C'est toujours Miss Beatrix Tracy qui parle
tions de prospérité nationale. Les hommes avec qui elles travaillent les traitent comme des camarades ; c’est dire qu'ils ne leur témoignent plus cette bonté et cette considération dont elles étaient autrefois l'objet. Elles sont en vérité des femmes libres, ou mieux libérées de toute surveillance, de toute protection, et même de tout se- Cours, excepté ceux qui leur peuvent venir de la part des amoureux qui pensent les ramener à l'éternel assujettissement du mariage et du foyer, ou de la part des 50ciétés de bienfaisance qui font ce qu’elles peuvent pour aider ces pauvres épuisées. Car l'exercice de leurs privilèges les épuisent, souvent à ce point qu'elles sont trop faibles et trop exténuées Pour pouvoir en user davantage ! Ces bienheureuses Australiennes ont donc, dans leur paradis industriel, toutes les libertés de l’homme, mais elles ont aussi ses privations. Il est très rare qu'elles j ‘uissent des consolations propres à la femme, ces joies intimes que les influences du dehors ne sauraient remplacer.
« De tous les emplois que j'ai remplis ou vu remplir, de toutes les positions que j'ai occupées où vu ocfuper, à l'exception du service domestique, je n’en ai pas tro. vé une seule qui pt convenir parfaitement à la femme. Le travail dans les fabriques ou dans les Magasins demande de la part de la femme un effort physique qui est nuisible à sa santé, sans compter que son labeur n'est pas assez rémunéré, en Comparaison du salaire qu'on paie aux hommes. On alléguera que ce sont 1à des lacunes auxquelles une législation pourrait remédier » C'est possible. Mais les codes ne feront jamais un industriel heureux d’un être humain que sa nature n'a point pourvu à cette fin, que son tempérament porte au
mariage et à la maternité, et dont c’est le désir inné de revenir au point où elle se trouvait avant que la féministe moderne ne découvrit la pomme amère de légalité des sexes et ne lui en donnât à manger.
« Dans les emplois domestiques, la femme reste vraiment femme. Il s'ensuit que les femmes employées à ces travaux sont, comme classe, plus heureuses et ont meilleure santé que celles qui peinent dans les manufactures. Au fond, je pense que cet heureux résultat provient du fait que ces sortes de travaux préparent à l’état du mariage — tellement la femme, de sa nature, instinctivement, involontairement, s’y trouve bien ! Le travail est assez dur, mais il est propre aux personnes du sexe, et il rapporte un salaire suffisant pour assurer un entretien convenable. Au contraire, dans toute autre occupation, qu’elle exige beaucoup ou peu d'activité, peu importe, la femme généralement, en échange de sa santé et de ses fatigues, gagne à peine assez pour vivre.
« Et cependant, l’un des effets directs du mouvement féministe moderne a été de rendre le travail d'intérieur impopuiaire. On y attache une idée de déchéance : il n'est point classé comme travail libre, digne de la femme émancipée! Pourtant, mes expériences, comme ouvrière dans les établissements industriels, m'ont démontré que les travaux d'intérieur sont ceux qui conviennent par-dessus tout à la femme. La nature veut qu'il en soit ainsi. J’ai trouvé sans doute, au cours de mon enquête, quelques exceptions, mais d'ordinaire, parmi les classes obligées à travailler, aucun groupe de femmes ne jouit d’une meilleure santé et d’un plus réel bonheur que celles qui s'occupent à la maison, soit chez elles, soit en dehors. Elles Peuvent bien peut-être mur-
murer contre leur sort, envier la liberté des employées de fabriques ou de magasins ; mais la nature, ignorant leurs idées sur le sujet, ne fait pas moins d’elles des personnes bien portantes et vraiment femmes, tandis que toutes celles qui sont occupées aux métiers montrent le plus souvent une véritable dégénérescence physique, et, à mon avis, une déformation de caractère.
« Laissant de côté le magasin et l'atelier, et reportant mon attention vers les emplois professionnels, j'éprouvai plus de difficultés à poursuivre mon enquête, mais les mêmes conclusions semblaient forcément s'imposer. La femme émancipée ne: témoignait pas d’un bonheur aussi réel que la femme encore sous le joug de la servitude. Sans doute, la femme professionnelle éprouve parfois la joie du succès ; mais c’est un succès comparatif, qui la rend simplement merveilleuse. Cela peut lui suffire pour justifier son intrusion dans des sphères jadis réservées à l’homme ; mais un succès d'occasion de la part d’une femme dans une profession quelconque prouve peu de chose en faveur de son sexe.
