‹ Questions d'enseignement nationalChapitre 18 sur 65 · XXVII 1 AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XXVII 1 AVANT-PROPOS

moi un cortège d'intelligences jeunes, et s'il me fallait renoncer à inspirer ce sentiment si délicat d'affectueux respect que chacun de nous a resseatî pour ses maîtres. Je terminai ma première leçon en adressant un pressant appel à ceux qui voudraient, dans cet auditoire, se déclarer mes élèves. Mon dernier mot, après que j'eus marqué la place de l'enseignement historique dans la vie nationale , fut : « Je vous en prie, messieurs, travaillons ensemble! » Personne ne sortit de l'auditoire, ni ce jour-là, ni les jours suivants pour répondre à. mon appel. Ce fut pour moi un véritable chagrin. La grande leçon me semblait encore supportable. Le public y est nombreux. On est soutenu par la présence d'un auditoire ; on peut laisser glisser le regard sur les choses qui vous y déplaisent, s'attacher aux figures intelligentes, ou bien à la rigueur parler pour soi-même et y trouver son plaisir. Mais la petite leçon, qu'il était d'usage de faire à une heure matinale et sur un sujet plus technique, attirait une dizaine de personnes, disséminées dans cette salle qui en pouvait contenir trois cents. Pour moi, je ne pus me résoudre à faire qu'une seule de ces petites leçons dans des conditions pareilles. J'allai demander à mes élèves de l'école normale de ne pas m'abandonner dans le désert; je leur proposai de continuer avec eux mon enseignement une heure par semaine. Je

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