‹ Questions d'histoire et d' archéologie chrétienneChapitre 16 sur 94 · Michelet : Op. cit., IV. 233 et · texte numérisé non relu

Michelet : Op. cit., IV. 233 et

seigneurs de la cour de Louis XVI n'applaudissaient-ils pas avec frénésie les tirades que Figaro dirigeait contre eux? Beaumarchais, Voltaire, Diderot, les Encyclopédistes, Rousseau et tous les précurseurs de la Révolution n'ont-ils pas trouvé de puissants protecteurs dans les rangs de ceux dont ils dénonçaient les privilèges et dont ils préparaient la ruine? D'ailleurs, dans leurs programmes, presque tous les hérétiques du moyen âge avaient un article qui devait plaire aux princes et leur faisait oublier tout le reste. Manichéens, VaudoiSj/raZ/ce///, Regards, Lollards, Wicklefîstes, Hussites enseignaient tous que l'Église ne pouvait ni posséder ni gouverner ; tous, ils déclaraient illégitime la propriété ecclésiastique, usurpatrices les principautés ecclésiastiques; tous, ils faisaient un devoir aux princes d'étendre leurs mains sur tout ce qui appartenait aux clercs et d'accomplir ainsi la meilleure des œuvres, la plus agréable à Dieu! et les princes se laissaient faire cette douce violence et ils s'entendaient avec plaisir appeler à la curée des biens d'Eglise. « Cette pauvre Eglise ne donnait rien, dit Michelet, on songeait à lui enlever tout : l'homme du foi, Wicklef, y poussait. » — « Jean Huss, ditil ailleurs \ soutenait les opinions de Wicklef sur la hiérarchie; il voulait, comme lui, un clergé national, élu sous l'influence des localités. En cela, il plaisait aux seigneurs qui, comme anciens fondateurs, comme patrons et défenseurs des églises, pouvaient tout dans les élections locales. Huss fut donc, comme Wicklef, l'homme de la noblesse. » Les

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