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Si l'homme n’a pas été créé par Dieu pour une fin sur

COURANTS DE DOCTRINER 177

aussi facile à Dieu de tirer du singe, au moyen du transformisme, les éléments matériels de l’homme que de le créer de toute pièce, le singe et ses précurseurs dans la série évolutionniste provenant toujours, comme première origine, du limon de la terre. Mais je préfère m'en tenir à l'antique et véridique récit, qui dit que Dieu forma l’homme d’un peu de matière à laquelle il insuffla la vie avec une âme créée à son image !.

L'âme, c’est ce qui caractérise l’homme, ce qui fait qu'il existe entre l’homme et l'animal une dif ‘rence non de degré, mais de nature. L'âme hamaine : ‘étant pas une âme animale perfectionnée, il a fallu pou. la créer une force supérieure à celle de l’évolution et d’une autre nature. Ce n’est pas précisément par sa physiologie, mais par sa psychologie que l’homme diffère du singe. L'animal, qui partage «vec l’homme les facultés sensibles, qui connaît et poursuit les closes sensibles, ne peut saisir les objets immatériels et abstraits, comme le vrai, le beau, le bien, l'infini, le fini, ete. Cet acte intellectuel révèle un principe en soi étranger à la malière ; son activité ne s'exerce pas par les organes du

relle, comme l'enseigne certain petit livre que nous connaissons bien et qui résout si clairement toute la philosophie de la vie, je ne puis m'expliquer, sans ce but final, l'existence de l'humanité “ la nuit se fait dans mon intelligence, et, dans mon angoissante perplexité, je ne reconnais plus dans l'œuvre de ia création l'Etre souverainement bon, juste et intelligent que je m'étais figuré. Si ma raison me défend d'agir sans but, comment imputerai-je à Dieu une déraison qui m'est interdite au point d’être impossible ? 1. Dans la revue The Ninetcenth Century, juin 1906, lord Kelvin, cet éminent physicien dont la science pleure encore aujourd'hui la perte, écrivait ces paroles reinarquables : « Je ne puis laisser dire qu'en ce qui tcuche à l'origine de la vie, la science n'affirme ni re nie de force» créatrice. La science exige positivement une force créatrice. »

corps. Concevoir l’immatériel... cela seul établit un abime infranchissable entre la connaissance par les sens et l'intelligence, la séparation radicale entre l’homme et tout le reste du règne animal. Aussi, M. Bryan, le célèbre politicien américain, avait-il grandement raison de protester, comme il l’a fait, à Montréal, un dimanche soir, le 9 février 1908, lors de l’émoi ou plutôt du scandale produit parmi la population de Montréal, par les leçons incomplètes, tronquées, antichrétiennes tout autant qu'antiscientifiques, du professeur de zoologie à l’Université McGill :

« Je ne m'étonne pas, disait-il, que d’autres entretiennent la théorie de l’évolution et si quelqu'un trouve du plaisir ou de l’orgueil à remonter au singe, je ne veux pas lui enlever cette satisf ‘ion. Tout ce que je désire, c'est qu’il ne me fasse jp : entrer dans sa famille. Qu'importe que l’homme &:t quelques traits ressemblants à ceux des animaux | I! ne possède pas seulement un corps ; il a un esprit et ur âme plus grands que son corps. Je ne veux pas que l’on base ma généalogie sur le tiers seulement de mes attributs. »

La science, d’ailleurs, n’a pas encore expliqué et ne saisira probablement jamais le mode de l'apparition de l’homme sur la terre, de même que celle des espèces existantes encore aujourd’hui ou que nous montrent les différentes époques géologiques.

Je ne répéterai pas ici ce qu’a déjà fait connaître M. l'abbé Perrin, professeur au grand séminaire de Montréal, dans les articles remarquables qu’il a récemment publiés dans la Revue Canadienne touchant les découvertes de restes humains préhistoriques, dont les partisans de l’évolution ont toujours fait grand bruit. Que de fois

il a fallu revenir sur des conclusions hâtives, basées sur des indices mal interprétés ou insuffisants, d'où perçait toujours l'évidente préoccupation de faire triompher quand même l’idée évolutionniste de l'origine animale de l’homme plutôt que la vérité pure et simple de la science. Ces découvertes d’ailleurs, quelque haut qu'elles puissent remonter dans les temps préhistoriques, nous prouvent que les hommes dont on a retrouvé ainsi les restes, vivaient dans un milieu intelligent, les instruments en bois et en pierre dont ils se servaient l’attestent, ainsi que les essais artistiques qu'ils exécutaient : de plus, ces hommes étaient religieux, leurs sépultures de même que les souvenirs pieux que l’on y retrouve, témoignent d’une foi indéniable en la survivance.

