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« Voici la première : Que la probité et le travail soient vos compagnons assidus.
« Et la seconde : Dépensez un sou de moins par jour que votre bénéfice net.
« Par là votre poche si plate commencera bientôt à s’enfler et n'aura plus à crier jamais que son ventre est vide ; vous ne serez pas maltraité par des créanciers, pressé par la misère, rongé par la faim glacé par la nudité ; le ciel brillera pour vous d’un éclat plus vif et le plaisir fera battre votre cœur.
« Hâtez-vous donc d’embrasser ces règles et d'être heureux. Ecartez loin de votre esprit le souffle glacé du chagrin et vivez indépendant. Alors vous serez un homme et vous ne cacherez point votre visage à l’approche du riche : vous n'éprouverez point de déplaisir de vous sentir petit lorsque les fils de la fortune marcheront à votre droite; car l'indépendance, avec peu ou beaucoup, est un sort heureux et vous place de riveau avec les plus fiers de ceux que décorent les ordres et les rubans. Oh ! soyez donc sage ; que le travail marche avec vous dès le matin, qu’il vous accompagne jusqu'au moment où le soir vous amènera l’heure du sommeil. Que la probité soit comme l’âme de votre âme, et n'oubliez jamais de conserver un sou de reste, après toutes vos dépenses comptées et payées ; alors vous aurez atteint le comble du bonheur et l'indépendance sera votre Cuirasse et votre bouclier, votre casque et votre couronne ; alors vous marcherez tête levée sans vous courber devant des habits de soie, parce qu'ils seront portés par un misérable qui aura des richesses, — sans accepter
un affront, parce que la main qui vous l’offrira étincellera de diamants. »
Parlant du coût de la paresse et de la valeur du temps, il disait :
« Mes chers amis et bons voisins, il est certain que les impôts sont très lourds ; cependant, si nous n'avions à payer que ceux du gouvernement, nous pourrions espérer d’y faire face plus aisément.
« Mais nous en avons une quantité d’autres bien plus onéreux : par exemple, l'impôt de notre « paresse » nous coûte le double de la taxe ; notre « orgueil », le triple, et notre « folie », le quadruple.
« Ces impôts sont tels, qu'il n’est pas possible aux commissaires d'y faire la moindre diminution : cependant, si nous sommes gens à suivre un bon conseil, il y a encore quelque espoir pour nous ; Dieu aide ceux qui s’aident eux-mêmes.
« S'il existait un gouvernement qui obligeât les sujets à doni..r régulièrement la dixième partie de leur temps pour son service, on trouverait assurément cette condition fort dure ; mais la plupart sont taxés par leur paresse d’une manière beaucoup plus tyrannique. La « paresse » amène av-c elle des maladies et raccourcit sensiblement la durée de la vie ; elle engendre les soucis et produit l'ennui et les regrets. L'oisiveté, comme la rouille, use beaucoup plus que le travail. La clef dont on se sert est toujours claire.
« Si le temps est le plus précieux des biens, « sa perte doit être la plus grande des prodigalités, puisque le temps perdu ne se retrouve jamais », et que ce que nous appelons « assez de temps », se trouve toujours « fort peu de temps. »
« Si vous aimez la vie, ne prodiguez donc pas le
re. Ce fut une époque glorieuse 4'éloquence soutint les Etats con Pour la liberté.
Madison et Alexandre H fans l’histoire politique
Buce, la bataille de Trenton,
temps: car « le temps c'est l’étofte dont la vie est “faite. »
2 Cette manière de dire des vérités, de donner de bons +conseils, rendit Franklin fort populaire.
{ Franklin mourut le 17 avril 1790, comblé d'honneurs
t jouissant d’une grande réputation. Il clôt la période de la littérature américaine coloniale.