‹ Questions d'enseignement supérieur ecclésiastiqueChapitre 7 sur 41 · LA VIE JOURNALIERE · texte numérisé non relu

LA VIE JOURNALIERE

• Messeigneurs ^ Messieurs,

A plus de vingt années de distance, nos anciens se souviennent de la solennité d'inauguration de notre Faculté de théologie : l'orateur fut M^'^ Dabert, évêque de Périgueux.

Avec une éloquence animée et grave, avec une doctrine nourrie d'Ecriture, de Tradition et de sagesse, il retraça, en une

1. NN. SS. les archevêques de Toulouse et d'Albi ; les évoques de Gahors, de Beauvais, de Mende, de Montauban, de Pamiers et de Perpignan. Discours de rentrée prononcé à l'Institut catholique de Toulouse, le 13 novembre 1901.

revue rapide et pleine d'éclat, le passé de la théologie catholique, pour lui marquer sa place ddins V Unwersit as studiorutn^ qui renaissait ici par la générosité et par la foi de nos évêques. Il rappela comment les Universités sont historiquement ce filles des papes », — et ne Tavons-nous pas vu cette année dans le délicat hommage rendu par rUniversité de Glasgow à Léon XIII? — 11 montra comment elles méritent ce beau titre éminemment par l'enseignement de la théologie, et comment c'était par la création d'une Faculté de théologie que votre œuvre, Messeigneurs, entrait « dans l'antique famille des grandes écoles du Saint- Siège ». On ne pouvait rappeler plus magnifiquement nos quartiers de noblesse.

Et c'est dire, Messieurs, que M^"" Dabert était pour notre œuvre un ami de la première heure. Combien nous aurions souhaité que, en 1902, quand nous célébrerons nos noces d'argent, il eût pu revenir voir notre Faculté grandie, vivante, florissante, et lui apporter une bénédiction qui

nous eût semblé plus auguste tombant de s mains de ce doyen de Tépiscopat de France I La présence parmi nous de M^^ Tévéque de Monde * nous est à tous un gage de la fidélité qu'il garde à cet enseignement supérieur, dont jadis, aux côtés du cardinal Bourret, il fut un maître si distingué. S'il nous était permis, cher Monseigneur, devant une assemblée si solennelle, de causer tous deux comme d'anciens voisins, je vous demanderais : Vous souvenez-vous du temps où nous demeurions comme porte à porte sujf le sommet du Quartier Latin? Nous étions tous deux aumôniers. Du collège de Sainte-Barbe, par-dessus les toits aigus du collège de Glermont, on apercevait ce collège d'Harcourt que vous aimiez comme un aumônier aime son collège et comme un historien aime son sujet préféré. Et entre nous s'étendait alors un vaste chantier, où nos regards mélancoliques ont vu démo-

1. M»' Bouquet intronisé à Mende le 29 juin 1901, précédemment aumônier du lycée Saint-Louis, à Paris, et professeur à la Faculté de théologie de la Sorbonne.

lir pierre à pierre la vieille Sorbonne, et pierre à pierre s'élever cette nouvelle Sorbonne, où votre ami Robert de Sorbon, s'il revenait, aurait tant de regret à ne plus rencontrer de théologiens ni de décrétalistes. Nous nous retrouvons, cher Monseigneur : adieu d'Harcourt, adieu Sainte- Barbe! Mais, voyez, ici encore il y a un chantier, et pierre à pierre on y construit une petite, oh! une bien petite Sorbonne.

Vous Taimerez en souvenir de l'autre : vous y trouverez des théologiens et des décrétalistes, vous y trouverez des Lozériens aussi, et tous à l'envi vous accueilleront comme un des leurs.

Le rapport d'usage, Messeigneurs et Messieurs, que nous avons à vous présenter serait bientôt fait, si nous pouvions nous borner à vous donner des chiffres.

Nous vous dirions : en cette année 1900- 1901, nous vous avons donné 105 bacheliers en théologie, huit certificats scientifiques, dix licenciés ès-lettres, neuf licenciés en théologie, un docteur ès-sciences, sept doc-

teursen théologie. Nous avons fait des cours publics à Toulouse, à Albi et à Pau, qui ont, dans rensemble, réuni de treize à quatorze mille auditeurs ^ . Vous auriez ainsi une statistique exacte, mais l'esprit de notre œuvre en serait absente, et n'est-ce pas cette âme vivante qui vous intéresse davantage? J'essaierai de vous l'exprimer aussi brièvement que possible.

Les diocèses qui constituent notre petit patriarcat universitaire sont représentés ici par environ soixante jeunes prêtres^, qui se

1. Chaque année, de janvier à Pâques, l'Institut donne plusieurs séries de cours publics, sur des questions générales ou actuelles de nature à intéresser et à instruire le « grand public ». De nos amis sont invités à se joindre à nous : nous avons eu ainsi pour collaborateurs occasionnels, M. Brunetière, M. René Bazin, M. Doumic, M. André Hallays, M. Georges Blondel, le P. Bremond, M. l'abbé Birot, M. Vercesi,M. Klein, M. de Pascal, M. Bouvier, nombre d'autres encore. Sous le titre de Conférences pour le temps présent (Paris, Lecoffre, 1903), nous avons publié une série de ces conférences, celles de 1903. — Nous avons, en outre, des cours publics faits par nos collègues pour les dames et les jeunes filles : ils furent institués en 1899 et prospèrent toujours. — Enfin nous avons eu l'occasion de faire des cours dans quelques villes du Midi, où on nous les a demandés. Tout cela est de l'extension universitaire, qui ne doit pas faire tort à Fessentiel.

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