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Discours de clôture du convent de

partient plus. Ce qui vient de se passer dans la neuvième Chambr:, à Paris, pendant un procès au cours duquel un maçon a éié appelé à témoigner contre un nommé Delpech, sénateur et franc-maçon, prouve absolument l'exactitude de cette affirmation. Appelé à prêter serment de dire la vérité, ce témoin fit, à la barre, la déclaration suivante :

« Monsieur le président. — Je suis prêt à jurer de dire la vérité, mais je ne puis prêter serment de dire toute la vérité. L'affaire que vous jugez ici l’a déjà été, en effet, devant une autre juridiction : la juridiction du Grand-Orient. L'un des principaux versonnages en cause a par elle été déclaré innocent ; ordre a été par suite donné à tout franc-maçon de le proclamer tel. Quoi que je puisse donc penser ou savoir, à moins que ce personnage — qui est ici — ne me relève de mon serment maçonnique, je suis tenu d’obéir à cet ordre et ne puis donc jurer de dire toute la vérité. »

L'avocat, Maître Labori, s’écria alors en s'adressant au tribunal :

« Ainsi, au-dessus de votre juridiction, il est une juridiction occulte ! Au-dessus de votre justice, de la justice, il est une justice occulte plus puissante que la justice légale ! Et nous en sommes là que, quand les témoins viennent prêter serment à votre barre, cette juridiction pèse sur leur conscience et les empêche de dire la vérité ! Je l’avoue, mon émotion est profonde, car c’est tout l’avenir de la France qui finira par être en jeu, comme tout l’honneur de la justice qui finira par sombrer ! »

« Oh ! ajoute le témoin, je veux bien, pour ma part,

prèter ce serment; ce ne serait pas la peine d'avoir aboli le serment sur le Christ pour être esclave de celui prèté sur un triangle ; sachez pourtant que ceux-là qui auront r ‘êté le serment maçonnique, ne sont pas libres de dire ,. vérité. »

Inutile d’insister sur les conséquences qu’un semblable incident amène naturellement.

« Ces nigauds-là, qui ne veulent pas de l'Eglise catholique, disait Guy de Maupassant des francs-maçons de son temps, ne font qu'imiter les curés. Ils ont pour symbole un triangle au ‘ieu d'une croix. Ils ont des églises qu'ils appellent des Loges avec un tas de cultes divers : le rite écossais, le rite français, le Grand-Orient, une série de balivernes à crever de rire….

« Ah! oui, vous êtes des malins ! Si vous me dites que ia “-anc-Maçoanerie est une usine À élections, je vous l'accorde ; qu’elle sert de machine à faire voter, je ne le nierai jamais; qu’elle n’a d'autre fonction que de berner le bon peuple, de l'enrégimenter pour le faire aller à l’urne comme on envoie au feu des soldats, je serai de votre avis ; qu’elle est utile, indispensable même à toutes les ambitions politiques, parce qu’elle transforme chacun de ses membres en agent électoral, je vous crierai : « C’est clair comme le soleil. »

M. Léon Daudet a publié récemment dans Le Gaulois, sous le titre de « La Délation révolutionnaire », un terrible réquisitoire contre la franc-maçonnerie actuelle, dont, faute d'espace, nous ne pouvons reproduire ici que quelques lignes préliminaires.

« Les infâmes agissements des frères trois points et des faux frères militaires, qui révoltent en ce moment

tout le pays, ne devraient cependant point donner de Questions d'Hier et d'Aujourd'hui. 9

surprise à ceux qui suivent notre campagne et qui connaissent un peu l’histoire. Entrés dans une période révolutionnaire, nous éprouvons les logiques bienfaits du jacobinisme. Qu'est-ce que le jacobinisme ? Un brigandage d’Etat, une expropnation organisée, au nom de principes humanitaires — il y a cent onze ans, c'était au nom de principes patriotiques — par ce qu’il y a de plus bas, de plus vil, le plus avide dans la nation. Sur quoi s’appuie le jacobinisme pour réaliser cette expropriation ? Sur les sociétés secrètes, sur la franc-maçonnerie, laquelle, par tout le territoire, organise l’inquisition et la délation. Le principe, la méthode, les procédés n’ont point varié.

