D'Argentré : Op. cit., pp. 88 et
ajoutait : « Outre cela, ces hommes présomptueux lancent de nombreuses attaques contre le sacrement de mariage ^ » Le Pape ne précise pas la doctrine des fraticelli sur ce point, mais certains indices nous permettent d'y suppléer. Les uns niaient la légitimité du lien conjugal d'après la théologie manichéenne; car, sur plus d'une question, \e?, fraticelli s'inspiraient des patares qui les avaient précédés dans la haute Italie. Chez d'autres, ces doctrines découlaient du communisme ; Dolcino enseignait, en effet, à ses disciples que les biens de la terre devaient être possédés en commun, et les femmes avec eux -, D'autres, enfin, exagérant le proverbe : « Omnia inunda mundis », se croyaient tout permis quand ils se sentaient sous l'action de l'Esprit-Saint, et commettaient sans scrupules les actes les plus impurs. Tous, ils érigeaient en théorie la pratique de ces excès et enseignaient que ni les apôtres, ni les disciples du Christ, ni les saints de la primitive Eglise n'avaient pratiqué la continence, et qu'à leur exemple, les élus devaient user indifféremment de leurs femmes et de celles d'autrui, cette promiscuité n'étant que le signe d'une plus grande charité ^. C'est en vertu de ce principe que l'apôtre des bizocchi, Dominique Savi, rayait de la liste des péchés capitaux celui de luxure, luxuriei nullum