‹ Questions d'hier et d'aujourd'hui [microforme]Chapitre 24 sur 49 · Colajanni, ouvrage cité · texte numérisé non relu

Colajanni, ouvrage cité

Il n'y a pas encore bien des années vivait ici même à Québec un homme très digne, distingué même, mais dont certains traits physiques accentués rappelaient ceux de notre prétendu précurseur, et je n'oublierai jamais le geste superbe de Buies lorsque, marchant à grands pas, comme c'était son habitude, il rencontrait ce brave homme : « Oui, Darwin a raison », disait-il, tout en continuant sa promenade.

3. La découverte de Raymond Dubois, à Java, dont on a aussi dans le temps beaucoup parlé, se réduit à un os de la jambe, deux dents et une partie de la boîte cranienne. Il est difficile de refaire un homme ou un animal avec d'aussi maigres débris, et surtout d'y trouver, hormis d’être doué d’un optimisme que rien ne peut ébranler, le trait d'union, « the missing link » comme il l'appelle, entre le singe et l'homme. On n’est pas même sûr que ces fragments, retrouvés à quelque distance les uns des autres, appartiennent au même individu. D'ailleurs les couches dans lesquelles ces restes ont été déterrés sont de formation relativement récente (terrains quaternaires). Et puis, ce n’est pas une seule trouvaille de ce genre qu'il faudrait pour établir une vérité scientifique comme celle que l’on voudrait prouver, mais des centaines.

L'hypothèse darwiniste, par les conditions du milieu et d'adaptation qu'elle invoque, nous fournit la raison de certaines modifications secondaires subies par les espèces, sans pouvoir nous renseigner sur les créations primordiales. Concluons que l'anatomie n'est pas favorable aux prétentions des matérialistes. « Le passage actuel du singe à l’homme est fermé par des barrières que la science interdit de franchir. L'homme n'est pas un singe perfectionné ; le singe ne peut être regardé comme l’ébauche incomplète de l’homme » 1. « Chaque progrès positif fait dans le domaine de l'anthropologie préhistorique, disait naguère Virchow, dont l'autorité est si grande en ces matières, nous a éloignés de cette filiation originelle de l’homme... Toutes les recherches entreprises dans le but de retrouver la continuité dans les développements progressifs ont élé sans résultat : il n'existe pas d’homme-singe. Le chaînon intermédiaire demeure un fantôme... L'homme quaternaire était absolument semblable à l’homme actuel... « Il en est, pouvons-nous répéter avec M. de Quatrefages, qui n’acceptent pas sans murmure cette nécessité, et qui protestent au nom de la Philosophie. Laissons-les dire, contents d’avoir pour nous l'expérience et l'observation. »

Supprimer le miracle ! Voilà la grande affaire, le seul argument qui fait que l'on proteste quand même en faveur du transformisme au nom de la philosophie. « Voilà pourquoi, en dépit de ma longue et sévère critique du transformisme, mes préférences lui sont acquises » ?, nous dira M. Contejean, matérialiste et athée.

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