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son autorité... C’est sur cette terre, c’est dans cette vie humaine et courte qu'il convient de se hâter de jouir. Mais le devoir, mais la morale, mais la famille, ce sont autant d'obstacles à la pleine jouissance, et peu à peu l'être faible sur lequel est tombée cette semence malsaine a compris que la procréation, cette charge naturelle, était la première dont il convenait de se débarrasser. Les ménages, devenant de plus en plus indifférents aux traditions de la foi, ont appris, par raison d'économie, à limiter le nombre des enfants.
« Toutes les lois votées contre les croyances ont eu ce
résultat ».
C'est donc surtout au système d'écoles imposées et contrôlées par l'Etat, qui n’y tolère aucun enseignement religieux, et, où, tout invraisemblable que cela puisse
nous paraître, les instituteurs n’y peuvent pas même prononcer le nom de Dieu, qu’il faut attribuer le fléau de la dépopulation, mais encore, autre cause d’inquiétude pour l'avenir, la progression constante de l’alcoolisme, de l’anarchie et de la criminalité, et en particulier de la criminalité juvénile, qui s’est accrue dans des proportions alarmantes. De fait, trois éléments de la cri. minalité sont en progression : le nombre, la précocité et l'impunité. On ne dit plus aujourd’hui comme autrefois : « Si jeune et déjà criminel », Car ce qui était considéré jedis une exception est maintenant la coutume. On est obligé de convenir enfin que les écoles laïques sont devenues des pépinières d’apaches. C’est M. Lavisse, un des universitaires les plus éminents de la Ré: publique et des plus appréciés des gouvernants actuels,
acadériicien et professeur, qui reconnaît que ni l’école primaire, ni l’enseignement secondaire, ni les cours supérieurs des Facultés, malgré tous leurs progrès scientifiques et pédagogiques, ne sont des milieux propices à l'éducation.
C'est que l'instruction n’est pas d'elle-même moralisatrice. Le savoir, l'érudition, peuvent bien reculer les misères de l'ignorance, mais ils ne rendent l’homme vertueux et moral qu'autant qu'ils sont unis à la pratique de la religion. C'était l’idée favorite des meneurs de la Révolution d’attacher à l'instruction une vertu intrinsèque et suffisante par elle-même pour moraliser l’homme ; l'expérience contraire de tous les jours n'a Pas encore suffi pour désabuser nos novateurs contemporains. Qu’une instruction sans religion soit pire que l'ignorance complète, est une vérité qui devient de plus en plus évidente. Ce sera la grosse déception de notre temps.
En ce qui touche la criminalité juvénile et la responsabilité qui en revient à l’école laïque, M. Elbert, librepenseur pourtant, ne pouvait s'empêcher, tant les faits sont indéniables, de faire l’aveu suivant dans La Nouvelle Revue du 1° août 1897 :
« Il est une chose incontestable, dit-il, c’est que depuis notre entrée dans l'ère nouvelle de spécial éclairage des esprits, la moyenne de la criminalité n'a fait qu'augmenter, et la perversité et l'égoïsme humain ont revêtu des formes dépassant les plus extravagantes hallucinations. Lisez les faits divers des journaux, lisez les comptes rendus des tribunaux, vous trouverez partout une ingéniosité dans le mal qui atteint des limites jusque-là considérées comme invraisemblables. Jamais nous
n'avons assisté à pareil déchaînement d'appétits, et jamais la lutte pour la vie n’a revêtu ce caractère de brutale férocité. Et c’est à mesure que cette moyenne s’élève, que diminue la proportion €: illettrés, de ce qu’on est convenu d'appeler la fange de l'ignorance ».
De son côté, M. Fouillée notait, dans la Revue des Deuxz-Mondes ! de la même année, que sur 100 enfants poursuivis à Paris, on en trouve à peine 2 qui soient sortis de l’école religieuse, et que sur {00 enfants dé. tenus à la Petite-Roquette, l’école congréganiste n’en fournit que 13, l’école laïque 87.
« La cause de l’abaissement constant de la natalité en France, avait encore écrit M. Leroy-Beaulieu dans l’article cité quelques pages plus haut, est bien connue : c'est une cause morale ou plutôt immorale, c’est la volonté de limiter la famille au minimum... C’est aussi, il faut le dire, l'esprit d’arrivisme et le paganisme que développe à outrance notre système d'enseignement et dans la mesure où elle est efficace, la direction officielle donnée à l’esprit public ».
L'Angleterre et l'Allemagne, mieux inspirées, cherchent plutôt à prémunir les jeunes gens contre les atteintes du scepticisme en faisant une très large part à l'enseignement religieux, et en bannissant des lycées l’enseignement philosophique, tel que pratiqué en France.
L'Etat, en France, en s’attribuant le monopole de l’instruction publique, prétend l'exercer, et, de fait, l'exer-