DucHES?iE, op. cit., p
lie QUESTIONS D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE.
s'observaient ailleurs. Raynier Sacchoni nous dit en effet qu'immédiatement avant le consolamentiun, c'est-à-dire au moment où, avant le baptême primitif, se plaçait le renoncement à Satan, les Parfaits demandaient aux Croyants de renier formellement l'Église catholique et surtout le baptême qu'elle leur avait conféré, en les recevant en son giron ^
« Ami, lui disait le Parfait, si tu veux être des nôtres, il faut que tu renonces à toute la foi de l'Église de Rome. »
Et il répondait : « J'y renonce.
— Renonces-tu à cette croix que le prêtre t'a faite avec le chrême du baptême, sur la poitrine, la tête et les épaules ?
— J'y renonce.
— Crois-tu que l'eau baptismale opère pour le salut?
— Non, je ne le crois pas.
— Renonces-tu au voile que le prêtre t'a posé sur la tête après le baptême?
— J'y renonce. »
Ce reniement formel du catholicisme était l'équivalent rigoureux du reniement de Satan : pour les Cathares, l'Église romaine n'était-elle pas la synagogue de Satan ou plutôt Satan lui-même régnant par elle sur le monde? Et ainsi, sur ce point, les rites cathares et ceux de l'Eglise présentaient entre eux une ressemblance qui était presque de l'identité.
Le baptême de Veau et la consignatio. — Si on la sépare des cérémonies préliminaires qui la préparent, l'initiation chrétienne comprend deux parties