‹ Questions d'histoire et d' archéologie chrétienneChapitre 22 sur 94 · Ibid., p. i^a. Cf. aussi p · texte numérisé non relu

Ibid., p. i^a. Cf. aussi p

torii non est; non est purgatorium ' », telle est l'erreur que la Somme contre les hérétiques met sur le compte de la plupart de leurs sectes. C'est qu'à la différence des catholiques, ils ne pouvaient admettre que cette purification pût se faire dans le monde spirituel parce que c'est le royaume exclusif de Dieu, c'est-à-dire du Bien et que par conséquent on ne peut y entrer que déjà parfait.

La métempsycose. — La purification ne peut donc avoir lieu que sur terre. Aussi, si l'âme est surprise par la mort avant l'achèvement de sa perfection et de sa rédemption, il est de toute nécessité qu'elle recommence une nouvelle épreuve sur terre et dans les conditions de la vie terrestre, c'est-à-dire unie à un corps. « Nul n'est sauvé s'il n'a achevé sa pénitence avant sa mort; l'âme qui n'y est pas parvenue, doit, pour la terminer, passer en un autre corps -. » Et elle recommence ainsi de nouvelles vies autant de fois qu'il le faut pour sa purification. Ainsi les Cathares étaient amenés à remplacer le dogme du purgatoire par la vieille doctrine orientale de la métempsycose. Pierre de Mazeroles leur avait en effet entendu dire « que l'âme passait d'un corps dans un autre jusqu'à ce qu'elle fût sauvée ^ ». Elle pouvait même être envoyée dans ceux des animaux . « Lorsqu'elle sortait du corps de l'homme, disait un Parfait, elle entrait dans celui des ânes pour y

d. Somme, pp. 127 et d32.

2. DOAT, -22, p. 99. « Quod nuUus salvabilur nisi perfecta fuerit penitentia ante morlem et quod spiritus qui in uno corpore non poterat facere penitentiam, si deberet salvari, transibat in aliud corpus ad complendum penitentiam. »

3. Ms. 609, f° 421. . Quod quelibet anima hominis occupabat tôt corpora hominuni quousque posset salvari. »

chercher le salut * . » Il y avait des hérétiques qui prétendaient savoir le nombre de migrations qu'avait accomplies l'âme de S. Paul avant de rentrer au ciel : elle était passée par trente-deux corps-.

Négation de la résurrection des corps. •— Lorsqu'il avait accompli le cycle de ses purifications, l'esprit se détachait tout naturellement du corps pour reprendre sa gloire perdue; il échappait à Satan pour revenir à son premier principe, le Dieu bon. L'ange déchu était réhabilité. Comme le corps avait été sa prison ici-bas et l'instrument de son supplice, et que par lui il avait été sous la domination du démon, l'âme ne pouvait l'emmener avec elle dans le séjour de gloire. N'oublions pas d'ailleurs que toute matière, étant diabolique, ne pouvait paraître en la présence de Dieu. Aussi les Cathares rejetaient-ils avec une répugnance toute particulière la croyance catholique à la résurrection de la chair. « Les cadavres ne ressusciteront pas... la chair de l'homme ne ressuscitera pas... la chair et le sang ne posséderont pas le royaume de Dieu ^ », telles sont les déclarations qui reviennent à chaque instant dans leur bouche. Parmi les erreurs qui sont communes à toutes les sectes cathares, la Somme marque celle-ci : « quod non est resurrectio corporum ^' ».

Sans doute, lorsque les Cathares étaient cités

1. Ibid. ' Quod quando anima exibat de corpore hominis, intrabat corpora asinorum et quaerebat salvationem. »

2. DOAT, 34, p. 96. • Quod anima hominis vadit de corpore in corpus et intrat; et quod anima S. Paulifuerat in xxxii corporibus. Dixit etiam dictus hereticus, dirigendo verbum ad ipsum testera : € Anima tua Tuil in centum corporibus et amplius. *

Page 1