« Ce n’est que depuis les beaux travaux de notre cher et éminent ami, Maurice Talmeyr, que l’on commence à y voir clair dans le jeu de la franc-maçonnerie pendant la Révolution française. Jusqu’à ces dernières années, beaucoup de naïfs, nourris des bavardages enflammés de Michelet, s’imaginaient que le: horreurs du jacobinisme pouvaient être excusées par les abus de l’ancien régime. On avait coupé tant de têtes pour venger les paysans qui battaient les marais des seigneurs. Plaidoyer stupide, mais qui valut pendant un siècle. Or que voyons-nous aujourd’hui, après trente-quatre ans de république ? Une reprise exacte, une fidèle copie — moins la guillotine.… mais, patience ! — des manœuvres insensées et scélérates qui désolèrent la France jadis. »

Mais, laissons ia France se débattre avec la pieuvre maçonnique qui est toujours allée grandissant et qui l'étreint à l’heure actuelle, et reportons nos regards sur ce qui se passe dans notre pays.

La Patrie, du 25 novembre dernier, contenait, sur

l'existence au milieu de nous de la franc-maçoi xerie, un très grave article intitulé : que VEULENT-ILS ? ét dont voici quelques extraits :

« L'Association maçonnique qui couvre la France de ses ramifications, s'appelle le Grand-Orient. Elle n’a aucune affiliation, aucun rapport avec la Franc-Maçonnerie Britannique.

« Montréal a vu se fonder, il y a quelques années, une loge maçonnique qui s’est immédiatement affiliée au Grand-Orient.

« Les progrès qu’elle a faits sont considérables déjà. Elle compte quelques centaines de membres, recrutés surtout dans notre ville, mais aussi, en moindre proportion, dans d’autres villes et même dans les campagnes.

« Le Grand-Orient de France joue à l’heure actuelle un rôle prépondérant dans la politique et l'orientation de la République Française.

« Elle a encerclé dans ses filets le gouvernement, les Chambres, tous les rouages de l’administration civile et militaire.

« C’est sa puissance souveraine et funeste qui a brisé les crucifix dans les préloires, qui a chassé Dieu des écoles, qui a fait expulser de la terre des Gaules des milliers de prêtres et de religieuses.

« C’est le Grand-Orient qui a séparé la France de la Papauté, et qui a amené la dénonciation du Concordat.

« Le système de délation que le gouvernement l'avait chargée d'exercer dans l’armée et ia marine françaises, a été -écemment mis au jour.

CE y + +u durant l’année écoulée près de sept cents grèves en France. Elles ont été presque toutes organi-

sées, ou au moins encouragées, par les adeptes de la Franc-Maçonnerie française.

« C’est au Grand-Orient de France que la Loge canadienne-française de Montréal est affiliée. Elle en est la fille aînée en ce pays. »

L'énoncé de pareils faits, si ces faits sont exacts, étonne extrêmement et éveille un sentiment de profonde tristesse dans l'esprit de tout Canadien-Français qui tient à sa dignité personnelle, à la grandeur future de sa nationalité, pour qui, enfin, les mots de foi, d'honneur, de probité et de patriotisme ne sont pas de vaines expressions.

