DEPUIS LE CONCORDAT
Messeigneurs *, Messieurs,
La présence au milieu de nous du doyen des Evoques de France, du prélat qui survit seul de ceux qui fondèrent notre Institut, est le symbole le plus éloquent qui pouvait être donné de la durée de l'œuvre qui cé-
1. Discours prononcé le 12 novembre 1902, pour le jubilé de l'Institut catholique de Toulouse.
2. NN. SS. les archevêques de Toulouse, d'Albi, de Besançon ; les évêques d'Aire, Gahors, Mende, Montauban, Pamiers, Périgueux, Rodez; M»' Péchenard, recteur de rinstitut catholique de Paris.
lèbre aujourd'hui son vingt-cinquième anniversaire. Que M'' l'Evêque d'Aire veuille bien agréer notre gratitude pour le témoignage qu'il rend ainsi de nous.
Sa présence nous reporte aux jours déjà bien lointains des débuts de cet Institut. Je revois, car j'y assistai, le meeting où M. de Belcastel fit voter d'enthousiasme la création de ce qu'on rêvait devoir être l'Université catholique de Toulouse. La générosité des catholiques du Sud-Ouest fut magnifique.
La sagesse du cardinal Desprez inspirait une confiance souveraine. Tous nos Evoques du Midi unirent leurs efforts avec cette commune conviction qu'ils travaillaient autant à l'honneur de l'Eglise qu'à la restauration de la patrie. Un groupe de prêtres d'élite, qui portaient des noms chers au clergé toulousain, devenaient les premiers conseillers de l'œuvre, pendant que les hommes les plus en vue de l'aristocratie de notre province, consentaient à en être les administrateurs.
Et de toute cette activité, et de tout cet élan, un homme était tout ensemble l'excitateur et
le guide, grand par sa renommée, grand par son éloquence, grand par l'autorité de son intelligence et de son caractère : vous aurez deviné que je parle du premier Recteur de votre Institut *.
Ah ! combien voilà de raisons de regretter
les ouvriers de la première heure ! Et pourtant, Messieurs, vingt-cinq années traversées sont une consécration qui a son prix. A vingt-cinq ans de distance, voici toujours et fidèlement unis les mêmes diocèses qui jetèrent les premières semailles dans le sillon. Le cardinal Desprez a trouvé dans ses deux successeurs sur le siège métropolitain de Toulouse des continuateurs dont une réserve filiale m'empêche seule de louer le dévoûment. Nous ne pouvons pas dire que le plan si hardiment tracé par nos fondateurs ait été exécuté, et peut-être, même abstraction faite des entraves dont une législation de plus en plus restrictive nous a opprimés, cette hardiesse des débuts contenait-elle bien