‹ Questions d'enseignement nationalChapitre 16 sur 65 · AVANT-PROPOS XXV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XXV

nera à un professeur d'histoire cette conviction qu'il est utile de verser jusqu'aux profondeurs intimes de la nation la connaissance élémentaire de notre histoire, le sentiment de ce que nous avons été, de ce que nous sommes dans le monde. Sans doute, la transmission se fera souvent par des maîtres insuffisants à des écoliers incapables ; beaucoup de temps sera perdu; des mots inutiles ou inintelligibles seront jetés dans des mémoires qui ne les garderont point ; mais c'est un mal que nous pouvons atténuer, si nous ne dédaignons pas de diriger, de conduire par la main les maîtres de ces écoliers ; ce faisant, nous serons récompensés de la peine, car il y a, dans ce monde aujourd'hui si actif de Fécole populaire, une grande vertu : on a le courage d'y être bon Français et de le dire. Vous n'y rencontrerez pas cette détestable crainte du ridicule, qui nous fait hésiter devant les grands mots qui expriment les grands sentiments. On prononcera le mot patriotisme avec quelque emphase, mais cela ne vaut-il pas mieux que de le dire tout bas, avec une hésitation de la langue, comme si on voulait se faire pardonner cette hardiesse à olFenser le bon goût? Je dirai plus encore. J'ai peur que ce ne soit pas seulement l'expression qui manque au sentiment dans une certaine partie de la nation, mais que le sentiment même n'y ait pas cette vigueur qu'il lui faut pour posséder les âmes.

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