Dans un pays comme le nôtre, où la liberté individuelle et celle d’association sont, non seulement assurées. mais pour ainsi dire illimitées, qu’un Canadien-Français, accoutumé de père en fils à agir à la face du ciel, constamment maître de sa personne comme de sa volonté, jouissant des avantages d’une foule de sociétés de bienfaisance et de secours mutuels, n’ayant point encore contracté l’habitude de mentir, aille se cacher dans l’antre ténébreux d’une loge comme celle de 1’ « Emancipation » pour y tramer des complots contre les institutions de son pays, contre les intérêts de ses compatriotes, contre l’Eglise et ses ministres, à qui il est en partie redevable des libertés politiques et religieuses dont il jouit, non, cela ne se conçoit point, hormis d’être la victime d’un aveuglement inconscient ou d’avoir suli la pression d’une influence étrangère, de même origine probablement que celle qui a été l’inspiratrice de ce programme extraordinaire que l’on a mis entre les mains de nos candidats ouvriers aux dernières élections lo-

cales.

Pour ce qui esi de ce programme, je ne puis croire qu'il soit l'œuvre d'aucun candidat ouvrier Canadien- Français. Nos ouvriers seraient les premiers à regretter. au point de vue de leur indépendance et de leur bienêtre, l'application de quelques-uns des articles de ce manifeste. Ils n'auraient pas été lents non plus à s’apercevoir que la prétendue instruction gratuite qu'ils réclament sous un ministère public coûterait bien plus cher à leur bourse que l’état actuel des choses, et ne donnerait point le résultat qu'ils s’imaginent. Nos gouvernants politiques, notre Conseil de l’Instruction publique, sont pour le moins aussi zélés pour la cause de l'instruction et du progrès bien entendu du peuple que certains déclamateurs de pays d'outre-mer dont nous n'avons que faire ici. Quand les ressources de notre province le permettront, on aura toutes les écoles nécessaires pour répondre aux besoins du temps, écoles bien pourvues sous le rapport de l'outillage scientifique et du choix des professeurs. On peut encore se féliciter, malgré notre insuffisance de moyens, des progrès que nous avons accomplis, au cours du siècle dernier, dans les différentes branches du commerce, de l’industrie, des arts et de la littérature, et nous pouvons, sans crainte d’être rejetés dans l'ombre, nous comparer aux peuples de formation même plus ancienne que la nôtre.

Mais, prenons garde ! Que ce qui se passe actuellement en France nous serve de leçon! Nous possédons aujourd’hui le respect et l'estime de nos concitoyens anglais. Nous comptons pour un facteur important dans l'Amérique du Nord ; nous y exercerons une influence incontestée si nous le voulons; il suffit pour cela de conserver notre caractère ethnique, et de fuir, comme

le plus grand de nos ennemis, la franc-maçonnerie, qui en aurait bientôt fait de nos traditions nationales et religieuses et ruiné dans leur germe nos espérances d’avenir. Si l’on n’y fait pas attention, si nous nous laissons entamer par cette infirmité mentale qui s’appelle le scepticisme, notre jeune nation, pourrie avant d’être mûre, selon l’expression d’un contemporain, reflétera moins la gloire passée de la France que sa présente misère.

CHRONIQUE (Juin 1906)

« Il en est des livres comme du feu de nos foyers : on va prendre ce feu chez son voisin, on l’allume chez soi, on le communique à d’autres, et il appartient à tous. »

On attribue ces lignes au vieux philosophe de Ferney ; recueillons-les, d'autant plus que cela ne lui arrivait pas toujours de parler sincérité et vérité.

Il s’agit ici évidemment des sources d'inspiration que produisent en nous la vue des belles et imposantes scènes de la nature, les œuvres et les exemples des hommes célèbres. C’est Bossuet, par exemple, dans ses grandes compositions, lisant une page de la Bible, pour se mettre en verve. C’est Démosthène qui, enthousiasmé de l’éloquence de Callistrate, n’a plus d’autre ambition que de devenir lui-même un orateur. C’est Corrège qui, contemplart les œuvres de Michel-Ange, sent son génie s'éveiller et s’écrie : « Et moi aussi, je suis peintre, » Taydn entend jouer Handel : son génie prend feu, et il avoue lui-même que sans cette circonstance, il n’aurait jamais écrit La Création. Keats, à seize ans, était en apprentissage chez un médecin. Un de ses amis lui lut l'Epithalame de Spencer, ce poète par excellence des imaginations adolescentes, et lui prête la Reine des Fées. Ce fut une révélation subite de son génie. Il avait trou-

