien cet art, qui leur a valu quelque réputation dans le monde ; ils auront raison de le conserver. •
Il y a donc beaucoup de bons exercices dans le système imiversitaire ; les autres peuvent s'y ajouter sans peine ; ce qu'il y a de mauvais, c'est le
fanatisme avec lequel ce système est trop volontiers pratiqué : on est si convaincu de son efficacité qu'on regarde aisément comme du temps perdu le temps qui lui échappe, et qu'on ne laisse respirer ni le corps ni l'esprit des enfants. Citons d'abord un défaut, qui n'est pas universel, il est vrai, mais qui est assez répandu encore. H y a des professeurs trop zélés qui multiplient les devoirs ; les mauvais élèves s'en tirent toujours : ils se contentent de donner du travail matériel et le strict nécessaire ; les bons élèves sont accablés : le soin qu'ils y mettent leur enlève tout loisir, entre les classes, le matin, le soir et les congés. Nous avons vu trop souvent des parents dans la plus vive et la plus juste inquiétude, disputant à ces terribles devoirs le repos, la promenade et le jeu nécessaires à leurs fils, surtout dans l'âge délicat de la croissance, ne sachant pas combien cet effort pourrait durer, et calculant les mois et les semaines qui restaient encore pour arriver au bout de ce travail forcé. Et voici un autre défaut, infiniment plus commun. Nous ne craignons pas d'être démenti si nous disons que la lecture est peu favorisée dans les collèges. Elle est facilement regardée comme l'ennemie des devoirs écrits. Les traductions des classiques latins et grecs sont suspectes, parce qu'elles risquent de supprimer le travail des versions et .
des^ esplioatians ; les grands damiqnes français et éûran^rs ooft des> partie» qurparaiâseDjI trop libres d'ei^HTity de mœurs, d'ex^resBion, on trop^ pasmon^ nées, et qnelqn'nne de ces oliijeotîotis porté toirjoiix9 oontre les écrivains Gontemparaîns. On Tondrait donc ne mettre ans mains des élères qne des li-vres^ incontestés, qm fassent uneespèoede oontinxiatiOD de renseignement^ de la dâsse. L!intention est très louable; mais, dans les lectures^, encore y fontil de Tattrait. D'aillôups, combien y a-t^•il de livrer alteoiument incontesté»? A voir le» attaques- dirigées coDftre les cataiogttes des bîbliotlièqiies pop1!^^ lairesy on se doute çpie les catalogues des bilâik)^ tbè^es de collège seraient vigilamm«»t épîé&
Il faudrait se déclarer hardhsxent ami de la lecture et songer auxi bon» élèves ipliiKsi qu'aux mauvais. Ce n'est pa» la. lecture* qui empêchera les paresseux de^ travailler : ils trouveront toujours le moyen» de ne rien faire ; ce ne sont pas non plus lès traductions ^ des aiuteurs grecs et latins qui les induiront à mal : ils auraient' copié la traduction d'un camarade, ils copieront celle d^un mettre, voilà tout» Une fois ce parti pris, on organiserait ooverageusement le service de lalectuï^e; Certains livres seraient tocijoorsFsous lamain^ daiidles clasK ses et les étuâes,etily afurait ^treUes études et la grande Mbliothëque une circulàtmr régulière. Le
BIT ANCELBVEKXB ST Wif ÉCOSSW 26T
clioix de» livue» dJ&TTaitétny ârii avôc tme extrême attention, sans fïmx sonqptileflh, en Tue de seconder une éducation libérale, eti s-iil était attaqué on se contenterait d'aTohr raison;. Dès qfeie ces biblîotUèqnes seraient décidément onrertes, il se trou-* serait des éditeurs poiar y adapter les meilleurs otivrages des bons écrivaine, dt des auteurs pour écrire dans les conditions obligées, comine cela se fait pour les hibliothèepies populaires en ce momentw
