Thes. novus anealotor., V
INITIATION CATHARE. 131
quelle menace de mort. » Il terminait par une nouvelle parcia.
Alors, dit le rituel, « que l'Ancien prenne le livre — cest-à-dire le Nouveau Testament — et le lui mette sur la tête, tandis que les autres « bons hommes » lui imposent les mains et qu'ils disent : « Pater sancte, suscipe serçum tuiim in tua justitia et mitte gratiam tuam et spiritum tuum super eum... » Et si c'est une femme, ils doivent dire : « Pater sancte j suscipe ancillam tuam '... super eam. »
On sait l'importance toute particulière qu'avait l'oraison dominicale dans le culte cathare : en la a livrant » aux néophytes, les Parfaits leur recommandaient de la dire en toute occasion, même avant les actes les plus vulgaires. Aussi n'est-il pas étonnant que la prière par excellence ait été récitée au cours de l'acte le plus important de la vie cathare, l'imposition des mains du Consolamentum. « Que les Parfaits, dit le rituel, prient Dieu avec l'oraison. Et quand elle sera dite, ils doivent répéter trois fois Adoremus et l'oraison encore une fois, à haute voix ^. »
Les nombreux documents qui nous décrivent les cérémonies du Consolamentum marquent ici une lecture dite super caput hseretîcandi, dans le livre que les Parfaits y avaient imposé. Comme ce livre était le Nouveau Testament, c'était un texte sacré qui était lu. Le Rituel nous apprend qu'il était choisi dans l'Evangile et, précisant encore davantage, de nombreux récits nous disent que c'était dans l'Évan gile de saint Jean, celui pour lequel les Cathares avaient la plus grande vénération. D'après Raynier
i. Rituel cathare, p. xx et xxv.