‹ Questions d'hier et d'aujourd'hui [microforme]Chapitre 30 sur 49 · Æ PT Ÿ · texte numérisé non relu

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sans scrupules, sans ménagements. Mais. même alors, ils trompent. Ils s’annoncent comme les amis des lettres, de la science, de la philosophie. Ce sont de vrais loups sous des peaux de brebis. Ils affirment, ds une phraséologie verbeuse et mielleuse, qu'ils ne cherchent que le progrès de la civilisation et l'intérêt du peuple. Mais leurs actes ne répondent pas à leurs discours.

Quand ils parlent des catholiques, des fidèles ou des prètres, ils les appellent des « cléricaux ». C'est là, dans leur intention, un vocable suspect, insidieux, qu'ils jettent dans la phrase de façon à éveiller un sentimen! d’hostilité et de défiance. Si on les accuse d’intolérance, de persécution, ils se voilent la figure, font les scandalisés, protestent de la purelé de leurs intentions, se défendent même « d’avoir jamais élé les agrec ours de personne ».

Voyez Nathan, qui se prévaut de sa position officielle, dans une cérémonie d’apparat, pour se livrer à de vulgaires invectives contre le Souverain-Pontife, fausser la vérité et blesser profondément les catholiques du monde entier. On lui répond, on met les choses au point. Le voilà qui fait l’étonné. I] prétend qu’on ne l’a pas compris, qu’on dénature sa pensée, qu’on le calomnie. 1

l'en croire, il serait l'innocence même, et non le maroufle dont on se plaint.

On sait quelle politique a été suivie en France depuis et

{. La distinction entre le catholicisme et le cléricalisme, disait en 1880, dans une loge, M. Courdaveaux, est purement off cielle, subtile, pour les besoins de la tribune ; Mais ici, en loge, disons-le hautement, pour la vérité, le catholicisme et le cicri-

calisme ne font qu'un. (Lenervien, le Cléricalisme maçonnique, p. 121).

un quart de siècle et plus. Lois votées contre l'Eglise, ses enseignements, et ses institutions, lois destinées à lé- £aliser la confiscation des biens ecclésiastiques, lois d'os- ; tracisme contre de pauvres moines et de pauvres Sœurs, dont le seul crime était de mener un genre de vie con-

traire à l'idéal républicain des maîtres du jour, toutes p. ces lois ont été volées, lesquelles, sous une forme ou sous , 3 une autre, tendaient à déchristianiser la France, Et tout $ ex cela se faisait au nom de la liberté, de la justice, du pro- ‘11 grès. Curieuse liberté, vraiment, singulière justice et k

lonnant progrès ! Ce vocabulaire républicain ne seraitil pas surtout franc-maçon ? Est-ce que plusieurs des auleurs de ces lois n'étaient Pas eux-mêmes des francs-ma- ‘ons connus ? Est-ce que les chefs de ces ministères ne

recevaient pas des loges des approbations publiques ?

Bien plus, la secte elle-même ne s'est-elle pas lüujours (5 #0 slorifiée d’avoir inspiré cette politique, d’avoir élaboré * dans ses convents tous ces projets de lois que les Chambres faisaient ensuite docilement adopter ? Et il faut bien croire qu'il ÿ avait là plus que de simples vantar. dises. Car jamais les Chambres n’ont formulé à ce sujet le moindre désaveu. Que devient alors le suffrage universel, que devient le fameux vote populaire ? Un rouage inutile dans l'administration des affaires du pays, Pas autre chose.

On connaît aussi la crise politico-religieuse que subit actuellement l'Espagne. Si la masse populaire n'était Pas encore croyante et si l'attitude des catholiques n'e:. imposait pas aux francs-maçons espagnols, la crise aurait eu déjà son dénouement. La liberté de l'Espagne ne Serait plus qu’un mot, et Je pays des saints serait sous le joug, comme semble l'être celui de France. Qu'on en

juge par l'adresse que la secte a osé adresser au premier ministre de ce pays, Canalejas, qui du reste n’a pas ressenti l’insulte, lui qui se dit catholique !

« Les loges maçonniques, refuge de toutes les libertés et des idées progressives, qui travaillent à resserrer les liens fraternels qui doivent unir tous les peuples, sans distinction de race ni de couleur, vous admirent et vous applaudissent. La Maçonnerie ne peut répandre les principes humanitaires qui sont à sa base sans la liberté de toutes les consciences, et sans la tolérance civilisatrice de toutes les opinions.

« C’est pourquoi, Excellence, nous vous engageons à continuer dans le chemin que vous avez déjà pris, sans redouter les conséquences de la lutte, et la victoire de la liberté sera certaine. La grande loge Catalana-Balear, au nom de toutes les puissances maçonniques du monde, vous offre l'influence énorme et universelle de son organisation indestructible ».

On dirait presque un texte tiré de l'Evangile. C'est tout simplement la doctrine du Christ sur les devoirs des hommes les uns envers les autres. C’est aussi la doctrine qui a civilisé le monde. Mais de quel droit oseton lui mettre une étiquette maçonnique ? Si les francsmaçons étaient sincères et conséquents avee eux-mêmes, ils seraient des hommes de paix et de justice, des patrioies dévoués à leur pays, enfin les meilleurs satholiques du monde. C’est le contraire qui est vrai Seulement il faut tromper les naïfs, endormir les geLs, recruter des adeptes. Les Espagnols en sont encore, au mM:.1s en partie, à la période de préparation.

Au Portugal, il semble it qu’on sc:: plus avancé. Les derniers événements l’é «h'issent, L, royauté, comme on sait, a fait place à la !'éjublique. Le roi Manoël, mal conseillé, a fait le jeu de ses adversaires. Il a planté là son pays et assuré à abord la sécurité de sa personne. Or, plusieurs des membres du nouveau gouvernement sont, dit-on, francs-macons., En tout cas, c’est un gouvernement d’athées. Ses membres se réclament du positivisme, dont le but, poursuivi par la maçonnerie — je parle ici de la franc-maçonnerie continentale, qui relève du Grand-Orient de France — est d'établir dans les âmes le règne de l'athéisme, de détruire, dans les mœurs et les institutions du pays, toute influence chrétienne et religieuse. « Les religions, mais, mes frères, c'est contre elles précisément, c’est contre l’œuvre sacerdotale de tous les temps que la franc-maçonnerie s’est fondée, c’est contre elle qu'elle livre ses combats séculaires » ?. Le chef du nouveau régime, dans sa proclamation annonçant la chute de la monarchie, déclarait que la République serait magnanime, généreuse, protectrice de la paix publique : qu'elle respecterait la vie et les propriétés des citoyens ; que le gouvernement qu'il allait fonder serait un gouvernement de liberté, de progrès, de rénovation sociale, « d’austère moralité et de justice immaculée ». C'était vraiment à se féliciter d’être né Portugais en l’an de grâce 1910 ! Le jour même de la prise du pouvoir le nouveau ministre mettait en effet un programme à exécution, non pas celui, hélas ! par lequel, avec une si remarquable grandiloquence, il s'était patriotiquement épanché dans le cœur de ses compatrio-

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