DucHESNE, op. cit., p
INITIATION CATHARE. 125
gélasien, il raconte les expiations qu'ont accomplies les pénitents, leur repentir et leur désir d'obtenir la rémission de leurs péchés.
L'un des Cathares jouait exactement le même rôle, dans l'assemblée où allait se donner le consolamentum : « Que l'un des bons hommes, dit le rituel, fasse son Melioratnentum — c'est-à-dire l'amende honorable — avec le Croyant à l'Ancien et qu'il dise : « Parcite nohis. Bons chrétiens, par l'amour de Dieu, « nous vous prions d'accorder à notre ami ici pré- « sent de ce bien que Dieu vous a donné '. »
Lorsque, à la cérémonie du jeudi saint, le diacre avait présenté les pénitents et intercédé pour eux, ceux-ci, à leur tour, confessaient leurs fautes et suppliaient l'Eglise de les leur pardonner. « Tu introduis dans l'Eglise l'adultère pénitent, dit Tertullien au pape Calliste, pour qu'il vienne supplier l'assemblée des fidèles; le voilà vêtu d'un cilice, couvert de cendre, dans un appareil lugubre et propre à exciter l'épouvante. Il se prosterne au milieu de l'assemblée, devant les veuves, devant les prêtres; il saisit la frange de leurs habits, il baise les traces de leurs pas, il les prend par les genoux 2. » Et pourquoi toutes ces démonstrations d'un repentir exubérant? C'est qu'il fallait attendrir le cœur des fidèles, les incliner à la miséricorde; car, dans la primitive Eglise, c'était l'assemblée des fidèles, et non pas seulement son chef, qui recevait en grâce le coupable, en faisant cesser sa pénitence. C'est pour cela que dans ce même passage que nous avons cité, Tertullien nous montre le pape Calliste aidant les pénitents