‹ Questions d'hier et d'aujourd'hui [microforme]Chapitre 45 sur 49 · Horizons intellectuels · texte numérisé non relu

Horizons intellectuels

on

vraiment éminents) !, n’en savent Pas plus que nous ; ou plutôt ils en savent moins que nous ; car l’homme qui a aiguisé son esprit, mais en le faussant, en sait moins que l’homme qui l’a conservé dans sa simplicité, mais dans sa rectitude première. Leurs livres, leurs cor-

nues, leurs alambics, leurs scalpels ne font re. Quand je trouve dans mon cœur le be

rien à l’affaisoin de prier

Liaire, on me défende de prier ? »

Dieu étant le principe et la fin de ma vie déniable que je lui dois la soumission, et, b

Dieu, que m'importe qu'au nom de l'angle facial du singe ou d’un tibia fossile trouvé dans un terrain ter-

, il est inien que li-

bre, le culte qu'il réclame. De son côté, qu’il m’a donné l'être, de me donner res nécessaires pour Parvenir à ma fin,

il est tenu, puistoutes les lurnièune règle de vie,

1. Le Chemin de la Vérité, par le Comte de Champany, de l’Académie française.

Savants de négation auxquels l’auteur fait allusion et dont il est question dans les Pages de son livre qui précèdent la pré-

sente citation, lesquels « dans des leçons plus ou moins intelli. gibles, dans des li

une conclusion que l’on

ner autrement : le progrès, la raison humaine, la société moderne, l’avenir ».

(Je me plais à reconnaître que je dois l'idée du présent tra-

vail et plus d’un emprunt à l’auteur de ce précieux petit volume, Le Chemin de

curer moyennant 2 Bonaparte, Paris).

et, au besoin, de me servir d'appui et même de consolateur. Cette règle de vie doit correspondre aux besoins de mon intelligence et de mon cœur. Elle doit s'appliquer à ma vie intérieure, à ma conduite extérieure ; elle doit régir l'individu et la société, en ce sens que l'individu doit la professer publiquement et qu’elle doit être l’objet d’une pratique commune. Elle doit régler, inspirer tous les éléments de mon être, leur donner un emploi, un but. Mon intelligence, ma volonté, mon cœur, mes sens, l'âme enfin et toutes mes facultés trouvent dans cette religion la direction, la consolation, l'espérance, le soutien. De plus; elle doit pouvoir s'appliquer à tous les hommes. Cette religion doit être positive et non un vague sentiment de religiosité ; elle doit être formelle, précise, indubitable, promulguée de façon que je sache exactement ce que je dois faire et éviter. Enfin, je dois pouvoir, au besoin, m'en faire redire le texte ou le lire de mes yeux.

Voii pour les caractères extérieurs de la loi divine.

Cette loi doit me venir de Dieu même, être marquée de son sceau. Ne m'’ayant pas donné l'être, je ne puis être mon propre Législateur. En créant l’homme, Dieu, d’une manière ou d’une autre, l’a instruit de ses destinées et lui a tracé sa règle de vie. Il ne pouvait pas laisser ses créatures un seul jour sans direction. Cette loi, ou cette religion primitive, a reçu avec le temps les développements que demandaient les circonstances, développements qui, d’ailleurs, ne faisaient que compléter l'œuvre divine. Elle convient aux hommes de toute race, de tout pays, lesquels sont de même nature que moi. Elle donne satisfaction aux besoins les plus intimes de toute âme humaine. Elle me fixe sur les questions de

mon origine et de ma destinée, me disant en termes formels, authentiques, précis, que la raison de mon existence est de servir Dieu et que je dois retourner à lui. Je sais donc désormais d’où je viens, où je vais et comment je dois y aller, Aussi bien, Dieu me devait la lumière nécessaire Pour me diriger durant la vie et parvenir à ma fin ; mais il n'était pas tenu, par exemple, de dévoiler à mes yeux la connaissance des mystères et des secrets de la nature, chose nullement nécessaire pour remplir ma destinée 1. Enfin, comme la vérité, toujours identique à elle-même, ne peut varier, elle est encore au-

jourd’hui ce qu’elle a été dans tous les temps et ce qu’elle sera à l'avenir.

De toutes les religions connues, le Christianisme seul renferme les caractères que je viens de voir. C'est en vain que je les chercherais dans le bouddhisme, dans le mahométisme et autres croyances de Provenance manifestement humaine. Contemporaine de Ja création, qu'elle nous raconte, la religion chrétienne se présente à nous comme révélée par le Créateur. Elle s’obscurcit dans le cours des âges par suite des influences nombreuses et diverses auxquelles les hommes dispersés furent Soumis, mais il en subsis ges, et Dieu mêine finit par conserva le dépôt sacré jusqu’à la venue du Rédemp-

1. « Ne cherchez point ce qui est au-dessus de vous et ne scrutez point ce qui est plus fort que vous ; mais pensez sans cesse à ce que Dieu vous prescrit, et gardez-vous de sonder curieusement toutes ses œuvres : Car il ne vous est Pas nécessaire de voir de vos yeux ce qui est caché », (Eccli., III, 22, 93 ce par admirer ce que Dieu te montre, et tu n'auras

de chercher ce qu’il te cache », disait Alexandre Dumas, fils, à un jeune qu'il estimait.

teur promis, qui l’agrandit, la compléta, la rendant accessible à tous. Par la tradition, elle remonte au premier homme, et n’a jamais été interrompue. « Ce qui avait été promis autrefois par les prophètes, dans les Saintes Ecritures, Notre-Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, l’a d’abord promulgué de sa propre bouche ; puis, il le fit prècher à tous les hommes par ses apôtres, comme la source de toute vérité salutaire et de la règle des mœurs » !…

Dieu devait encore à ses créatures la conservation intacte de la vérité révélée. C’est ce qu'il fit aux époques anciennes par ses prophètes, chargés de parler et d’écrire en son nom. Le divin fondateur du Christiantsme, dont longtemps d'avance ils annoncèrent et décrivirent la mission, Celui qui, à bon droit, pouvait dire : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » ?, en fondant son Eglise, a pris les moyens d’assurer à perpétuité la connaissance et la conservation de la véritable religion. Il ordonne à ses apôtres d'enseigner à tous les hommes la doctrine qu'il leur a fait connaître. Cette doctrine doit nous être transmise, non par la lecture et l'interprétation personnelle d’un livre, mais par voie d’enseignement. Elle est prêchée, expliquée, et mise à la portée de tous les esprits. Il promet l’infaillibilité doctrinale à celui qu'il établit le chef de son Eglise. A ses apôtres et leurs successeurs, papes, évêques et prêtres futurs, il assure qu'il sera avec eux « tous les jours jusqu’à la consommation des siècles ». Il ne peut en même temps être avec les successeurs des apôtres et ceux qui s’en séparent pour

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