Somme, p
2. Praclica inquisitionis, p. 239. « Resurrectionem corporum humanorum futuram negant. »
vaient la plupart des articles du Décalogue. Sans doute, ils refusaient toute valeur divine aux commandements qu'avait promulgués Moïse, après la révélation du Sinaï; mais ils en reconnaissaient la beauté; et puis, n'avaient-ils pas été confirmés par le fils de Dieu lui-même dans son Evangile que les Cathares adoptaient, eux aussi, comme la règle de leur foi et de leur vie? Le Nouveau Testament étant aussi sacré pour eux que pour les chrétiens ', ils en respectaient tous les préceptes, en particulier celui qui les résumant tous, fait un devoir à chacun d'aimer Dieu et le prochain. C'est pour cela qu'ils reprochaient à l'Ancienne Loi sa pratique du talion : « Quod secundum velus Testamentum, inimicus non est diligendus^. »
Il y a cependant dans la morale chrétienne des préceptes auxquels ils attachaient une signification différente et une importance spéciale, et c'est par l'observance stricte qu'ils en gardaient, qu'ils se distinguaient des catholiques. C'étaient ceux auxquels ils promettaient une fidélité toute particulière, lorsque, par l'initiation du consolamentum, ils entraient définitivement dans la secte. Les Parfaits exigeaient en effet du néophyte des engagements qui étaient toujours les mêmes. Avant de « consoler » Raymond Matha de Carcassonne, ils lui dirent : « Promettez-vous à Dieu, à l'Evangile et à nous de ne plus manger désormais de viande, de fromage, d'œufs, ni de tout autre aliment gras, de garder une perpétuelle chasteté, soit que vous mouriez bientôt,
1. Somme, p. 129. « Dicuntoinniaque leguntur in Novo Testamenlo -iijisse bona. •