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vé sa voie. Un voyageur ayant eu occasion de converser avec la mère de Goethe, répétait dans son enthousiasme : « Je comprends maintenant comment Goethe est devenu ce qu'il est. » « Un baiser de ma mère, disait West, fit de moi un peintre. » Plusieurs ont dù la conservation de l’honneur et de la vertu au seul souvenir du temps où leur mère les faisait mettre à 8enoux el prenant leurs petites mains dans la sienne, leur enseignait à prier notre Père qui est aux cieux.

Un jour, un jeune et brillant officier, blessé au siège de Pampelune et obligé au repos, demande un livre pour se distraire. On lui apporte la Vie des Scints, dont la lecture fait de lui un homme nouveau : on le connaît aujourd'hui sous le nom de saint Ignace de Loyola, fo:dateur d’un ordre religieux illustre. Alfieri lit les Vies des grands hommes de Plutarque, sent son génie s’éveiller et se prend de la plus belle passion pour les lettres. € J'ai lu, dit-il, plus de six fois les vies de Timoléon, de César, de Brutus et de Pélopidas, avec des cris, des larmes, et de tels transports que j'étais fou... Chaque fois que je rencontrais un trait remarquable sur l’un de ces grands hommes, j'étais saisi d’une si violente agitalion qu’il m'était impossible de rester tranquille, » Les Vies des hommes illustres de Plutarque sont restées à travers les âges la lecture favorite, le modèle ou la consolation de bien des esprits supérieurs, entre autres de Henri IV, de Turenne, de Schiller, de Napoléon.

C'était environ 400 ans avant Jésus-Christ, Les Grecs, rassemblés en Elide, sur les bords du fleuve Alphé, célébraient les jeux Olympiques. Un enfant, siégeant sur l'estrade d'honneur avec son père, pleurait, pendarit qu'Hérodote lisait les principaux épisodes de son histoi-

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re. Quand l'historien eut fini, il alla droit à l'enfant et lui demanda son nom. On me nomme Thucydide, répondit l'enfant. « Ton fils aime la gloire, dit alors Hérodote au père de l'enfant, il aime les belles-lettres : prends soin de cultiver ses nobles dispositions et le nom de Thucydide sera un de ceux qui feront honneur à la Grèce. » En effet, il a tellement fait honneur à sa patrie qu'il a acquis une gloire à peu près égale à celle de son glorieux prédécesseur, surnommé le Père de l'Histoire.

Les Grecs eux-mêmes, pour se former au culte des arts a et des lettres, n’eurent qu’à s'inspirer de leur ciel bril- re lant et doux, de leurs nuages étincelants, de la lumière : fine et chaude qui colore tous les objets et qui font que la nature et la poésie se confondent, que la beauté de l'œuvre de l’homme reflète la beauté de l’œuvre de Dieu.

Qui de nous ne s’est pas senti élevé au-dessus de luimême par un sentiment d'enthousiasme et de noble émulation au récit de la vie d’un homme célèbre, ou simplement au souvenir d’un homme tenu en haute estime par ses contemporains, à cause de son dévouement à la science, de son patriotisme, de la générosité de son caractère et de ses vertus ? Car sans la vertu nul ne peut prétendre exercer une influence heureuse et durable sur ses semblables.

