Article Hindouisme dans la Grande Encyclopédie XX, HO
rame d'un Dieu voulant habiter au sein de la nature pour mieux la protéger, ou celle d'un homme poursuivant le cycle de ses existences mortelles. Maltraiter les animaux c'était commettre un attentat contre la divinité ou contre un homme ; les tuer, se rendre coupable d'un homicide, peut-être même d'un déicide.
C'était pour des raisons semblables que les Manichéens du Moyen Age avaient pour la vie des animaux un respect absolu. Ils admettaient en effet la métempsycose. Nous avons même vu plus haut ' que les corps des animaux servaient d'habitation, comme ceux des hommes, à l'âme errante. Verser leur sang et lestuer pour les manger était un crime aussi grand que de tuer un homme. Les Cathares s'en abstenaient avec tant de scrupules que c'était encore là un signe auquel on les reconnaissait. « Ils ne tuent jamais ni animal ni volatile, disait d'eux Bernard Gui ^; car ils croient que dans les animaux privés de raison et même dans les oiseaux résident les esprits des hommes qui sont morts sans avoir été reçus dans leur secte, par l'imposition des mains, selon leurs rites. » « J'ai ouï dire, écrivait un inquisiteur du xiv'' siècle, que lorsque les catholiques venus de France recherchaient les hérétiques dans le pays des Albigeois, ils avaient un moyen bien simple de les reconnaître : aux personnes suspectes ils donnaient à tuer des poulets et d'autres animaux. Si elles ne