« IT arrive qu’un esprit viril anime un corps de femme. Dans ce cas, elle manque d'aptitude ou d’inclinalion pour ce qui est de sa sphère naturelle, d’où il suit que sa déviation du sentier propre à son sexe ne tire pas à conséquence. C’est l'exception qui prouve la règle générale de l’incompatibilité de la femme pour tout ce qui est du domaine de l’homme — et comme un phénomène qui combine les attributs divers de l’homme et de la femme et peut ainsi sous la forme de l’une mener la vie de l’autre.
« Relativement à l'émancipation politique, les expériences qui ont été tentées en ce sens semblent de date
trop fraîche pour autoriser une conclusion judicieuse. Le droit de vote pour les femmes en Australie n’a produit jusqu'ici aucun effet particulier, soit pour le mieux, soit pour le pire. Dans la Nouvelle-Zélande, il semble à la fin devoir exercer une certaine influence, s’il faut en croire un récent mouvement antialcoolique. Que l’on soit animé d’intentions louables, cela ne fait aucun doute. Mais les conséquences de cette intervention politique, Pour les quelques bons résuliats qu'elle peut amener, sont accompagnées de beaucoup de mauvais 1. L'éducation supérieure des femmes est certainement une idée
1. Voici, au sujet du suffrage des femmes, quelques opinions basées, semble-t-il, sur la raison même : Pie X déclare : « Ceux qui prétendent rendre la femme égale en tout à l’homme, lui assurant les mêmes droits qu'aux hommes, sont assurément dans l'erreur. La femme mélée AUX agitations de la vie publique
torité mitigée par l'amour, pas plus. » — Le Cardinal Gibbons dit : « S'il devenait réalité, le suffrage féminin serait le coup de mort de la vie domestique et du bonheur des familles ». — Maurice Barrès : « Je veux bien que les femmes votent, et je crois qu’elles voteront, dès qu’elles s’aviseront de le désirer, mais je n’y vois pas d'utilité générale, Puisqu'elles n’ont indiqué jusqu'ici aucune vue politique Propre. » — Carolus Duran : « Je crois que le vote des femmes sera plus instinctif que raisonné. Il est possible qu'il serve les intérêts de la femme, mais quant à ceux de la race, je ne crois pas. Leur vote Pourrait être un dan- &er social, il peut dépendre d’une lubie ». — Christina Rosetti : « Les féministes Prennent pour une force la faiblesse qu’elles ont de ne pouvoir vivre dans l'ordre. »
(Note du traducteur, .
tourner la culture intellectuelle des personnes de son sexe dans une autre direction. Les femmes, d’après les principes du mouvement féministe, doivent s’efforcer d'acquérir une brillante éducation, afin de se pousser aussi loin que possible hors de leur sphère naturelle. Un idéal préférable assurément serait, pour elles, de se mettre en état d'acquérir la plus haute culture intellectuelle possible, afin de rendre leur foyer plus riant, leur compagnie plus aimable, leur conversation plus intéressante el l’accomplissement de leurs devoirs de mère plus parfait !.
«IT faut bien convenir qu'on ne peut mettre au compte du mouvement féministe contemporain aucune œuvre saine et méritante, et que ce mouvement a plutôt été un mouvement très pernicieux. Il n’a pas rendu la femme plus heureuse. II ne lui a pas fourni non plus l’occasion d’être plus utile. J’accorde qu'on ne doive pas refuser aux femmes le privilège de concourir avec les
hommes dans la plupart des sphères d'activité. Mais les EE
1. La femme au foyer, comme au centre de son activité, de ses pensées, de son cœur, c’est parfait ! Mais, pour parler d’exceptions et non de règle générale, il y a aujourd'hui des jeunes filles qui n'ont point de foyer, des femmes dont le foyer est éteint, ou bien, au contraire, dont le foyer est tellement vi. vant que les ressources d’un seul sont insuffisantes. I1 faut alors se dépenser au dehors, sous peine d'être à la charge de Ja «ociété, de ses proches, ou de s’abandonner à l'inconnu. En dehors des carrières libérales, des fonctions admin.stratives en général et de la politique, dont jugeront toujours mieux de s'abstenir les femmes qui comprennent le rôle que la nature leur assigne, il existe, sous le régime économique que les cinquante dernières années ont créé, nombre d'emplois ou d'occupations que la femme peut. honnêtement rechercher sans empiéter sur le domaine de l’homme et sans lui faire une concurrence trop désastreuse. Il y a même aujourd'hui des états, des fonctions publiques qui conviennent mieux aux femmes qn'aux hommes, qui, en tout Cas,
son les cer ser le.
