Ibid., p
a quod nullo modo facienda justitia, quod Deus non voluit justitiam », d'autres ne manquaient pas de restreindre cette négation si absolue aux sentences capitales, « aliquem condemnando admortem », Ces derniers toutefois nous apparaissent comme des politiques atténuant par des restrictions habiles la rigueur du précepte. La Somme nous dit en effet que toutes les sectes enseignaient « quod vindicta non débet fier i quod justitia non débet fieri per hotninem » ; ce qui semble bien indiquer que la pure doctrine cathare déniait absolument à la société le droit de punira En tout cas, par la prohibition absolue du serment et de la guerre, par les restrictions du droit de justice, les Cathares rendaient difficile l'existence et la conservation non seulement de la société du Moyen Age, mais encore de toute société, et l'on comprend que l'Eglise ait dénoncé sans relâche le péril que leurs doctrines pouvaient faire courir à l'humanité. Au xiii^ siècle comme dans tous les temps, elle combattit à la fois pour elle et pour l'ordre social tout entier : « Il faut avouer, dit l'auteur des Additions à l'histoire du Languedoc, que les principes du manichéisme et ceux des hérétiques du xii^ et du XIII® siècles attaquant les bases mêmes de la société, devaient produire les plus étranges, les plus dangereuses perturbations et ébranler pour toujours les lois et la société politique. »
Et cest là ce qui explique la rigueur avec laquelle les Albigeois furent réprimés par l'Église, l'Inquisition et la plupart des états du xiii^ siècle. Leur proscription ne fut pas l'effet de cette haine féroce