Oui, faisons aUuor la lecture: elle nourrit Tes* prit, ^le réveille, die le fait sentira Imi-méme par les néflexioms qu'elle provoque et les plaisirs qu'elle lui donnie; elle apprend, uttle science ! à ne pa» s'ennuyer quand on est seul. Lorsque, déjà afvanoé dans la vie, on s'interroge sur le» causes qui vous ont fait ce que vou» êtes» on. songe avec reooimai&*> sauce à ses maîtres, avec reeonnaissaEbce aijMi auK maîtres nmets qu'on' atppelle' les Uyres ; les pre* miers, s'ils ont bien compris leurtâebe, n'onÉ guère seorvi qu-à faire aimer les seconds^ Je demasoée pardon de parler de nror (on est peut^re perdoint^ nable quand on ne se citepasconmiensadète, mais coanme exemple), je m& reporte avec émotion ausi premières années où je connuençai à aimer les livres; je vois encore j dans la sombre étude oîi j» commandais à des jeunes gens de mon âge, les OOes^
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d'Horace, les Eglogues de Virgile, le Phèdre de Platon, le Prométhée d'Eschyle, qui m'enivraient si bien que j'étais transporté hors de ces murs et de ces bancs dans les champs italiens, aux bords de rilissus et sur les rochers de la Thrace. J'étais déjà pour Prométhée contre Jupiter. J'épelais Manfred, Childe Harold de Byron et V Enfer de Dante, et j'étais fasciné par ces beautés étranges. Je sortis de là non pas artiste, mais amoureux de l'art ; un peu de poésie pénétra môme dans ime pièce de vers latins, qui donna de grandes espérances, hélas! bien trompées. La seconde année d'Ecole Normale, tout occupée par Thistoire littéraire, me rendit les mômes plaisirs qui m'ont bien des fois consolé.
Des devoirs modérés et beaucoup de lectures, voilà ce que nous demandons, pour laisser à l'esprit le temps de respirer ; mais le corps aussi a des droits dont les Anglais sont jaloux et que nous commençons à soupçonner. Les Anglais donc, et déjà beaucoup de Français, s'étonnent qu'on exige des enfants onze heures de travail par jour ; encore, dans le courant de l'année, c'est un travail ordinaire, mais à la fin de l'année, c'est autre chose : à la fatigue des mois précédents se joignent les chaleurs de juillet et d'août; c'est une accumulation de compositions pour les prix de collège, pour les prix
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de concours, pour les écoles, quelquefois avec une addition de baccalauréat. Il y a vraiment bien de la force dans la jeunesse pour qu'on puisse en abuser ainsi : quelques semaines de vacances la réparent ; mais est-on certain d'en avoir abusé impunément et que plus tard, elle ne portera pas la peine de ces violents efforts? Des plaintes s'élèvent de toutes parts, et le sentiment du mal qui est fait à des générations innocentes a inspiré à M. de Laprade son livre éloquent : De V Education homicide^, qui n'est pas un livre de parti, mais de pitié.
On demande des classes moins longues, des récréations plus fréquentes et plus actives ; M. le ministre de l'instruction publique entend ces vœux et se préoccupe de les satisfaire. Y réussira-t-il ? y réussira-t-on? Nous l'ignorons encore. Abréger les classes en les multipliant est facile dans un collège d'internes, où tous les élèves sont sous la main, difficile dans un collège mixte, où tous les externes risquent d'être perpétuellement sur les chemins, entre leur maison ou leur pension et le collège. La question est à Tétude ; attendons ce que l'expérience apprendra. Quant aux récréations, rien déplus aisé que de les multiplier, et c'est quelque chose; mais les rendre plus actives est une chose bien délicate.
^ U9 yolume in-18. Didier.
