‹ Questions d'hier et d'aujourd'hui [microforme]Chapitre 25 sur 49 · G. Contestin, Le Matérialisme et la Nature de l'Homme · texte numérisé non relu

G. Contestin, Le Matérialisme et la Nature de l'Homme

2. Revue scientifique, 1881, Farges : La Vie et l'Evolution, p. 276.

-MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)

> (ll 2.8 IL25

Le pe 36 ==

FEEFEEEE

EF F Fe

LE

Lie.

APPLIED IMAGE Inc

1653 East Main Street Rochester, New York 14609 USA (716) 482 - 0300 - Phone

(716) 288 - 5989 - Fax

À re

« Je reconnais sans peine — avoue M. Yves Delage, professeur d'anatomie et de physiologie comparée en Sorhonne, transformiste cependant — qu’on n’a jamais vu une espèce en engendrer une autre, ni se transformer en une autre, et que l’on n’a aucune observation absolument formelle démontrant que cela ait jamais eu lieu. J'entends ici une vraie bonne espèce ; fixe comme les espèces naturelles et se maintenant comme elles, sans le secours de l’homme. Je suis absolument convaincu qu'on est ou qu'on n’est pas transformiste, non pour des raisons tirées de l’histoire naturelle, mais en raison de ses opinions philosophiques. S'il existait une hypothèse scientifique autre que la descendance pour expliquer l'origine des espèces, nombre de transformistes abandonneraient leur opinion actuelle comme insuffisamment démontrée » !.

Pour Haeckel, la seule chose qui importe dans tout ce débat à propos du transformisme, c’est d’écarter le surnaturel. « Ce qui doit le faire admettre, dit-il, malgré son insuffisance, c’est qu'il permet d’exclure toute intervention de Dieu : c'est là son grand mérite. »

Ce que les croyants ont donc le plus à reprocher aux savants malérialisles, du moins à plusieurs d’entre eux, ce sont leur mauvaise foi, leurs sophismes débités sous le couvert de la science, quelquefois la haine du Créateur et des vérités révélées qui leur fait entasser volumes sur volumes pour expliquer sans « l'hypothèse-Dieu » l'existence de l'univers, l’origine de la vie, celle Ces espèces et surtout celle de l’homme ; c’est l’imputation gratuite et injurieuse qu'ils lancent à l'adresse

1. La structure du protoplasme et les théories sur l'hérédité et les gran, problèmes de la biologie générale, p. 184, Paris, 1905.

age, en nais mer bsoieu.

les ans ncu des

| de 1èse puer lon-

COURANTS DE DOCTRIXES 185

des catholiques, dont la mentalité, Victime de la tyrannie des dogmes, disent-ils, les rendrait impropres aux echerches scientifiques. Enfin, sur «ombre de questions, ils dénaturent, travestissent les faits plutôt que d’avouer leur ignorance où d’être forcés d'expliquer par le surnaturel l’origine de l'univers, la création de notre globe et de ce qu’il contient. Ils étaient là, il y à quelque quinze ou vingt ans, une bor' 1e demi-douzaine, les Haeckel, les Büchner, les De Mortillet, les Renan, les Berthelot, les Moleschott, qui avaient la prétention de par-ler seuls au nom de la science, qui s’en adjugeaient le monopole exclusif, et refusaient le titre de vrais savants à {ous ceux qui ne voulaient pas, comme eux, nier la révélation, l’existence de Dieu, de l’âme et d’un au delà après la mort, C'est en vain qu'on leur avait déjà laissé entendre par la voix de Thiers que « le catholicisme n'empêche de penser que Ceux qui n'élaient pas faits pour penser ». C’est en vain que nous citons aux savants matérialistes Contemporains la liste quasi interminable des découvertes dont le clergé et les ordres monasliques ont enrichi la science pendant tant de siècles, les universités que l'Eglise a fondées au moyen âge,