Après avoir passé une soirée en compagnie de Faraday, le professeur Tyndall écrivait : « Ses œuvres excitent l'admiration, mais son contact réchauffe et élève le cœur. Il est certain qu’il y a là un homme fort. J'aime la force, mais je n'oublierai jamais quel exemple m'a donné l'union de cette force avec la modestie, la tendresse et la douceur, ce que j'ai trouvé dans le carac-

tère de Faraday.

e QUESTIONS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

physicien donnait « l'énergie et l'inspiration. »

On disait aussi

dans un monde sup gée. »

Lord Shelburne, jeune homme,

au vénérable Males

qu'il en garda toujours un vi

herbes,

ayant fait une visite

fut tellement impressionné f souvenir, « J'ai beaucoup , Mais je n’ai jamais été in- Contact personnel d’aucun de ma vie, il m'arrive de

nfluence qu'ils continuent

semblables. « Le sage, disent les

es siècles. Quand on enten«!

iennent intelligents, les incer-

re

tains déterminés. » Dante a inspiré une foule de génies. C'est sous les pins de Ravenne, en pensant à lui, que Byron compose ses plus beaux chants, « Les italiens, écrivait-il en 1821, parlent Dante, écrivent sent à Dante et rêvent de lui à un point que ce serait ridicule s’il ne méritait autant d’admiration. » Le fait est que les seules conquêtes qui durent, du moins autant que dure la gloire humaine, sont celles de l'esprit. Les jeunes gens, Pour peu qu'ils soient intelligents, amis des livres et susceptibles de nobles sentiments, admirent franchement, Spontanément, et ont généralement un héros. On raconte qu'un apprenti maçon fit à pied un trajet pour vuir sir Walter Scott passer dans la rue. Sir Joshua Reynolds, âgé de 10 ans, dans une assemblée publique, se fit jour à travers plusieurs rancées de personnes à la seule fin de pouvoir toucher Pope, comme s’il y avait une sorte de vertu dans le contact. Nous avons de Reynolds des Discours dont Francis Horner, qui notait les livres qui avaient exercé sur lui la meilleure et la plus durable influence, disait : « Quant « aux Discours de sir Joshua Reynolds, après les écrits « de Bacon, il n'y a pas de livre qui m'ait plus puissam- ‘« ment engagé à m'instruire. Reynolds est un des pre- « miers hommes de génie qui aient condescendu à faire ‘(connaître au monde le chemin Par lequel on arrive à « l'excellence ; la confiance avec laquelle il affirme l’om- « aipotence du travail a pour effet de familiariser le lec- « teur avec l’idée que le génie est plutôt une acquisition € qu’un don de la nature ; et à cela se mêle si naturelle- ‘ment et si éloquemment une admiration si élevée et si ( passionnée pour le beau, qu’à tout prendre, il n’y a « pas de lecture plus entraïînante. » Reynolds lui-même,

l'ante, pen-

CHRONIQUF 139

chose remarquable, faisait remonter à la lecture de la biographie d’un grand peintre, ar Richardson, l’entrat. nement passionné avec Son art. Ainsi la vie

tie, celle du génie. »

Le Gocteur Marshall-Hall est un de ces hommes dont la carrière fut une Preuve vivante de l'influence du caractère pour former d'autres caractères. Beaucoup d'hommes éminents ont dû leur succès dans la vie à ses conseils. « Prenez un sujet, disait-il souvent à ceux qui l'entouraient, traitez-le à fond, et vous ne Pourrez manquer de réussir. » Souvent même il accompagnait ces Paroles d’un conseil Pratique et d’une application immé. diate, en jetant une idée nouvelle dans l'esprit d'un jeune homme. « Je vous en fais présent, lui disait-il, elle VOUS vaut une fortune si vous la poursuivez avec énergie »1,

C’est le conseil que j'ai moi-même suivi depuis plusieurs années en consacrant presque tous mes loisirs à la connaissance des antiquités américaines. Si ce sujet

d'étude, que j'ai l’intention de Poursuivre même au ris nn Î. Extrait, ainsi que plusieurs des autres petits faits qui précà-

dent, de Sel!-Help., par Samuel Smiles, traduction d'Alfred Talendicr.

que de tourner à l'antique, ne me mène Pas à la fortune, il m'aura valu des heures d

es vocalions pour l'avenir.

