Bibl. de Toulouse, Ms
5. Ibid., p. 26. « Ita quod nihil comedebat nec bibebat nisi aquam. »
et c'est ce qui explique la durée vraiment surprenante de plusieurs de ces jeûnes. Il y avait des sortes dîendura encore plus rigoureuses. Dans certains cas, des Parfaits fanatiques condamnaient au jeûne absolu les malades qu'ils venaient de « consoler », afin d'accélérer la mort. Le ms. 609 nous mentionne un ministre cathare qui soumet à cette terrible endura une femme malade, après lui avoir conféré le « consolamentum » : « inhibuit ne amodo aliquis cibus ministraretur dicte infirme hereticate... et de tota nocte nec de die sequenti nulliis cibus vel potus fuit ei ministratus, ne dicta infirma perderet bonum quod receperat ^ » .
D'autres hérétiques avaient recours contre euxmêmes à des moyens encore plus violents. Une certaine Guillelma de Toulouse commença d'abord par se saigner souvent, puis elle essaya de s'affaiblir en prenant des bains prolongés ; elle absorba ensuite des sucs vénéneux et, comme la mort tardait à venir, elle avala du verre pour se perforer les entrailles ^. Une autre se fit ouvrir les veines dans un bain ^. Sans faire de cette pratique un devoir absolu, les chefs de la secte l'encourageaient, en la présentant comme une grande marque de sainteté. En mettant les « consolés » en endura aussitôt après leur initiation, ils les garantissaient, par une mort prompte, contre toute tentation d'apostasie ou de péché a ne perderent bonum quod receperant ». h' Endura était assez fréquente pour que ]aPractica de Bernard Gui contienne une sentence particulière de condam-