ET LES EXAMENS
les étudiants préparent en hâte les diverses épreuves, dans une confusion qui s'accroît à l'approche du concours, en hâte aussi, le professeur fait faire aux étudiants des leçons, des explications, des travaux. Et voici qui devient tout à fait étrange : les professeurs des Facultés acceptent une discipline pour ainsi dire extérieure. Ils sont représentés dans les jurys d'agrégation, mais ils n'y ont pas la majorité. Les présidents de ces jurys peuvent ne pas appartenir au corps des Facultés; ils peuvent ne pas savoir ce qui se passe dans les Facultés ; ils peuvent le savoir et ne pas l'approuver; pourtant ce sont ces présidents qui, par l'organe du directeur de l'enseignement secondaire, publient chaque année, comme jadis le préteur son édit, le programme qui deviendra la règle de l'enseignement supérieur. Si l'on ajoute qu'en certaines Facultés de province, deux et même trois professeurs dépensent ainsi leurs efforts et leur temps à préparer pour l'agrégation deux ou trois candidats (quelquefois même un candidat), on aura exactement dépeint le régime bizarre où notre conception de l'examen met les Facultés à l'heure actuelle.
Ces abus étaient autrefois des usages légitimes. Autrefois, quiconque se préparait à la licence et à l'agrégation, s'il n'était pas élève de l'École normale, s'y préparait tout seul. Il était, dès lors, naturel que les examens réglassent le travail du candidat, et que celui-ci, de qui personne ne pouvait répondre, fût traité en inconnu. Cette conception de l'examen, que nous déplorons, s'accordait à merveille avec la conception que l'on avait de l'enseignement supérieur.
Mais pourquoi le jour où le régime de l'enseignement supérieur a été modifié, n'a-t-on pas modifié le régime des examens? Ici nous rencontrons le second