une chose nouvelle aux lecleurs de la Revue Canadienne, déjà au courant du pro-

grès des études américanistes, de leur dire que l'on trou-

VUE GÉNÉRALE DES PYRAMIDES ET PALAIS D'UXMAL (Yucatan)

ve au Mexique, au Yucatan, dans l'Amérique centrale et au Pérou, des témoignages irrécusables d’une très ancienne civilisation, les ruines de nombreuses et grandes cilés ; que ces cités étaient remplies de temples, de palais, d’édifices extraordinaires par leur forme et leurs dimensions, élevés sur des terrasses artificielles et séparés les uns des autres par de vastes cours. Mais ce que savent seuls les spécialistes, c’est le nombre et l'étendue de ces villes, l’usage et le genre d'architecture particulier de tous ces édifices. Ainsi, lorsque nous employons,

pour désigner certains groupes de ruines qui jonchent le sol, l'appellation de « villes », le lecteur ne doit pas se ligurer des villes tout à fait à l'image des nôtres, renfermant ensemble, sans ordre apparent, les édifices d'un Caractère religieux, civil et domestique qui les composent, car telle n'était Pas la disposition de ces anciennes cités. C'étaient plutôt des centres habités que des vil. les, des centres religieux et politiques, comme les rui. nes de l'Inde, de l'Egypte, de la Babylonie, de la Chal. dée, du Cambodge et d’Anaradjapura, cette immense vi]lle morte de Ceylan que l'on est actuellement à déterrer, car chez ces différents peuples, aussi bien que chez les anciennes races civilisées de notre continent, la religion (© le gouvernement civil étaient dans l'union la plus étroite.

Ces villes indiennes se composaient toujours des mèmes édifices, généralement au nombre de quinze à vingt. bâtis sur d'énormes terrassements en forme de talus et garnis d’esceli rs, Ils se divisaient en palais, temples, et autres édifice. -acrés, sorte de monastères et de couvents, où se tenaient les prêtres et les jeunes filles voués au culte,

Ces monuments, dont les Murailles étaient ornées de bas-reliefs et couvertes de peintures éblouissantes, étaient disséminés sur un grand espace et reliés entre eux par des chaussées cimentées colorées en rouge et ombragées par des plantations de palmiers et d’arbustes fleuris. On avait aménagé près de ces temples et de ces palais des cours et des places au milieu desquelles se voyaient des statues, des colonnes et des stèles sculptées, qui montrent que dans ces anciennes villes l'ostentation et le luxe co-existaient en même temps que la richesse,

tout comme dans les contrées orientales. Ce premier groupe de bâtiments, qu'entourait un mur de circonvallation, formait le centre de la ville, Aux alentours, au milieu de véritables parcs, s'étendaient les habitations des grands seigneurs et des riches marchands, habita. tions parfois non moins somptueuses que celles du chef de l'Etat. Le peuple et les esclaves avaient leurs huttes beaucoup plus loin, en dehors de la ville, Ces cabanes ne formaient que d'éphémères agglomérations dans le voisinage de grandioses édifices, les seuls dont nous retrouvions encore des vestiges. Ces villes anciennes occupaient donc un circuit très étendu et ressemblaient à un immense jardin, selon l'expression d'un explorateur. Les ruines qui en restent aujourd’hui, perdues au milieu de sombres forêts ou éparses dans les déserts sur la sur. lace du sol, produisent l'effet le plus saisissant dans leur silence et leur morne désolation. Malgré leur état de dégradation, elles portent encore en elles Ja preuve que la magnificence et Ja richesse existaient autrefois dans ces contrées, et que les descriptions que nous en ont laissées les premiers écrivains espagnols n'étaient pas exagérées., Ces temples, ces palais, tous ces vastes édifces, couverts d'étranges décorations, démontrent aussi que les classes dirigeantes exerçaient un pouvoir illi.

mité sur le peuple. Toutefois, lorsque nous comparons ces ruines avec ce que nous dis

Désiré Charnay, qui nous donne, dans un charmant récit l, une évocation du

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