at il «e suffit fi«g (de wsotaip iponr rénjmhf. ^Um iensourage itai i^paaastîgjie, ^quIûii. lOiatte âiviMs î«iQx à la âuqiiosiii&ndw Mèmm, M q^^àu nette, on ;n*ait pas rair Ab leiB;faii»e ^anuwsi^rparordm: ite
lemaime ailteuir&, tout va ptp nouaite, at la mode OH^ donne jepiekpie&is.les jans: >tiifiBgislUa6 an-bJMr^at \m ienxyim^nlm finvéti&; :soQV0otjnswi6UeorA»Uïe ùe^m pas ji)u«(r,>«iiriaiirt(aaiiS:lô£r48MnBid9â gmoita, oti des ptaisinB lâs ^la uCDnsfËrsatûm piorataseut Js^ seuls GonveoBiâBB. JRemt^âtoa, 'au iliw 4a oairiFcvâr les mÈiajîiB^waM}y9BdmTéafiàBiiom4 y aiimut^ilta^ssi à Gonyevtir hm spureats;, im auâiaes aurtout, (pii jpmmmat à koir iiteJaJba^gltieiPâ0fléatîon{de l!Qpnte- ^Kner 8t lai isti^inBiil; -prèa'd'ellaafi!» ioaiïvarsa- )tii9n,asi lian d» lias Jaiaaer mmST^n 4Uyb«pté -ai^ec leura oamarsd»&. âam iâaote, lolaistiim ^^^M^Uant sentiment qni fait iqn^ëUeBuie pBmfÇvA «s i|parbir^*4e voir leur lâte, iettfisr^enaiimBim^itQm ntîmsnjot pour ®^a ; mais «fitt-^il paisMteiBent aâr QWrpoir •cpiëlquefi^uaefi lepaclairna imtpts janMlon^ Jl y a à Gonclmsade tootiCffla^qneinOTjs^siwnmfliJ^ en Fra«oe, «des Aiuûm publiques d.*iiki|gli^im,dAS ¥a#tes 'es{Maoe9, ém granOs sKamiisoi, rde i}a amdeur, ^de la wivadlté a)«rge:le«piell£S wx lè'yipwtMt on désire y exceller. Ce n'est pas une raison pour ne pas tenter tout ce qui est postula.
BN AîîôL£i:£KIUS ET SN âCQSSE 21 1
la même opinion qui demande les^ réformes dont
vaouâ yenotts de .parler demande aussi une réforme
4aans la dtecipIiBe, Là, il peut j avoir deux exjcès
contraires : 3e .passer de la loi et de la peine en, y
4iiihistituant rinfluance morala, m passer àe Via-
flu^Oice morale en ne gardant qua la loi et la peiae.
.JLa vérité est eiota^ les; deux : il £aut, en fait de
jdijscipliae, demander le nécessaire, rajSBuner et
s'Bji coutdntei!, laisser le reste au libre arbitre, et,
M ^elflua chose y -est utile, Tobtenir par rascea-
daat.personnel. Nous ne vouloi23 pas une régie-
meatatiou arbitraire et tracâ^sière, nous désirons
(pud les jeunes gens sTiabituent à respecter la loi,
et, -à cdté de la loi, à recom^aitre des influences
formées de sagesse et d'affection.
Jln somme, il se fait une révolution en ce moment dans les idées sur réducatioa; on la veut momu régimentaiire et plus humaine : éducation du cofîps et de Tesprit^ avec plus de mouvement dans 4es deux. H y a eu un temps, il n'est pas encore loin, où les enfants en nourrice étaient herméti- •i;piement^nfennés et serrés dans leur maillot; on n'était pas parv^u à les empêcha de crier; mais du reste, gueUe belle organisation ! une tenue excellente, pas de mauvais geste» 1 Tout n'était ipas partout irréprochable, mais les détails étaient sauvés. J.'J. Housseau démaillota ces pauvres pe-
212 DE l'enseignement SECONDAIRE
tits et leur donna leurs mères pour nourrices; beaucoup d'entre eux, une fois grandis, ont été peu reconnaissants et ont maltraité le philosophe à qui ils devaient la liberté de leurs premiers mouvements et la douceur des premières caresses. Cela n'empêche pas que le préjugé est vaincu, excepté, s'il en existe encore, pour les nourrices du bon temps qui déplorent la perte des anciennes coutumes et la folie actuelle qui a mis la licence à la place d'une sage liberté. Elles ont tort. Si les enfants sont émancipés, ce n'est pas pour, longtemps. Ils sont vite repris par le collège, qui les emprisonne dans ses uniformes, les tient assis, muets et immobiles sur ses bancs, sauf une couple d'heures de récréation accordées à la faiblesse humaine ; au sortir du collège, ce sera quelque autre uniforme, toujours l'uniforme, qui veille sévèrement sur le maintien et le langage. Ainsi l'antique maillot rejeté nous attend et nous ressaisit : il se métamorphose, il se colore, il se dore, et nombre d'hommes meurent sans se douter qu'on puisse vivre sans lui.
Peut-être avons-nous quelquefois demandé ici que les citoyens eussent plus de liberté d'agir; pour aujourd'hui, nous songeons à la jeunesse des collèges, et nous demandons pour elle aussi un régime plus libéral.
(Janvier 1870.)
DE LraSEIGNEMENT CLASSIQUE