Allocution prononcée au convent du Grand-Orient de
par le franc-maçon Béla:.
tes. mais l’autre, le véritable ! Sans tenir compte des convenances les plus élémentaires, il décrétait la suppression des ordres religieux étrangers, avec injonction d’avoir à quitter le pays dans les vingt-quatre heures. Naturellement, les religieux supprimés, on confisquait leurs biens. Et on atteignit ainsi 3 à 600 personnes, hommes, femmes ou enfants, qui vivaient et priaient Dieu dans un état de leur choix. On aurait pu, au moins, pour sauver les apparences, retarder de quelques jours ou de quelques semaines cette inhumaine expulsion. Mais les francs-macons portugais étaient pressés de contenter leur haine. D'ailleurs, la politique du Grand-Orient a toutes les audaces; quand elle croit pouvoir compter sur l'impunité. On renouvela donc les exploits des « fous furieux » du ministère Combes en France. Un collègue du premier ministre portugais, le ministre de la justice, disait que la question principale pour le moment était celle des ordres religieux. Plus d’un aurait cru qu’à l'occasion si grave d’un changement de la constitution d’un pays, des préoccupations autres que celles de molester des gens dans l'exercice de leur liberté s’impo saient. Il n’en fut rien, et la dissolution générale des congrégations ne tarda pas à être prononcée. On est loin làbas d’entendre la liberté comme en Amérique.
De même, en France, depuis Jules Ferry, un francmaçon haut gradé, jusqu’à ces tout dernières années, la question religieuse a semblé être l'unique occupation des grands politiciens. Elle revenait avec une persistance désespérante à chaque session devant le Parlement, tant et si bien que toutes les mesures propres à déchristianiser un pays, en ruinant l'influence religieuse, sont
maintenant passées dans les lois. Mais il va bien falloir s'occuper d’autres sujets maintenant que la vie économique de la France est menacée, que l'avenir national est en péril et que les effets de cette propagande antichrétienne se font sentir à l'absence de discipline morale chez les foules, à la criminalité des jeunes et à la dépopulation du pays !.
Mais, revenons au Portugal. Pendant que des centaines de religieux étaient ainsi mis dans la nécessité d'abandonner leur pays, les prêtres étaient attaqués partout, les églises saccagées. Ostensiblement la révolution avait pour but la liberté. En réalité, c’est à l'Eglise qu'on en voulait. « La Révolution portugaise a été dirigée bien plus contre les prêtres que contre la monarchie », écrivait à son journal, le Correspondant du Daily Telegraph. « On s’est battu au Portugal pour la Liberté avec une majuscule », dit un autre observateur des récents événenements, « et l'on ne veut pas même laisser la liberté avec une minuscule à ses adversaires. » « Les premiers be mp
1. « La criminalité a crû à proportion de l'application des lois Ferry », écrivait de-ièrement dans Le Gaulois M. Frédéric Masson, de l’Académie française.
« Le nombre des condamnés au-dessous de 18 ans, disait l'an dernier un avocat célèbre, a quintuplé en vingt ans. »
« Nous avons dépensé des millions, disait en 1908 le socialiste Faillet, ancien communard, pour l'enseignement, et nous sommes obligés de reconnaître que nous n'avons construit que des sépulcres d'où est absente l'âme de la France. »
« Elles sont enviables, écrivait naguère la Revue des Deux. Mondes, ces écoles à la morale laïque ou indépendante | Que serait-ce donc s'il n'y avait pas ci et là dans ce malheureux pays des institutions où nombre de petits Français sont encore réellement éduqués, c’est-à-dire élevés chrétiennement ? »
« Le peuple français vivra-t.il encore au XXI° siècle ou au AXIIe siècle, ou bien aura-t-il alors achevé son suicide, se de-
récits présentaient la révolution comme immaculée. Pas un acte de violence n'avait été commis, pas un assassinat, pas un vol ! Il n’en a malheureusement pas été ainsi, et si c’est là l’histoire du premier jour, ce n’est pas celle du lendemain. Des couvents ont été forcés et pillés, des prêtres ont été tués, d’autres ont été chaque jour insultés dans la rue et ont eu de la peine à fuir en se déguisant. Le Père Frague, confesseur de la reine, a été lâchement assassiné » !.
L'avenir nous dira si le régime qui a succédé à la monarchie n'ouvrira pas l’ère des complots sanglants et des guerres civiles, dont nous voyons de si fréquents exemples dans les républiques latines sud-américaines. Le gouvernement s’est installé par la force, après avoir payé les soldats et les marins félons. Ses membres ont expulsé de bons religieux sous prétexte qu'ils s'étaient rendus coupables d'abus. La vraie raison, c'était leur haine maçonnique contre le christianisme et tout ce qui de loin ou de près s’y rattache. Car enfin il existe d’autres moyens que la proscription pour réformer les abus. Tout gouvernement hornête, étranger aux doctrines du Grand-Orient, aurait su procéder, en pareille occasion,
mande M. Paul Leroy-Beaulieu dans l'Economiste français du 25 juin 1910. Car il n’y a aucun doute à ce sujet, s’il continue de ce train, le peuple français, de souche française, aura perdu un cinquième ou un quart de son effectif avant l'expiration du siècle actuel, et il n’existera plus, plus du tout, il aura disparu complètement, avant la fin du XXIIe siècle, c'est-à-dire avant deux cents ans. » Et le grand économiste français n’est pas le seul à signaler ce fléau de la dépopulation. Le comte de Caprivi a pu dire à la tribune du Reichstag allemand que chaque recensement donnait à son pays, par rapport à la France, l'avantage d’un corps d'armée.