grand centre d'activité intellectuelle où, selon l’expres-

sion de Carlyle, « ont pris leur origine et se sont per-

feclionnées toutes es inventions et toutes les institutions

Sociales, à l’aide desquelles, aujourd’hui encore, notre

vie est vraiment celle d'êtres civilisés. » C'est en vain

que nous leur redisons les déclarations d'hommes de

science, de philosophes célèbres, qui proclament bien

haut que « jamais leur raison ne s’est trouvée en lutte contre les enseignements de l'Eglise, qu'ils n'ont ja- Mais senti de lisières ni ne Se sont vus à un état d’es-

clavage intellectuel »!. Ils n’en crient pas moins fort et avec moins d’audace que « la Science et la Foi sont antagonistes, que ce sont deux pôles contraires. » Nous avons beau corner aux oreilles de nos contempteurs qu'il n'existe pas, qu’il ne peut exister de conflits entre la Science et la Foi, que les savants les plus illustres, ceux qui ont su élever la raison à son plus haut degré de développement scientifique, étaient religieux et profondément chrétiens, que les Képler, les Pascal, les Ampère, les Cauchy, les Hermitte, les Champollion, les Pasteur, n'ont jamais constaté que leurs découvertes aient produit chez eux un affaiblissement quelconque des convictions profondes dont ils se sentaient animés, ils n’en continuent pas moins à clamer que la Science et la Foi sont ennemies et irréconciliables.

C'est que, à côté de la science positive, fondée sur l'observation et l'expérience, qui es: la science véritable, sérieuse, celle dont se réclament les grands hommes dont je viens de citer les noms, {ous ceux enfin qui dans tous les siècles et dans toutes les branches du savoir, ont su élever, on ne peut trop le redire, la raison à son plus haut degré de développement scientifique, il y a une science tronquée, incertaine, aventureuse, au moyen de laquelle on cherche à imposer aux esprits crédules et non prévenus, comme des dogmes indiscutables, l’adoption d’hypothèses intéressées. Les adeptes de cette science, dans les explications qu'ils prétendent nous donner des grands problèmes de la nature, par exemple — dit l’auteur des Ignorances de la Science — comment le monde a commencé, tout seul, ou comment un ani-

1° Orestes-Augustus Brownson.

mal qui n'avait fait que grogner, glousser ou aboyer, durant des siècles, est devenu homme et s’est mis à parler, ont une manière de s'exprimer qui leur est particulière : « La Science dit. la critique établit... il se peut que... à un moment sans doute. il dut arriver.…, etc. » La vérité est qu'ils ignorent absolument comment cela à été fait, quand cela a été fait, pourquoi cela a été fait, qui l’a fait, même si cela a été fait, et ils s’efforcent, à l’aide de leur jargon scientifique, de dissimuler leur embarras et la peine qu'ils se donnent pour se passer de Dieu. « Vraiment, à certains moments on ne peut retenir son indignation; tout réclame : la voix du genre humain, la dignité de l’homme, l'aspiration à un monde supérieur, la soif de connaître l'infini, le sentiment même de cet infini, la conscience de la sublimité de notre nature, qui ne consent pas à descendre ; puis, la conviction que ces prétendus savants ne sont pas convaincus, que tout au moins ils doutent, qu'ils continuent seulement parce qu'ils ont commencé, qu'ils sont de mauvaise foi, et enfin, et toujours, qu'ils ignorent, qu'ils ne savent pas »1,

La science a son domaine borné au monde physique : elle ne peut dépasser l’expérience sensible. Le monde moral lui est inaccessible. Son impuissance à résoudre les problèmes de l’âme est manifeste. Elle est non seulement inapte à se substituer à la religion et à fonder une morale, mais elle ne peut même pas, seule, éduquer l'homme. « Si vous Parlez maintenant de choses morales, de ce qui élève les âmes, de ce qui fait un peuple

uni et fraternel, et Par conséquent solide et prospère, mn

Page 1