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encourager dans cette voie serait dangereux, et toute tentative de dissuasion qui n'irait pas jusqu’à la contrainte serait grandement justifiée. En ce qui regarde la politique, le droit de vote pour les femmes ne devrait pas être étendu à un Pays qui ne l’a pas encore admis, jusqu’à ce qu’une expérience d’au moins un demi-siècle chez les peuples qui l’admettent ait permis de juger ce que vaut sa pratique. Je me garderais bien de parler ainsi si je croyais que la femme pt retirer profit ou satisfaction réelle dans l'exercice de son vote — qui ne lui apporte d’ailleurs aucun accroissement d'influence ou de pouvoir ! Au mieux, elle vote comme fait son enlourage masculin. Au pis aller, elle esl amenée, pauvre victime, à accorder sa confiance à quelque brillant discoureur qui en appelle plutôt à ses nerfs qu’à son jugement.
« Avouons-le sincèrement, le vrai bonheur de la fein-
ter : « L’instruction féminine la plus élevée possible est un vœu de la religion autant qu'une nécessité de l'heure présents : (Sertillanges : Féminisme et Christianisme). La religion de la femme à fout à gagner à cette haute culture intellectuelle, qui la mettra mieux en mesure de faire justice des sophismes qui courent aujourd’hui le monde. Ce que la religion craint par-dessus tout, ce n'est pas la science, c’est l'ignorance. Je verrais même avec grand plaisir, comme Couronnement à l'éducation que nos jeunes filles reCoivent déjà dans les différentes institutions du Pays, la fondation d’un établissement supérieur dans le genre du Trinity College, affilié à l’université catholique de Washington, dont pourraient bénéficier du moins un certain nombre de jeunes personnes. Une épouse instruite, solidement, supérieure. ment instruite, possédant une notion plus exacte des choses, est d'abord mieux Préparée à remplir tous ses devoirs, à être la vé-
me ne peut se trouver que dans la reconnaissance et l'acceptation des faits naturels, et c'est sur les bases solides de ces faits qu'elle doit asseoir ses nouvelles aspirations. Avec le progrès de la civilisation, la femme a certainement gagné en souveraineté, avantage qu'elle doit à la reconnaissance et à l'appréciation par l’homme de la valeur de son sexe, à cause de l’agrément, des conseils et des encouragements que sait donner une femme aimable et bonne attachée à son foyer. Le vrai rôle de la femme est si intimement lié à son foyer que, hors de sa maison ou sans espérance de se créer un chez-soi, elle ne compte pas dans le calcul des biens d’une na. tion. Voilà la conclusion qui découle de l'observation
des faits, et que certaines émancipatrices sont bien obligées de reconnaître. »
ete emma
ritable compagne de son mari, la mère prévoyante, éclairée et
dévouée de ses enfants ; ensuite les joies intellectuelles qu'elle éprouve et les émotions
(Note du traducteur).
Note de la Rédaction. — Nous n’apprendrons pas à notre col laborateur, sans doute, qu’à Montréal, nous avons à peu près ce qu'il désire dans notre Ecole d'Enseignement Supérieur pour les Jeunes Filles.
(Revue Canadienne).
vu
(Février 1911)
Notre âge est témoin d'étranges choses ! Les événements les plus extraordinaires, et même les plus invraisemblables, se succèdent avec une rapidité qui nous confond. Je ne sais, Par exemple, si vous avez remarqué la flagrante contradiction qui existe entre les actes et les discours des adeptes de la franc-maçonnerie, à en juger par ce qui s’est passé récemment en France, en Espagne et surtout au Portugal. Il y a là, assurément, sérieuse matière à réflexions, pour des chrétiens convaincus. Je ne voudrais Pas donner aux frères trois
nant. Et les suppôts des loges font, hélas | trop facile. ment des victimes.
Les francs-maçons aiment la dissimulation, la duplicité, l'hypocrisie. Se sentent-ils faibles, menacés » Ils
Pour ne pas heurte; l'opinion. Se croient-ils les plus forts, assurés de l'impunité ? Ils opèrent au grand jour,