‹ Questions d'histoire et d' archéologie chrétienneChapitre 6 sur 94 · Les Uéréliques du Comté de Toulouse au Xlll^ siècle · texte numérisé non relu

Les Uéréliques du Comté de Toulouse au Xlll^ siècle

reur Frédéric II que certains historiens voudraient transformer en un roi philosophe et libre penseur, ont mis le bras séculier à la disposition de l'Eglise et ont parfois accru les pénalités, déjà très graves, que le droit canon avaient édictées contre Thélérodoxie.

C'est avec les plus grandes précautions qu'il faut étudier les doctrines cathares ou vaudoises. Nous ne les connaissons le plus souvent que d'après des témoignages catholiques ou des aveux arrachés par la torture, quelquefois aussi d'après les révélations d'anciens hérétiques revenus à l'orthodoxie et ayant peut-être cédé à la tentation de charger leurs anciens coreligionnaires. Toutefois, la critique historique et la prudence peuvent nous permettre de discerner la vérité au sein de l'exagération, la réalité des faits dans la trame du réquisitoire. Enfin, il est facile de voir si les doctrines prêtées aux hérétiques s'accordent avec les principes généraux de leurs systèmes. Or, en prenant toutes ces précautions, il est impossible de ne pas reconnaître aux enseignements de ces différentes sectes un caractère immoral et antisocial.

Vers 1164, le moine Egbert prêcha une série de missions contre les Cathares de la province de Cologne et, pour mieux réfuter leurs doctrines, il s'attacha à les bien connaître ^ ; or, voici comment, en leur présence, il explique le nom de « Cathares » et de « Catharistes » qu'ils se donnaient ^. « Ce fruit défendu auquel Dieu interdit au premier homme de

1. Cum essem canonicus in ecclesia Brunensi, ssepe ego et unanimis meus Bertolphus cum talibus altercati sumuset diligenler attendu errores eorum et defensiones.

Page 1