Les découvertes des crânes de Spy, de Néanderthal, de Malarnaud, de la Chapelle-aux-Saints, dans la Corrèze, en 1905, celle du squelette de l’homme fossile de la vallée de la Vézère, en Dordogne, au Moustier, en 1908, et, l’année suivante, de cet autre squelette fossile découvert à la Ferrassie, dans le même département, établissent qu'une grande partie de l'Europe occidentale, pendant la période dite « moustérienne » par les préhistoriens, était habitée par une race inférieure mais franchement humaine, rendue misérable par l’âpreté du climat et les dures conditions de l’existence. Cette époque moustérienne correspond au « pléistocène moyen » de la période géologique, époque de froid à en juger par la faune dont nous retrouvons les restes à côté de ceux de l’homme. Ces hommes étaient en toute vraisemblance les descendants de quelque tribu qui s'était de bonne heure éloignée du centre de la création, et qui, devenue errante, s'était notablement infériorisée tant au point de vue

organique qu'au point de vue de la civilisation. On pour: rait écrire un long chapitre sur les individus ou groupes humains qui, transplantés de leur milieu originel, auraient dégénéré. En voici un exemple frappant rapporté par Prichard :

« 11 y a deux siècles, une politique barbare chassa un grand nombre d’Irlandais des comtés d’Antrim et de Down et les confina sur les côtes de la mer où ils ont vécu depuis lors dans un état misérable, Aujourd’hui, ils offrent dans leur visage certains traits repoussants ; leurs mâchoires sont saillantes et laissent béante une bouche énorme ; ils ont le nez écrasé et des pommettes élevées ; leurs jambes sont arquées et leur taille extrèmement petite. C'est à ces caractères et à la gracilité anormale des membres que l’on reconnaît les peuples qui mènent une vie misérable et barbare. C'est ce qu'on observe suriout chez les Boschimen et chez les aborigènes de la Terre de Feu et de la Nouvelle-Hollande. »

M. Horatio Hale, dans une étude sur les tribus australiennes qu'il avait observées sur place. écrit que non seulement ces tribus provenaient d’un grand peuple qui aurait habité le sud de l'Inde, mais que si une colonie d'Allemands s'établissait en Australie dans des conditions identiques à celles des populations indigènes, elle arriverait, au bout de trois générations, à l’état de dégradation où il avait trouvé les Australiens. De fait, les missionnaires, les marins, les voyageurs, tous ceux enfin qui ont vu des sauvages dans n'importe quelle partie du monde, qui les ont comnus et qui ont vécu avec eux, s'accordent à les considérer comme des êtres tombés, dégradés, avilis. Plus ils vivent isolés, plus ils se dégradent. Le sauvage ne nent âtre le spécimen de lhom

me à son apparition sur la terre. Dieu avait trop bien réussi jusque-là dans l’œuvre de la création pour aboutir à ne rien faire de mieux de sa créature favorite qu’un grossier, féroce et stupide sauvage. Cela ne se conçoit pas. Le sens commun seul nous dit que le premier hom-

me fut un homme parfait, parfait en son intelligence comme en sa beauté physique !.

Le crâne du squelette de Néanderthal est considéré par les anthropologistes comme la forme cränienne la plus basse et la plus dégradée que nous aient livrée ces temps reculés, à tel point que les darwinistes de l’école de De Mortillet et de ses émules n'hésitèrent point à voir dans le type néanderthaloïde, qu'ils créèrent, le type des êtres intermédiaires entre le singe et l’homme, ou plutôt des hommes-singes en voie d'évoluer. Eh bien ! Vogt ET

Î. « Au commencement de celle année (1912) on à découvert en Angleterre, près d'Ipswich, le squelette d'un homme ayant vécu bien avant le type de Néanderthal moustérien. C'est, au dire de M. J. Reid-Moir, le plus ancien « anglais » découvert jusqu'à ce moment.

« On comprend avec quelle anxiété les transformistes s'informèrent de son étal-civil et de son signalement, On devait retrouver en lui tous les caractères de l'homme de Néanderthal ; l'homme de la Chapelle-aux-Saints serait un civilisé, en comparaison : en un mot, l'homme d'Ipswieh devait être une brute Voisine du singe,

“ Et vous voyez d'ici les litanies recommencer ! et la presse lout entière, qui ne manque jamais de signaler les découvertes préhistoriques « vieilles de quatre cent mille ans » — excusez du peu — reprendre le vieux refrain de l'homme descendu du singe.

« Or, je ne connais pas un journal français qui ait annoncé la bonne nouvelle ; MM. les préhistoriens qui « donnent » d'habitude sont restés muets... et pour cause.

« Déveine incroyable : l’homme d'Ipswich, « le squelette en-

lier le plus ancien » que nous possédions, est du « type moderne ! »

(L'abhé Th Moreux,

Vus ancétres d'après la scu uce)

remarque que le Dr Emmayer, aliéniste distingué, Bruce, le héros de l’Ecosse, et d’autres personnages de marque, avaient des crânes semblables à celui de Néanderthal'. Ces rapprochements hasardeux ne peuvent que discréditer la science des savants à systèmes préconçus. « Léopardi, par exemple, était un type de difformité physique et même de véritable dégénérescence : quel anthropologiste oserait mettre en doute la très haute intelligence du pauvre grand poète de Ginesta ? »?, Le crâne de Néanderthal, d’ailleurs, avait une capacité de 1.220 centimètres cubes, quelque chose au-dessus de la moyenne. Celui de l’anthropoïde le plus élevé ne dépasse jamais 500 centimètres cubes ”*.

1. De Quatrefages, cité par M. Colajanni dans son ouvrage Latins et Anglo-Saxons, Félix Alcan, Paris, 190$, p. 22.

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