Ibid., p. 251 et 252 passini
mendiant qu'après le chapitre général des Mineurs de 1218.
2° En assignant à ses disciples un idéal de pauvreté évangélique, S. Dominique a copié S. François de telle manière que son ordre n'est qu'un plagiat de l'ordre franciscain.
Ces affirmations sont de pure fantaisie, et pour le prouver, il nous suffira de montrer que, dès ses premières prédications en Languedoc, bien avant 1218, avant même sa première rencontre avec S. François à Rome, en 1215, S. Dominique avait fait de la pauvreté l'idéal de sa vie et de son ordre.
Lorsque, en 1205, l'évêque d'Osma, Diego, et son fidèle compagnon Dominique se rencontrèrent pour la première fois avec les moines cisterciens qui prêchaient contre les Albigeois, ils les trouvèrent découragés. Par l'austérité de leurs mœurs, les Parfaits avaient conservé un grand ascendant sur les populations. « Chaque fois qu'on voulait prêcher les hérétiques, ils objectaient la mauvaise vie des clercs, objiciebant hseretici coin>ej'satio}iem pessimain clericorum*. » Les moines cisterciens eux-mêmes semblaient avoir oublié le sévère idéal de S. Bernard. Placés dans l'alternative « de changer complètement leur manière d'être ou de renoncer à leur mission », ils étaient à la veille de prendre ce dernier parti, lorsqu'ils convoquèrent à leur réunion de Castelnau
1. Pierre de Vaux-Cernay, Historia Albigensium, dans dom Bouquet, Les historiens des Gaules, t. XIX, p. 7,
Diego et Dominique . « L'évêque d'Osma opposa à leurs perplexités des conseils salutaires ; il les engagea à se consacrer uniquement à la prédication et à y dépenser toutes leurs sueurs. Il fallait fermer la bouche aux médisants, et pour cela marcher dans l'humilité, aller à pied, sans or ni argent, et imiter en toutes choses l'exemple des apôtres '. »
C'était donc une vie de missions et de pauvreté absolue que l'évêque d'Osma proposa à l'assemblée de Castelnau, et celui qui nous le dit, ce n'est pas un écrivain dominicain, jaloux de faire remonter jusqu'aux origines les plus lointaines de son ordre des pratiques ultérieures ; c'est Pierre de Vaux-Cernay, un moine cistercien qui, en faisant ce récit, avouait la décadence de son ordre et la supériorité des premiers Prêcheurs!
Diego ne tarda pas à mettre en pratique les conseils qu'il avait donnés. « Cet homme de Dieu renvoya toute sa suite à Osma et ne gardant avec lui qu'un compagnon, il alla à Montpellier 2. » Les missionnaires, cisterciens ou laïques, espagnols ou français, qui se placèrent sous sa direction et sous celle de S. Dominique, partagèrent la même pauvreté. Ceux qui nous le disent, ce sont les témoins, étrangers à l'ordre dominicain, qui déposèrent sur les premières années de l'ordre des Prêcheurs,
Lorsque, en 1233, le pape Grégoire IX fit faire sur la vie de S. Dominique l'enquête canonique qui devait précéder la béatification, il institua deux commissions^ : l'une, qui siégea à Bologne, devait recher-