Douais, Les Albigeois, p
devant l'Inquisition, en 1308, et contenues dans le ms. latin 4269 de la Bibliothèque Nationale. Raymond Isaure racontait qu'aussitôt initié, Guillaume Sabatier se mit en endura dans sa maison de campagne; il y resta sept semaines entières, puis mourut ^. Une femme du nom de Gentilis se condamna, dans les mêmes circonstances, au jeune le plus absolu et mourut au bout de six jours. Une femme de Coustaussa^ ayant quitté son mari, vint dans le Savartès recevoir le Consola mentum. Aussitôt après, elle se mit en endiwa, à Ax, et m.ourut. Le témoin qui rapporte ce fait déclarait avoir ouï dire par plusieurs hérétiques, qu'avant de mourir, cette femme était restée à jeun environ douze semaines •'. Une certaine Montoliva se mit en endura « ne mangeant rien et ne buvant que de l'eau fraîche; elle mourut au bout de six semaines » '. Une autre femme se mit en endura jusqu'à sa mort « de telle sorte qu'elle ne mangeait rien et ne buvait que de l'eau ^ » . Ce dernier texte nous dit au juste en quoi consistait le plus souvent cette terrible pratique : nous y voyons que l'usage de l'eau restait permis
1. DoELLiNGEn, Dokumente, p. 19. « Item audivit dici quod dictus Guillelmus Sabatterii hsereticatus, in dicta donio, posuit se et stetit in endura bene per septemseptimanasvel circa, et stahat in quadam borda infra dictam domum et Ibi mortuus est. »
2. Département de l'Aude, arrondissement de Limoux, canton de Couiza.
3. Ibidem, p. ^Xi. • Dixit se audivisse a Petro Auteril predictn : • Novem anni vel circii suntelapsi, quajdam mulier de Coustanciano, « cujus nomen ignorât, quœ dimiseral maritum suum et fugerat ad « partes Savartesii, missit se ad enduram in domo Sebilias den Batle « de Ax, et ibi mortua est, et audivit dici a dielo lia'retico et quibus- « dam credentibus hiereticorum quod duodecim septimanis vel eirca, « antequam moreretur, stetit in endura. »